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Un Home Theater de A à Z GENERAL : Partie 2 La traque du mode caché

18 août 2005


Cette étape est la conception très initiale d'un auditorium Home Theater. La suite logique du cahier des charges acoustique (voir article précédent) est la planche à dessins. Comme nous partons d'une « page blanche », il y là une certaine cohérence.
En fait, on ne va pas se tacher les doigts ni les vêtements au Rotring, on va utiliser quelques logiciels adaptés, c'est tellement pratique.

Nous allons créer une salle avec les étapes suivantes:

Raisonnement déduit du cahier des charges Dessin sur Architecte 3D Simulation du résultat acoustique sur EASE, qui fera l'objet de l'article suivant.

Je vous épargnerai les fastidieux allers et retours entre un logiciel et l'autre, chaque modification ayant fait l'objet d'une nouvelle simulation, jusqu'à obtention d'un résultat qui réponde à notre attente.

1-Quelques idées
La première idée est de réaliser une pièce sans mode de résonance dans les fréquences graves, d'où l'appellation « zéro mode ». Simple comme bonjour, il suffit qu'aucune surface ne soit parallèle! C'est là que le responsable du chantier s'étrangle avec sa tasse de café, ce qui en répand partout sur son bureau. C'est une bonne raison pour travailler sur logiciel, et non sur papier: on ne tache pas le dessin.

Bon, ce n'est peut-être pas si simple. On va quand même affecter les parois longitudinales d'un léger angle (2°) peu visible, mais apte à éviter ces fameux modes d'ondes stationnaires au moins dans la largeur.

La deuxième idée est d'utiliser les propriétés de la diffraction pour contrôler le champ réverbéré sans amortir excessivement...dans les fréquences graves. Comment faire? Eh bien, puisque nous disposons de plus d'espace que nécessaire, nous allons réaliser un immense diffuseur de type « Shroeder », qui réponde jusque dans les fréquences graves. En fait, nous avons déterminé qu'une profondeur de 1.50m permettait une efficacité jusqu'à une fréquence basse de 70 Hz environ. C'est déjà pas mal, mais il y a mieux:

Mieux: Un diffracteur de Shroeder présente une série de puits de profondeurs différentes. En le plaçant sur le côté opposé à l'écran, ce sens de la pièce se trouve être d'une longueur variant entre (X)m et (X+1.5)m. Ceci élimine toute possibilité de formation d'un mode propre dans le sens longitudinal de la pièce.

Implication: On ajoute 1.50 m à la longueur de la pièce. Pour rester dans des dimensions réalistes, on va abandonner l'idée d'avoir une pièce plus large que longue, bien qu'une telle disposition soit généralement plus favorable à la limitation des réflections les plus courtes ( les plus nuisibles). On se débrouillera autrement pour les contrôler.

Reste: Une direction générant encore des modes propres, la hauteur. Difficile de réaliser un plafond en biais, ou courbe (faisable, mais difficile...). Nous prenons alors un parti pris facile, mais efficace: Un réflecteur placé de façon oblique au dessus de la zone d'écoute pourra résoudre localement ce problème. De plus, il sera utilisé pour la gestion des premières réflections, et servira également à dissimuler le projecteur.

2- Le diffracteur de Shroeder
Cette structure va être réalisé en panneaux de particules disposés verticalement. Après quelques simulations, nous avons pu déterminer qu'un tel diffracteur d'ordre 19 (c'est à dire 19 puits, dont les profondeurs sont calculés d'après les résidus des moindres carrés de la racine première, 19 dans le cas présent) et une largeur des puits de 25cm, offrait une plage de travail efficace entre 70 et 1800 Hz.

 


 

Pour les fréquences supérieures, le champ sonore est largement diffus du fait de la multiplicité des surfaces. Localement, des panneaux acoustiques diffractant de faible profondeur (donc fonctionnant dans des plages de fréquences plus élevés) pourront être disposés, en cas de besoin.

Esthétiquement, le diffracteur sera simplement dissimulé derrière un tissu mural acoustiquement transparent, monté sur un cadre amovible.

3-Les enceintes acoustiques
Pour éviter les réflections ultracourtes des ondes arrière émises par les enceintes acoustiques classiques, la solution la plus simple est de choisir des enceintes « in-wall ». Un autre avantage de telles enceintes est leur intégration esthétique parfaite.

4-Premier dessin
Réalisé sur « Architecte 3D », le premier dessin est reproduit ci-dessous:

 


 

Avec le diffracteur, nous obtenons:

 


 

Un aperçu de ce que çà devrait donner une fois aménagé:

 


 

Notons que les options de décorations ne sont pas validées: On a juste utilisé des composants existant en standard dans le logiciel, qui ne correspond pas nécessairement aux souhaits de l'installateur.

Notons que sur cette vue, le traitement du plafond n'est pas représenté, car s'il l'était, il nous serait impossible de voir quoi que ce soit.

Dans le prochain article A à Z « pro » 3, nous examinerons la simulation acoustique sur EASE, et l'adaptation du concept LeDe au Home Theater. Entre temps un article A à Z « généraliste » sera paru.


A lire aussi :
-Un Home Theater de A à Z PRO Partie 1
-Un Home Theater de A à Z GENERAL Partie 1


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