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Le Home Cinéma ça ne marche pas (part 4)

Quel écran?

L’écran n’est généralement pas un composant très onéreux dans un système Home Cinema.
Pourtant, c’est la clé de voûte du système.
Le choix de l’écran va très simplement déterminer le fait que votre système marche ou non.
Un écran est déterminé par les critères suivants:
-Dimensions
-Fixe ou enroulable
-Perméabilité au son ou non
-Format
-Présence de bords noirs, et géométrie de ceux-ci
-Planéité (pour les enroulables)
-Gain

Examinons maintenant ces critères un par un, pour faire le bon choix.

-Dimensions
Un néophyte va invariablement vouloir un écran trop grand, ou au contraire trop petit. Le choix des dimensions d’un écran est lié essentiellement à trois critères:
a) Le recul disponible dans la pièce. Les conditions idéales pour regarder un film sont à une distance comprise entre 2 et 3 fois la largeur de l’écran. Ceci précise déjà pas mal les choses.
b) La place dont on dispose pour installer l’écran. Attention, un écran ne doit pas occuper la quasi-totalité d’un mur! Les bords de l’écran doivent être éloignés des murs latéraux d’au moins un mètre, sauf si on accepte de corriger les problèmes acoustiques qui en découlent par un traitement approprié.
c) Le budget de l’installation. Si le budget pour l’écran lui-même n’est qu’une petite partie de celui de l’installation, ses dimensions sont capitales pour le choix des autres composants: Plus un écran est grand, plus le projecteur doit offrir une définition élevée, un contraste élevé, et une forte puissance lumineuse. De même, plus l’image est grande, plus le niveau sonore doit être élevé et le système de son puissant.
On peut dire que les performances du projecteur et la puissance acoustique (attention! Puissance acoustique= Puissance électrique x Rendement des enceintes exprimées en %) doivent êtres proportionnels à la surface de l’écran. Donc, si vous voulez augmenter par un facteur de 1.5 la largeur de votre écran, attendez-vous à augmenter votre budget d’un facteur 2.25 (en admettant que les caractéristiques des appareils soient proportionnelles à leurs prix).

-Fixe ou enroulable?
Un écran fixe est généralement moins coûteux qu’un écran enroulable. De plus, il offre une meilleure qualité et une meilleure fiabilité dans le temps, notamment au niveau de sa planéité.
Cependant, on ne peut le mettre partout: Dans une salle dédiée, il ne pose aucun problème, et c’est sans conteste le meilleur choix.

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Dans un salon, soit on accepte de voir en permanence une grande surface blanche au milieu d’un mur, soit on réalise une intégration (meuble, masquage, rideaux).
Dans les autres cas, il faudra s’orienter vers un écran enroulable. De tels écrans ont l’avantage de disparaître dans leur carter quand on ne les utilise pas. Les mécanismes d’enroulement sont soit des ressorts axiaux qui se déglinguent vite, soit des moteurs qui sont tellement agréables…
Le surcoût d’un écran enroulable par rapport à un fixe est proportionnellement important quand on ne s’occupe que de l’écran, mais ramené au budget global de l’installation, c’est finalement assez peu pour que tout devienne possible…
Un inconvénient typique des écrans enroulables est que les bords “travaillent”, se mettant en arc de cercle, ce qui a pour effet de donner une image non plane, plutôt en forme de selle de cheval.
A quel endroit faites-vous le réglage de focale du projecteur? Au centre ou sur les bords?
Certains fabricants prévoient des dispositifs de tension latérale, qui permettent d’assurer la planéité de l’écran. C’est évidemment une très bonne solution, mais le surcoût est important.

