Logo CineNowCineNow, votre quotidien hifi, vidéo, home-cinéma

Recevez nos actualités chaque semaine :

Dossier : Home Cinéma sans fils

10 août 2005


On nous promet, depuis des années, la fin des fils, foin de câbles, fini les liaisons coûteuses et encombrantes, le « wireless » est là et tout va s'arranger… Mais comme sœur Anne, nous ne voyons rien venir !

Mais pourquoi nous encombrer de câbles, alors que des liaisons hertziennes, peuvent permettre de relier tous les éléments, qui composent un H.C. Cette idée est dans l'air, depuis des années déjà. Mais dans le domaine du wireless, c'est depuis un an que l'on en parle plus sérieusement et que quelques produits commencent à être montrés. Les choses sont en train de bouger. Le mouvement a commencé avec l'informatique : les claviers et les souris de nos ordinateurs se sont affranchis des liaisons filaires, de même les « kit piétons » de nos GSM n'ont plus de « fil à l'oreille ». Plus encore dans le domaine de l'informatique, on peut maintenant mettre en réseau plusieurs ordinateurs, des imprimantes, et des périphérique sans câbles.

Alors pourquoi le son ne suit pas le même chemin éthéré, dans l'EGP ? Plusieurs raisons à ce phénomène, dont une qu'il faut tout d'abord invoquer : nous n'y avons aucun intérêt. Aujourd'hui on vend (et même très bien et avec de fortes marges) des câbles dont les consommateurs se déclarent heureux ! Pourquoi changer, ce qui marche bien ! Second obstacle, les technologies permettant ces performances ne sont pas toujours complètement au point et dans bien des cas pas maîtrisées par les marques de produits bruns. Il ne faut pas non plus perdre de vue que quand on parle de « sans fil » c'est un peu faux : les technologies dont nous parlons sont destinées à acheminer le signal, et non (dans tous les cas sauf un) le courant électrique. Ce qui veut dire que les enceintes, les préamplis, les DVD et autres tuners, seront toujours au moins munis d'un fil.

Ce qui est aussi certain, c'est qu'à l'heure où la musique se dématérialise, où les majors du disque voient la fin du CD à court terme, où les grandes compagnies de cinéma envisagent de diffuser directement les films dans les salles sous forme numérique et via le satellite, où le téléchargement via Internet se généralise grâce au haut débit, il semble, un peu étrange d'être esclave de fils qui ont tendance à se multiplier à l'infini. Il ne faut pas non plus perdre de temps : de nombreux intervenants « lorgnent » sur le « Home Wireless », on y retrouve entre autres des grands de l'informatique ou de la téléphonie, qui ont dans ce domaine les moyens de leurs ambitions ! Plusieurs technologies sont utilisables et en concurrence, en voici un aperçu.

Wi-Fi : la médiatique
Voila, un acronyme (Wi-Fi veut dire Wireless Fidelity) qui a fait couler beaucoup d'encre ces dernier temps. Sous ce nom se cache le 802.11 qui est une norme (IEEE) de transmission de données sans fil. Il en existe plusieurs versions, dans sa variante « b » elle permet des débits de l'ordre de 11 Mbps, ce qui est un peu juste pour des images animées. C'est pour cela que l'on a développé le 802.11 g qui peut atteindre 22 Mbps, et même le 802.11 a, qui, lui arrive à 54 Mbps. D'autres lettres peuvent être accolées à 802.11 : par exemple, le c qui définit la couche Mac de cette norme ou encore le j qui signifie la compatibilité avec des réseaux HyperLan, etc.


Présenté à Berlin lors de la dernière IFA, le OZ de Thomson utilise Wi-Fi, pour transmettre les signaux.

Le Yamaha MusicCast, permet la diffusion de musique via Wi-Fi sur toutes les pièces d’une maison. Simple à mettre en œuvre il permet de stocker jusqu’à 1000 CD sur un disque dur. Il est commercialisé depuis quelques mois.

Baptisé Transcube, cette « setup box » de Toshiba utillise le 802.11 b pour transmettre l’information « sans fil » dans toutes un maison.
L'une des utilisations les plus courantes et les plus médiatisées du Wi-Fi sont les « hot spots » sorte de bornes publiques où il est possible de se connecter au net avec un ordinateur. Une autre est très prisé : la création de réseaux informatiques, qu'ils soient professionnels ou domestiques. Enfin, c'est elle qui a été adoptée par plusieurs fabricants d'EGP pour leurs premiers produits « sans fil » (Philips, Yamaha, etc…).



C’est un véritable concept baptisé « Connected Planet » que propose Philips dans le domaine du « Wireless ». Autour d’un routeur ADSL Wi-Fi toute une gamme de produits est déclinée, et permet de créer un réseau multimédia domestique performant.
Wi-Fi fonctionne dans la bande des 2.4 GHz, elle passe bien à travers les murs et permet des liaisons largement suffisantes pour couvrir une maison. Cette norme est maintenant complétée par une nouvelle du nom de Wimax, (802.16) qui fonctionne pour l'instant en 3.5 GHz et qui permet des liaisons de plusieurs kilomètres (jusqu'à 50 !). Wi-Fi est incorporé dans tous les processeurs Centrino d'Intel, et Wimax le sera dans un avenir proche.

