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Le Home Cinéma ça ne marche pas (part 4)

Introduction (La projection vidéo)

Le projecteur vidéo est l’élément qui a le plus de poids dans la qualité propre de l’image, mais souvent aussi dans le budget d’une installation. C’est aussi l’élément dont l’acquisition comporte le plus de risques.
Cela mérite réflexion, non?
Nous allons examiner ces projecteurs, mais aussi leur partenaire indispensable, qui mérite le surnom de “clé de voûte” d’un système: L’écran.

Les types de vidéoprojecteurs

Beaucoup d’articles ont déjà été écrits sur ce sujet hautement sensible, et vous, cher lecteur, êtes déjà certainement très bien documenté. Je vais donc m’abstenir d’une fastidieuse exploration des technologies, pour aller directement aux indications pratiques Les vidéoprojecteurs disponibles sur le marché appartiennent à quatre catégories principales qui présentent tous des avantages et des défauts.

Les tri-tubes

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Sont les plus classiques des vidéoprojecteurs. Ils se sont popularisés dans les années 80 (du siècle dernier), grâce à Barco, qui leur a même donné un nom générique dans les milieux professionnels.
Tributaires d’un réglage complexe, ils projetaient souvent une image de mauvaise qualité due à l’incompétence de l’installateur (j’en ai entendu un se vanter d’installer et régler un tri-tubes en 20mn!). Par voie de conséquence, ils se sont fait une mauvaise image…de marque!
Depuis, les technologies se sont largement perfectionnées, et les installateurs de Home Cinéma capables de régler les tri-tubes se sont également perfectionnés. A tel point qu’aujourd’hui, les tri-tubes haut de gamme qui restent sur le marché (Barco, Vidikron, Crystal-View) sont capables de produire des images totalement irréprochables. Le sans-faute intégral! La qualité de l’argentique, avec de meilleurs noirs, et sans les défauts mécaniques de la pellicule!
Bref, le rêve (si votre écran est à la hauteur, évidemment).
Le Hic, c’est le budget… Typiquement, c’est deux à trois fois le budget typique d’un système Home Cinema moyen-haut-de gamme complet, installé. Ou le budget d’un gros 4 × 4.
Si l’argent, pour vous, n’est pas un problème, l’encombrement pourrait vous en poser un: le Crystal View CV-2 (45 000$) mesure 74 × 53 × 97 cm et pèse 66 kg.
Il y a encore pire…
Ces produits sont toujours installés par des professionnels, le réglage n’est donc pas de votre ressort. Sauf qu’il faut prévoir de le faire re-régler environ tous les 6 mois par ledit professionnel.
Le top de l’image est à ce prix.
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Les LCD*

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Les projecteurs à une ou trois matrice(s) LCD abondent sur le marché de la projection professionnelle. C’est la solution la plus simple et la moins chère pour projeter une grande image. On trouve aujourd’hui des projecteurs d’une puissance raisonnable à environ 2 000 €.
Sauf que…
Avec ces projecteurs, les noirs (comme les autres couleurs) sont obtenus par des cristaux traversés par de la lumière. Donc, si la lumière passe, c’est que ce n’est pas noir. Élémentaire, mon cher W…
Le problème avec des noirs un peu gris, c’est que les scènes sombres des films ressemblent à des ombres chinoises: Au dessous d’un certain niveau de gris, tout ce qui est compris entre ce niveau et le noir est uniformément gris, formant une masse dont on ne distingue que le contour…
Dans cette gamme de prix, les fabricants se soucient avant tout du marché de la projection informatique portable, Les matrices sont donc le plus souvent au format 4/3, ce qui fait qu’au format 16/9, on utilise simplement moins de pixels. Les couleurs sont rarement justes (certaines déviations de colorimétrie permettent de tirer la luminosité vers le haut) et les bruits de ventilation importants.
Vous trouverez des LCD biens plus performants, avec des noirs presque noirs, des taux de contraste de l’ordre de 600:1, des matrices 16/9, des couleurs justes et un traitement des signaux vidéo de bonne facture.
Mais le prix est plutôt de l’ordre de 5 000 €. A ce prix, regardez également les DLP, qui ont aussi beaucoup progressé.
Les derniers développements dans le domaine LCD utilisent la réflexion de la lumière en complément de son passage à travers un cristal (LCos). Cette technologie promet de meilleurs niveaux de noirs, mais à un prix plus élévé. Et on est encore loin des performances du tri-tubes…