-Perméabilité au son
Là, on touche le critère essentiel de réussite d’une installation. Si un système Home Cinema met en œuvre un écran trans-sonore ou acoustiquement transparent (il y a une nuance), on ne peut être sûr qu’il marche, çà peut dépendre de bien d’autres facteurs,
Mais,
Si un système Home Cinema utilise un écran plein, non-perméable au son, on est certain qu’il ne fonctionnera pas correctement.
Comme ceci est le cas de 90% des installations, ce critère justifie le titre de cette série d’articles: “Le Home Cinema, çà ne marche pas” Raisonnons un peu: Aux débuts du cinéma, on savait faire du son. Mais comme on ne savait pas synchroniser le son avec l’image, on ne le faisait pas.
Vers les années 30, une innovation majeure allait bouleverser le cinéma: il devenait “parlant”. Désormais, on savait donner l’illusion que les acteurs parlaient, ce qui fut un progrès fulgurant.
Techniquement, cela se résumait à utiliser la piste optique pour enregistrer le son, ce garantissait la même vitesse de défilement pour les supports du son et de l’image, à filmer un “clap” servant de balise à la synchronisation au début de chaque prise de vue, et à diffuser le son par une enceinte acoustique via la toile, l’enceinte étant placée derrière celle-ci exactement au centre.
Voilà!
Aujourd’hui, on le sait, tout çà est dépassé. Les techniques vidéo se sont développées, affinées, et ont poursuivi une évolution dans laquelle le son n’a pas sa place.
De son côté, la Haute Fidélité a également beaucoup progressé. D’une branche presque scientifique de l’électroacoustique, elle est devenue une quasi-religion très élitiste, qui ne se commet pas à accorder quelque considération à l’image. Alors, j’ai une idée pour faire un super système Home Cinéma qui contienne le meilleur du son et de l’image (un peu cher, évidemment):
-Faire une salle sombre, dédiée uniquement à l’image, avec le meilleur projecteur et le meilleur écran.
-A l’étage en dessous, on fait une deuxième pièce, dédiée uniquement au son, avec un traitement acoustique et le meilleur de la Hi-Fi dans un système 5+1.
-On pourrait placer les sources Audio/Vidéo sur une étagère à proximité de l’escalier qui relie les deux pièces.
Non?
Voilà un concept digne d’un péripataphysicien* (*pataphysicien qui s’ignore, qui est ignoré par ses pairs, ou les deux), sachant qu’un pataphysicien avéré eût poussé beaucoup plus loin le déconnage.
Ne décrochez pas, je reviens tout de suite au Home Cinema……

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Un peu de bon sens ne faisant de mal à personne, redevenons sérieux. Pour une crédibilité du spectacle, il est indispensable que le son et l’image soient parfaitement synchronisés dans le temps et dans l’espace.
La synchronisation dans le temps se fait lors du mixage de la bande-son, qui est délibérément avancé de quelques millisecondes par rapport à l’image (en fait, c’est l’image qui est retardée, le calage étant relatif), pour que la distance moyenne écran-auditeur dans une salle de cinéma soit compensée. Un léger retard sur le signal sonore est appliqué sur les processeurs Home Cinéma de très haut de gamme, sachant que la distance écran-auditeur est moindre que dans les salles publiques.
Une inexactitude de cette synchronisation doit cependant être importante (plusieurs dizaines de millisecondes) pour être perceptible.
La synchronisation dans l’espace se fait naturellement au cinéma: Les dialogues sont intégralement mixés dans la voie centrale, et l’enceinte la diffusant est placée derrière l’écran, au centre. Ainsi, les dialogues émanent de l’emplacement où se trouvent le plus souvent les images des acteurs lorsqu’ils parlent. Simple et efficace…
Pour le Home Cinema, il suffit de faire pareil.
Pourquoi ne le fait-on que rarement?
a) Parce que les perforations d’un écran nuisent à la qualité de l’image. Ceci est vrai si on utilise les écrans de cinéma, faits pour êtres regardés à des distances de plus de 10m. Les écrans micro-perforés ou tissés ont éliminé ce genre de problèmes.
b) Parce que les écrans perforés nuisent à la qualité du son. C’est tout à fait vrai pour les écrans perforés, qui nécessitent un rattrapage laborieux à l’aide d’un égaliseur, et des ensembles enceintes/amplis procurant suffisamment de réserve d’énergie en aigu pour permettre ce genre d’égalisation sans distorsion excessive. Les écrans tissés apportent une solution radicale et efficace au problème: Ils se comportent acoustiquement à peu près comme une grille de façade d’enceinte acoustique.
c) Parce qu’au lieu de réfléchir, on fait comme les autres.

Les écrans perméables au son, même s’ils ne sont pas les plus performants, offrent toujours de meilleurs compromis que les écrans pleins: Il vaut mieux accepter tous les abominables défauts de certains écrans perforés que de subir la désynchronisation dans l’espace des images et du son.
La cohérence image/son est la clé de la satisfaction dans le spectacle produit par un système Home Cinéma, comme au cinéma d’ailleurs (mais là c’est tellement évident que personne n’en parle).

Mais aujourd’hui, on trouve pour des budgets très accessibles des écrans acoustiquement transparents en tissu, fixes ou enroulables motorisés. La quadrature du cercle est donc résolue… Ou presque!

Si on utilise un écran acoustiquement transparent enroulable, que l’on place une enceinte centrale ou les trois frontales derrière, cela marche fort bien. Mais lorsqu’on remonte l’écran, l’enceinte centrale doit-elle rester au milieu, devant la porte fenêtre qui donne sur le jardin?
Je vais de ce pas (non, de ce crayon) dessiner un plateau élévateur motorisé pour enceinte centrale. Non mais!

