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Le Home Cinéma ça ne marche pas (part 5)

Le format numérique

Là, çà se corse! Les formats numériques 5.1 ou 6.1 permettent des enregistrements offrant des plages dynamiques allant jusqu’à 110 dB, en poussant les choses à l’extrême. En pratique, les ingénieurs du son limitent toujours les plages dynamiques à la différence entre un niveau maximum supportable pendant un court instant (120 dB, typiquement. Si le seuil de la douleur est 130 dB, 120 dB est quand même le seuil du franchement désagréable. Le prolonger plusieurs secondes peut d’ailleurs être dangereux pour l’audition), et le bruit de fond typique dans une salle de cinéma (30 dB environ). Ceci nous donne une dynamique de 90 dB, ce qui est quand même pas mal. Par rapport aux 60 dB maximum existant dans la musique live, on a 30 dB de plus, ce qui revient à une multiplication de la puissance par 1000.

Petite explication :

WL (niveau de puissance, exprimé en dB)= 10xlog (W/Wo)
Avec : Wo= puissance de référence, ou de comparaison
W = puissance mesurée
Comme : log 1000= 3, 10xlog 1000= 30 dB

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Aïe ! çà voudrait dire qu’il faudrait, pour bien faire, multiplier la puissance par 1000 pour passer de la Hi-Fi au Home Cinema! Ce n’est tout de même pas
vrai !
Ben, si…
En pratique, il existe quand même des solutions pour ne pas utiliser des amplis de 50 000 watts, rassurez-vous : La réponse tient dans le rendement des enceintes acoustiques. Si d’une enceinte Hi-Fi ayant une sensibilité de 84 dB /1W @ 1m on passe à une enceinte faite pour le Home Cinema offrant 95 dB /1W @ 1m, on a déjà gagné 11 dB. Il ne reste plus qu’à multiplier la puissance par 79, et nous retrouvons nos 30 dB.
Notons que si l’enceinte Hi-Fi accepte 50 Watts, il faudra quand-même que celle de Home Cinema accepte 3950 Watts, et trouver un ampli qui les fournisse…
En fait, le raisonnement est spécieux, il vise juste à démontrer que la puissance et le rendement sont des caractéristiques très importantes pour des enceintes Home Cinema, alors qu ‘en Hi-Fi on peut se contenter de peu.
Dans les faits, que faut-il?
Dans un environnement domestique, un modèle d’enceinte produisant 115 dB à la puissance maximum conviendra à presque toutes les applications. Si elle offre un rendement de, par exemple, 95 dB/1W @ 1m, il faudra une puissance de 100 W (10 log 100 = 20) en théorie. En pratique, les enceintes souffrent d’une perte de sensibilité à forte puissance, phénomène connu sous le nom de compression dynamique, qui peut facilement atteindre une perte de 6dB. Pour les compenser, il faudra donc une puissance admissible de 400 W.
Ceci ne concerne que les enceintes frontales : contrairement à ce que certains ont raconté (il s’en raconte, des choses, dans cette profession), les enceintes arrière n’ont ni besoin d’avoir la bande passante en graves, ni la puissance admissible ou le rendement des enceintes frontales, pour une raison bien précise : Quand les ingénieurs du son de cinéma mixent leur bande-son, ils utilisent comme monitoring un système de cinéma.
Or, dans aucune salle de cinéma les enceintes arrières ne sont les mêmes que les frontales : Elles sont plus petites, moins puissantes, et n’ont pas la même directivité.
Donc, sur les bandes-son du cinéma, on trouve des signaux surround beaucoup moins puissants que sur les trois canaux frontaux.


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