Le Home Cinéma ça ne marche pas (part 6)

Les éléments séparés

Les électroniques en éléments séparés concernent typiquement le haut de gamme. Dans ce domaine, nous trouvons typiquement des préamplificateurs/sélecteurs/décodeurs/interfaces, couramment appelés « processeurs ». Ceux qui maîtrisent l’anglais technique sourient…

Les Processeurs : (Encore un mot à la traduction approximative!) En général, de tels appareils coûtent pour les moins chers environ 5 fois le prix de « receivers » offrant les mêmes fonctions, avec l’amplification multi-canaux en moins. Les plus onéreux sont vendus pour le prix d’une voiture neuve de moyenne gamme.

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Si on peut rester confondu devant une telle diversité de prix, elle reste très explicable : D’un côté, nous avons des appareils très intégrés répondant à la demande d’un marché de masse. Cette demande exige des prestations très complètes, mais un niveau de performances acceptable est considéré comme suffisant. Il est donc possible de produire de tels appareils aux performances limitées à un coût très bas, grâce à une production en très grandes quantités.
D’un autre côté, nous avons des exigences de performances nettement au-dessus de ce qu’attendent la majorité des consommateurs. Ces performances entraînent un surcoût qui limitera de toute façon les ventes à une minorité élitiste. Donc il n’est pas envisageable de produire massivement. Le surcoût technique est ainsi largement amplifié par des impératifs de production en petite série.

Pour reconstituer l’intégralité des fonctions nécessaires, il faudra adjoindre des amplificateurs de puissance au processeur. Là encore, il faut multiplier le coût d’amplificateurs de puissance classiques au pro-rata du nombre de canaux. Si votre système est multi-amplifé, rassurez vous, il existe sur le marché d’excellents (si, si, ils sont vraiment excellents) blocs monos à environ 15 000 €. Ne prenez surtout pas ça pour une suggestion!
Il existe, quand-même, des amplificateurs de puissance multicanaux de très bonne qualité (sans comparaison avec ce que l’on trouve dans les intégrés) à des prix largement plus abordables que çà. Par déontologie, je ne citerai pas de marque, mais j’avoue avoir été impressionné par un ampli numérique qui se décline en modulaire multicanaux, et donc configurable en fonction des besoins. Puisque nous parlons des amplis, évaluer leur qualité est complexe. Or, si certains discutent encore du son des câbles présentant des sections dignes des tuyaux d’arrosage, ou du sexe des anges, les différences importantes perçues d’un amplificateur à un autre (toutes conditions étant rigoureusement identiques par ailleurs) sont aujourd’hui admises par tous. Si rien ne vaut d’extensives, difficiles et coûteuses comparaisons (pour êtres valides, il faut que toutes les autres conditions soient identiques), il existe quand même des pistes de sélection:
a) Le rapport signal/bruit n’est pas un critère important en soi, sauf si on utilise des enceintes à filtres actifs, multi-amplifiées, avec des chambres de compression (offrant un rendement allant jusqu’à 115 dB/1W/1m, ce qui est courant avec de tels transducteurs), on entend très distinctement le bruit de fond d’un ampli un peu juste sur ce critère. Mais le rapport signal/bruit est surtout un excellent témoin du soin global apporté à la fabrication. Donc, plus il est élevé, plus il est probable que l’ampli soit de qualité (exception faite des amplis à tubes).

b) Un amplificateur est avant tout une boîte qui apporte du gain en multipliant la tension par un nombre fixe. Le meilleur ampli du monde serait un ampli qui ferait çà et ne ferait absolument rien d’autre (ce n’est pas gagné!). Or, les amplis sont donnés pour une puissance maximale, qui est en réalité une tension de sortie (en volts) qu’il ne peut dépasser.

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Reprenons: si un ampli reçoit une tension d’entrée de 1 volt, si son gain est de 26 dB, cela veut dire que son gain est un coefficient de 20 (parce que 20 Log 20 = 26). Donc à la sortie, nous aurons 20 volts.
Si maintenant nous l’alimentons par 100 volts, croyez-vous qu’il va nous sortir 2000 volts? Eh bien, non!
Je sens que vous ne voyez pas encore où je veux en venir…La puissance que peut délivrer un ampli est égale à P=V2/Z, V étant la tension et Z l’impédance de l’enceinte.
Donc à priori, si je divise l’impédance de l’enceinte par 2, je multiplie la puissance par 2, puisque la tension est constante pour un signal d’entrée donné.
Jetons un œil distrait sur les docs techniques des amplis. Un ampli A annonce 2 × 100 W dans 8 Ohms, et 2 × 120 W dans 4 Ohms
Un ampli B annonce 2 × 100 W dans 8 Ohms, et 2 × 200 W dans 4 Ohms.
Bong sang, mais c’est bien sûr! Quand la charge varie, la tension délivrée par un ampli suspect n’est plus invariable (il s’agit de l’ampli A, évidemment).
Maintenant (attention, çà se complique encore…Respirez un grand coup), on sait que les enceintes, même de très bonne qualité, ont généralement une impédance qui varie beaucoup en fonction de la fréquence. De là à penser que le gain de l’ampli peut varier, au moins à proximité de la puissance maximum, en fonction des variations d’impédance des enceintes, il n’y a qu’un pas que je ne franch… Aïe, zut, trop tard, je l’ai franchi!
Bon alors on peut le dire, un gain qui varie en fonction de la fréquence s’appelle une courbe de réponse. Celle-ci est totalement indépendante de l’enceinte à bas niveau, mais en devient dépendante à proximité de la puissance maximum. Ceci n’est certainement pas la seule explication aux importantes différences d’équilibre tonal perçues d’un ampli à un autre, mais c’en est une.

c) Last, but not least, un ampli largement plus puissant que nécessaire s’affranchit des problèmes ci-dessus. De plus, un ampli qui écrête (c’est à dire qui limite sa tension de sortie) sonnera toujours plus mal qu’un ampli qui n’écrête pas. Donc, vive les puissances élevées, pourvu qu’elles n’existent pas que sur le papier glacé.

Donc, un bon critère de choix d’un amplificateur est sa linéarité de puissance par rapport à la fonction P=V2/Z, sa puissance totale disponible, et ces critères sont tous deux liés à la qualité de l’alimentation.

5 (ou 7) amplis ayant chacun leur alimentation individuelle ont, en général, plus de chances de bien s’en sortir qu’un receiver avec une seule alimentation pour le traitement du signal et tous les canaux d’amplification.

En résumé, les électroniques en éléments séparés donnent de meilleurs résultats, en général, que les éléments intégrés, mais coûtent aussi beaucoup plus cher. Faites attention, les exceptions ne sont jamais des miracles.


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