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Surround EX, DTS-ES, Neo-6

6 août 2003


Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais avoir osé le demander...

Les formats Dolby/THX Surround EX, DTS ES Matrix ou Discrete 6.1, de même que l’ensemble des procédés NEO-6 (music & film) restent encore pour beaucoup d’entre vous un mystère totalement insondable.

Comment ça marche ? Quel est le but recherché ? Comment l’appliquer sur mon système ? autant de questions qui seront trop souvent restées jusqu’ici sans réponse, faute d’une explication technique valable des firmes responsables d’un tel chambardement dans l’ordre pourtant bien établi des sons cinéma.

L’heure est venue d’éclaircir les esprits les plus perturbés, à l'aide d'une série d’articles - tant historiques que techniques - que nous avons souhaité les plus complets possible.


1 - Le cas Surround EX :
Historique & Controverses :

L’avènement des récents formats sonores "Extended" débute avec le procédé Dolby Digital Surround EX, plus connu sous l’appellation domestique THX Surround EX, la technologie ayant été –officiellement - développée conjointement par les laboratoires Dolby et la division THX du géant touche-à-tout Lucasfilm.

Les premières armes de ce nouveau format 5.1 EX (et non pas 6.1 comme on a coutume de le lire ou de l'entendre ici et là) se firent au cinéma, à l’occasion de la sortie en salle du film "STAR WARS - Episode One", le 21 mai 1999.

La légende veut que le procédé Surround EX ait été imaginé en 1998 par Sir Gary Rydstrom, talentueux ingénieur du son et mixeur de génie, hantant depuis de nombreuses années les locaux obscurs et sur-équipés du "SkyWalker Sound Building", LA référence en matière de studio d’enregistrement et de monitoring cinéma (nul doute que celui-ci est labellisé THX PM3...), situé au beau milieu du célébrissime domaine : "The SkyWalker Ranch".

Pour ceux et celles qui ignorent encore de quoi il s’agit, essayez simplement d’imaginer la petite maison dans la prairie, dans une version High Tech bardée de tous les derniers raffinements technologiques actuellement disponibles, et mettez-y toute la petite famille LucasFilm, oeuvrant jour après jour pour la cause du gros son et des belles images. Vous aurez alors un petit aperçu de ce que peut être ce monument, érigé à la gloire du septième art et de ses dérivés !

A ce sujet, et ce pour en savoir un peu plus sur cet énigmatique complexe, je ne saurais que trop vous recommander le site "Inside SkyWalker Ranch », qui offre une visite guidée des multiples divisions de l’Empire Lucas (Industrial Light & Magic, LucasArt, etc.), le tout perçu au travers des yeux d’un fanatique absolu, ayant de toute évidence reçu sa grosse piqûre "LucasFilm" lors d’un séjour privilégié dans la forteresse réputée impénétrable (pour l'anecdote, Ronald Reagan s’était vu refuser, alors qu'il était président des Etat-Unis, une visite du sacro-saint ranch !).

Bref, Maître Rydstrom en qualité de directeur technique du "SkyWalker Sound" et habile détenteur de pas moins de 7 Academy Awards se vit confier l’élaboration de la bande son d' "Episode One", film au travers duquel son réalisateur, Georges Lucas himself, souhaitait offrir une expérience sonore d’une ampleur et d’un réalisme jusqu'alors inédits.

Voilà qui fut l’occasion idéale pour Rydstrom d’en finir au passage avec la vieille frustration qu’il éprouvait à mixer en multi-canaux 5.1, une configuration qu’il juge trop imprécise et trop peu flexible à son goût. Notez par ailleurs qu’il s’agit là d’un grand classique de la saga "Star Wars", puisque chacun des épisodes de la série a contribué en son temps à faire progresser de manière sensible la qualité de reproduction de l’image et du son au cinéma.

Afin de répondre au mieux à la demande du Maître Jedi, ainsi qu’à ses propre desiderata, Rydstrom imagina alors d’agrémenter le format Dolby Digital 5.1 conventionnel d’une voie centrale arrière matricée, en complément des voies surround droite et gauche latérales. Le but était d’obtenir au final un champ surround d’une plus grande précision dans le placement et dans les déplacements des différentes sources d’émission sonores, ainsi qu’une impression renforcée d’enveloppement et de spatialisation :

"Je voulais que les auditeurs soient totalement encerclés par le son surround, de même qu’ils puissent entendre très précisément des sons joués directement derrière eux", dixit G. Rydstrom lors d’un communiqué de presse Dolby en juin 99, où il déclarait par ailleurs : "J’ai cherché à développer un format sonore offrant de nouvelles possibilités et permettant un positionnement très précis des sons tel qu’ils peuvent être perçus dans la réalité".
Et à Georges Lucas de renchérir : "Cette nouvelle technologie surround offre aux réalisateurs un nouvel outil créatif dans la reproduction de bandes son réalistes[...] Je suis fier que THX et Dolby aient joint leurs forces pour développer cette technologie et la mettre à disposition de l’industrie cinématographique".
C.Q.F.D. (ce qu’il fallait détourner...)

Voilà pour le petit historique officiel du format Dolby Digital / THX Surround EX, basé sur les diverses informations émanant des deux principaux intervenants.

Une très belle fable, si l’on en croit ce trublion de PANALOGIC (aucun rapport avec PANASONIC...), compagnie australienne spécialisée dans la fabrication de processeurs multi-canaux professionnels et qui tient pour sa part un discours totalement différent :

Pour PANALOGIC, l’aventure EX débute en 1988, avec la mise sur le marché pro d’un processeur révolutionnaire nommé PANASTEREO SP-23, lequel permettait déjà en son époque de créer, à partir de toute source stéréo optique codée en Dolby Surround, un signal d’effets en vue d’alimenter un mur d’enceintes arrière complémentaires.

Le procédé fut déposé par son concepteur sous l’appellation "Surround SX" (sic !) et il est amusant de constater que la technologie employée est en tout point identique à celle recyclée par l’actuel Surround EX.

En 1995, PANALOGIC expérimenta le concept "Surround SX" sur le DTS, dans la salle de cinéma "Avoca Beach Theatre" située près de Sydney. Dans cette installation, le processeur PANASTEREO CSP-3200 chargé du décodage DTS voyait ses sorties lignes surround gauche et droite reliées au décodeur MATRIX CM-220 Surround SX de la marque, pour une configuration comparable à l’actuel DTS ES (version pro) ou DTS ES MATRIX (version domestique).

Et ce n’est finalement que 3 ans plus tard, en octobre 1998, lors de l’annonce de la sortie prochaine de "Star Wars EP1 - The Phantom Menace" par Lucasfilm, que THX et Dolby entrent en scène en exprimant leur volonté de sortir le film avec une piste sonore 5.1 agrémentée d’un sixième canal central arrière, délibérément matricé dans les voies surround.

Pour résumer, et toujours selon PANALOGIC, THX et Dolby n’auraient fait qu’apporter une contribution "software" spécifique à une technologie hardware déjà existante depuis près de 12 ans... ce que ne laisse pas vraiment transparaître la communication faite par les deux entités autour du format Surround EX !


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