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Le Home Cinéma ça ne marche pas (part 4)

Des caractéristiques secondaires, mais essentielles

Les deux caractéristiques systématiquement mises en avant par les fabricants de vidéoprojecteurs sont la luminosité et la résolution. Une résolution élevée reste utile pour les écrans de grande taille, mais aujourd’hui toutes les luminosités des petits produits à pixels fixes d’entrée de gamme dépassent très largement les besoins des utilisations en Home Cinema.
Beaucoup plus intéressante est l’aptitude du vidéoprojecteur à faire tenir l’image dans votre écran…

-4/3 ou 16/9?
Un écran sans bord noir avec une image qui déborde ou qui ne le remplit pas est largement plus néfaste (Beurk!) qu’une résolution au format inférieur à ce que vous trouvez chez un autre projecteur de même budget.

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La première condition pour apprécier une image est d’avoir une image qui, dans le format qui importe le plus pour vous, colle exactement à la taille de l’écran.
Beaucoup d’utilisateurs privilégient le 4/3 à partir du raisonnement suivant:
-Si j’ai une image 4/3, elle tiendra dans l’écran,
-Si j’ai une image 16/9 ou 2.35, elle tiendra avec des bandes noires horizontales,
-Si j’ai un écran 16/9, l’image 4/3 va déborder en haut et en bas.
Ce raisonnement était tout à fait pertinent jusqu’à il y 3 ans environ, sauf pour ceux qui avaient la possibilité d’utiliser un tri-tubes: Les projecteurs à pixels fixes projetaient dans leur format natif, et tout format vidéo différent était simplement réduit par non-activation d’une partie des pixels, qui restaient noirs… enfin gris. Aujourd’hui, certains projecteurs bénéficient de différentes fonctions de réduction ou d’agrandissement d’image. Ceci permet de passer du 16/9 au 4/3 en gardant la hauteur constante, et non la largeur constante. On obtient donc une image 4/3 plus petite que l’image 16/9.
Pourquoi faire?
C’est très simple : à une exception près, il y a fort longtemps que les films ne sont plus en 4/3. Ce format ne concerne plus que ce qui est fait pour la télé et les ordinateurs. Or, vous souvenez-vous du surnom de la télé? “Le petit écran”
En fait, regardez de plus près la façon dont sont filmés les téléfilms, les JT, les jeux télévisés. Vous remarquerez que la façon de filmer privilégie systématiquement les gros plans, et ceci pour une raison bien précise:
L’essentiel, c’est-à-dire les acteurs, doit être visible sur un petit écran.
Rien à voir avec le cinéma, où une foule de détails sont visibles sur les côtés de l’image. Le problème, c’est que quand cette image est réduite au format télévision, elle est encore réduite en hauteur pour tenir dans la largeur de l’écran. Non seulement on ne voit plus du tous ces détails, mais on discerne tout juste l’essentiel.
Il est donc parfaitement logique que les images 4/3, qui sont faites pour êtres diffusés sur un écran plus petit que celles des autres formats, soient restituées plus petites.
Et non l’inverse!
Donc, si vous êtes un fondu de jeux vidéo sur consoles, le choix d’un écran 4/3 est justifié.
Par contre, si vous êtes amateur de cinéma, choisissez plutôt un écran 16/9, ou même 2.35, et vérifiez bien que votre projecteur dispose d’une fonction de réduction d’image qui permette de conserver la hauteur constante en changeant de format.

-Keystone
Un autre élément est à prendre en compte: Si la position de votre projecteur et celle de votre écran fait que vous devrez avoir recours à une correction de trapèze (keystone), sachez que l’image projetée n’aura plus le format initial. En effet, le projecteur projette une image respectant rigoureusement les formats 4/3, 16/9 ou celui du film original quand la correction de trapèze n’est pas activée.

keystone.gif

Cette correction se fait toujours par la réduction de l’image dans l’une seulement de ses dimensions, ce qui implique, évidemment, que les proportions soient modifiées d’autant.
Donc, si l’angle d’offset de votre projecteur à pixels fixes (ceci ne concerne pas les tri-tubes, avec lesquels on fait vraiment ce qu’on veut) fait que l’axe de projection ne passe pas par le centre de votre écran, il faut adapter la taille de celui-ci, ou au moins déplacer ou modifier les bords noirs verticaux pour “coller” exactement à la largeur de l’image.

-Réglages
Tous les vidéoprojecteurs offrent des possibilités de réglages. Certains sont limités à ceux qu’on trouve sur un téléviseur : Contraste, luminosité, saturation, teinte en NTSC, et "netteté"ou “sharpness”, commutation 16/9-4/3. D’autres bénéficient de réglages plus avancés. Si c’est le cas, procurez-vous les DVD “Video Essentials”, et vérifiez les réglages d’usine. En général, vous avez quelques réglages standard mémorisés, et un réglage “custom”. Si les réglages d’usines ne passent pas tous les tests, essayez de les passer en “custom” avec vos propres réglages. En général, ceux-ci portent sur la colorimétrie, le gamma et éventuellement les niveaux de noirs par couleur.
C’est tout de même bien, dans ce cas, d’avoir recours à un professionnel…

-Bruit
Le niveau de bruit d’un vidéoprojecteur peut être gênant pendant les séquences les plus silencieuses. Pour l’évaluer, il n’est pas utile de regarder la documentation, qui affiche une mesure en décibels, sans jamais préciser la plage de fréquences. Un bruit de 30 dB en dessous de 200 Hz passera inaperçu dans la plupart des environnements domestiques. Le même niveau à 2 kHz sera carrément insupportable!
Il est donc difficile d’évaluer d’après une documentation si un projecteur va être perçu comme bruyant ou non.
Faites attention à une chose: un niveau de bruit est peu perceptible dans l’absolu, mais en relation avec un bruit de fond. On ne perçoit guère le bruit ambiant (ou alors c’est grave, il faut vite déménager); On perçoit en fait la différence de niveau entre un bruit particulier et le bruit ambiant. Souvent, les lieux de démonstration des vidéoprojecteurs sont bien plus bruyants que votre salon. Alors, faites très attention, ou essayez de vous faire démontrer un vidéoprojecteur dans un auditorium particulièrement calme.

-Halo gris
Eh oui, si votre choix se porte sur un projecteur à pixels fixes, vous aurez en prime, avec l’image, un halo de lumière autour. Gratuitement, de surcroît…
Le hic, c’est que vous vous en seriez bien passé.
Le problème maintenant est de s’en débarrasser.
La première chose à faire, c’est d’adopter un écran avec un bord noir, évidemment. Il y a de fortes chances cependant que le halo gris soit plus large que votre bord noir, et soit réfléchi par le mur du fond. Qu’à cela ne tienne, on peindra le mur du fond en noir.
Si le Home Cinéma est installé dans votre living room, je n’ose imaginer l’influence de cette décision sur les relations avec votre douce moitié (d’ailleurs, est-elle si douce?).
Pour éviter d’avoir recours à ce fatal pot de peinture, vous pouvez intégrer la (non) visibilité du halo gris dans vos critères de sélection du vidéoprojecteur. Au fait, tant que vous y êtes, regardez si le projecteur émet de la lumière uniquement par son objectif. S’il en émet également par une grille de ventilation, vous devrez prévoir quelques aménagements supplémentaires.

En résumé, le choix d’un vidéoprojecteur n’est pas vraiment simple…Nous allons voir que la meilleure approche n’est pas de commencer par celui-ci, mais plutôt de se laisser guider par son degré de compatibilité avec le reste.


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