-Format
Les formats d’écrans sont typiquement 4/3 ou 16/9. Sur un écran enroulable standard, il est difficile d’envisager autre chose.
Sur un écran réalisé sur-mesure, il vous serait possible de corriger éventuellement les déviations de proportions provoquées par l’usage de la correction de trapèze, s’il y a lieu.
Pour des raisons que j’ai évoqué plus haut, je suis convaincu que les 16/9 est mieux adapté au Home Cinema, à l’exception des applications de jeux vidéo. Dans le cas d’installations fixes, il serait également possible d’utiliser un format plein-écran en 2.35 (Wow, quelle image!)
Il suffirait pour cela d’utiliser un projecteur calé sur sa plus grande taille d’image en 2.35, d’utiliser la réduction d’image pour conserver la même hauteur en 16/9 (on utilisera judicieusement des rideaux motorisés pour faire varier la position des bords noirs. Tiens, çà ne vous rappelle rien?), et pour les 4/3 on revient sur un bon vieux téléviseur.
Pensez-y…

-Présence de bords noirs
Non, je ne vais pas me lancer dans une Nième explication! Prenez uniquement des écrans à bords noirs, et puis c’est tout!
Vérifiez tout de même que les bords noirs sont rectilignes et parallèles, ce n’est pas toujours le cas!

-Planéité
Il est préférable que votre écran soit plat, çà tombe sous le sens. Un écran très légèrement concave, comme dans les très grandes salles de cinéma, peut avoir son intérêt. Mais il est uniquement possible de le réaliser en fixe, et nécessite impérativement l’emploi d’un projecteur tri-tubes. S’il s’agit d’un écran en PVC, même perforée, attention à l’influence acoustique d’un réflecteur concave! Mais dans tous les cas, un écran déformé est inacceptable.
Ceci ne concerne guère les écrans fixes, qui sont tendus sur un cadre rigide. Pour qu’ils soient déformés, il faut vraiment qu’ils soient de " très très " mauvaise facture. Les écrans enroulables, par contre, ont une furieuse tendance à se déformer en “selle de cheval”, les bords latéraux s’arrondissant pour former des arcs de cercle perpendiculaires au plan général de l’écran.
Pire est l’effet inverse, les bords restant tendus, et le milieu de l’écran se mettant à pendre comme un ventre en mal d’abdominaux. Dans ce cas, arrêtez la bière… Le plus amusant dans tout çà, c’est que ces effets peuvent se produire avec le temps, et varier en fonction de la température et de l’humidité.
Donc, attention au produit.

-Gain
Il n’y a pas si longtemps, j’entendais dire partout dans la profession qu’il fallait que les écrans aient un léger gain, entre 1.2 et 1.5. Si j’objectais les éventuelles pertes de contraste et déviations de colorimétrie, on me répondait invariablement qu’il fallait quand même du gain, la preuve, c’est que les Américains utilisaient systématiquement des écrans avec du gain.
Mon âme impie sortait mortifiée de tels débats, incroyant que j’étais de ne pas vénérer Sainte Amérique!
Stewart Filmscreens vint heureusement à ma rescousse. Ils “inventèrent” l’écran gris, d’un gain inférieur à 1.
Voilà, maintenant les Américains ont dit qu’il ne fallait pas de gain, au contraire. Tout le monde dit comme eux (moi aussi, mais je l’avais dit il y a déjà quelque temps). Que serait-ce s’ils nous disaient d’aller faire la guerre?
Là, j’exagère, une telle chose est inconcevable.

Pour finir, un blanc mat de gain unitaire reste le meilleur choix avec un tri-tubes. Dans les autres cas (LCD, DLP, Di-LA) un gain très légèrement inférieur à 1 peut améliorer le contraste. Le fonctionnement en est directement inspiré de l’amélioration du rapport signal/bruit par réduction du gain des amplis de puissance dans les systèmes de sonorisation: Cette réduction de gain abaisse le niveau du signal et du bruit à la fois. Si l’on dispose d’assez de réserve de niveau sur le signal, on rattrape le niveau recherché en le poussant un peu, et le bruit a été abaissé.
Il en va de même avec le signal lumineux et le bruit lumineux (toute la lumière parasite). Ceci ne fonctionne évidemment qu’avec des projecteurs puissants, donc de préférence des mono-objectifs. D’ailleurs, ce sont ceux-là mêmes qui émettent le plus de lumière parasite.
Est-ce exprès?


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