Les DLP

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Comme les LCD, les DLP utilisent des pixels fixe, alignés sur une matrice 4/3 ou 16/9. Cependant, ils fonctionnent par réflexion de la lumière sur des micro-miroirs mobiles, qui redirigent la lumière alternativement vers l’objectif, puis vers un absorbant noir.
L’intérêt est que, théoriquement, il est possible d’obtenir de vrais noirs: Si le pixel est totalement orienté vers l’absorbant noir, aucune lumière ne passe à travers.
Le problème est qu’elle passe… À côté!
En fait, la lumière "bave "un peu, ce qui fait que le niveau de contraste obtenu varie entre 400:1 pour les produits d’entrée de gamme et 2000 :1 (Quand même!) sur les modèles haut de gamme les plus récents.
On commence donc à avoir des noirs tout à fait acceptables, des dégradés de gris suffisamment riches, et de bonnes définitions (WXGA) pour des écrans jusqu’à 2.5m de base. Les niveaux de luminosité cartonnent autour de 2000 Lumens ANSI, mais les lunettes de soleil ne sont pas fournies avec l’appareil. Le défaut traditionnel des DLP à une seule matrice reste un dégradé arc-en-ciel des couleurs que certains perçoivent, d’autres pas lors des mouvements de la tête. Ce dégradé est perçu uniquement par ceux qui bénéficient (est-ce un bénéfice?) d’un temps de réponse rétinien supérieur à la moyenne. Ce n’est pas mon cas, je n’ai rien vu, on m’a juste raconté….
Donc, la parade technique à ce défaut a été trouvée: On utilise une roue de codage des trois couleurs à 6 segments au lieu de trois, et on la fait tourner deux fois plus vite. Élémentaire, mon cher…Rappelez-moi votre nom, déjà?
Le problème est donc résolu pour à peu près 95% des sujets, mais il en reste qui ont des rétines de course, encore sensibles au problème.
Pour eux, la réponse est dans le LCD haut de gamme ou, évidemment, le tri-tubes.
Les autres défauts classiques des DLP viennent essentiellement de la plus ou moins bonne facture du produit, et sont donc également dépendant du prix. On trouve des DLP acceptables pour de petites images à partir d’environ 3 400 €, et des produits très agréables à regarder à partir de 8 000 €.
Une exception se place au-dessus de la mêlée: Le Barco CineVersum, un DLP deux fois plus cher et trois fois mieux… A ce niveau, on peut hésiter entre son image et celle d’un tri-tubes de 8 pouces.

Les Di-LA

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La technologie à amplification de lumière a ceci de particulier qu’elle appartient à une seule marque: JVC-Hughes.
Ces projecteurs haut de gamme ne donnent pas une image aussi belle que les meilleurs tri-tubes, mais offrent un bon contraste, et une définition supérieure à la plupart des matrices à pixels fixes (SXGA).
Un peu bruyants, au format 4/3, ils en sont pas exempts d’inconvénients. Cependant, ils produisent des images détaillées, contrastées et fluides qui ont leur place quelque part entre le DLP et le tri-tubes.

En résumé, si vous disposez de place, d’un très gros budget, et êtes maniaque de l’image, prenez un tri-tubes 9 pouces.
Si vous ne remplissez-pas l’une de ces conditions, regardez d’abord les DLP, et faites votre choix par comparaisons. Si les DLP vous posent problème, si vous avez un budget important, regardez les Di-LA. Si votre budget n’est pas à cette hauteur, orientez-vous vers les tri-LCD situés à environ 5000 €..
Fuyez les LCD d’entrée de gamme, c’est le meilleur moyen de vous offrir une grosse déception!

Un autre problème mérite d’être soulevé: Certains fabricants de LCD et/ou de DLP, mettent sur le marché, pressés par les progrès de la concurrence (et leur service marketing), des produits dont la fiabilité n’est pas acquise.
Beaucoup de séries entières de vidéoprojecteurs sont tombées en panne dès les premiers mois d’utilisation.
La meilleure parade est de ne pas se précipiter sur la dernière nouveauté, mais d’attendre que le produit ait été quelques mois sur le marché, pour pouvoir obtenir des informations (merci, les forums).


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