Bluetooth : comme l'enfer
Bluetooth (littéralement dent bleue) était le nom d'un chef de guerre qui avant l'an 1000 régnait sur le Jütland, une région septentrionale du Danemark. Il a pacifié son pays en améliorant de façon significative les communications. En Danois ancien « Blue » signifie sombre et « Tooth » chef, et non pas dent bleue comme on pourrait le croire.


Avec cet adaptateur Sony ont peut transférer sur un téléviseur des images via Bluetooth.


La technologie Bluetooth est destinée à créer des communications sans fil entre les appareils qui en sont équipés. Bluetooth travaille dans une bande de fréquence située entre 2.4 et 2.5 GHz et la puissance dont il dispose est de 1 mW. Les premiers exemples, ont été des kits oreillettes destinées aux GSM. des systèmes pour ordinateurs (cartes PCMCIA), des bornes de connexions, des GSM, maintenant on trouve des caméscopes, des appareils photos numériques, des casque hi-fi, des PDA, des décodeurs satellite et même une machine à laver et un réfrigérateur chez Toshiba…

En principe la portée du système n'excède pas une trentaine de mètres de diamètre. Il travaille dans une fréquence située entre 2.4 et 2.5 GHz et la puissance dont il dispose est de 1 mW. Il permet une vitesse de transmission théorique de 1 Mbps. Le « cheapset » bluetooth coûte environ 5 $ et devrait encore baisser dans les années à venir.

 Courant porteur
Le réseau électrique est omniprésent, pas une maison, un appartement, où il ne couvre toutes les pièces de la cave au grenier ! Il transporte le 220 volts, mais il peut transporter d'autres choses, on en parle depuis des années, mais des obstacles techniques et de coûts ont fait la progression a été lente.


Les systèmes utilisant les courants porteurs, peuvent véhiculer des signaux numériques qui peuvent être ensuite distribués sur des terminaux audiovisuels domestiques. Ici un ensemble de la société Léa.

Un exemple du type de réseau domestique qu’il est possible de réaliser avec les technologies CPL.

Techniquement c'est assez simple : on ajoute un signal haute fréquence à l'onde (50 Hz) qui véhicule l'énergie (220 Volts), et on équipe de filtres basses fréquences les appareils auxquels on veut acheminer un signal. Les débits sont supérieurs à 5 Mbps et peuvent atteindre 14 Mbps en pointe, les distances peuvent atteindre 200 mètres (en fonction de la qualité du réseau et de la présence d'agents perturbateurs comme : rallonge, multiprise, alimentation à découpage, etc.

Le nombre d'appareils connectables, est théoriquement illimité. On appelle cette technique le CPL (Courant Porteur en Ligne), et même si elle semble un peu en retrait aujourd'hui, elle pourrait bien régler toutes les interrogations demain ! On imagine aisément une enceinte amplifiée, disposant d'un convertisseur N/A à laquelle on fait parvenir directement du numérique. On peut aussi penser à une liaison directe de l'Internet aux terminaux domestiques (écran, hi-fi, etc.), pour recevoir via le net des programmes.

Le reste
D'autres technologies peuvent être employées pour des liaisons sans fil. Des techniques radios analogiques le sont déjà depuis des années. L'infrarouge (IRDA) a eu ces moments de gloire pour les casques destinés aux téléviseurs. Certaines marques (JVC entre autre) utilisent des rayons laser pour passer de l'information entre un tuner et un écran. Mais dans l'ensemble les trois technologies que nous avons développées plus haut, sont très certainement celles qui seront employées dans les années à venir. Plusieurs raisons à cela, dont la principale est que les diffuseurs de médias semblent les adopter et ce en accord avec les fabricants de processeurs. Cela nous amène à la seconde partie du débat, ou soft et hard sont étroitement mêlés. On parle beaucoup de la dématérialisation des supports, de la fin du CD, de l'avenir compté du DVD, etc. Des réflexions qui peuvent prêter à sourire, mais qui à moyen terme se révèleront exactes. Les programmes, vont arriver dans les foyers sous formes numérique via le Web, le câble ou le satellite. Depuis des années on parle de cette révolution, maintenant elle est là. D'ores et déjà des offres existent, la mise en place (à marche forcée) par les opérateurs de l'ADSL en sont l'illustration, France telecom (propriétaire de TDF) propose déjà la TV sur ADSL. Ce fait conduit à une autre conception de la « chaîne » audio visuelle domestique. Les sources ne sont plus multiples (Tuners audio et TV, lecteur DVD, CD, etc.), le (s) média (um) arrive via le net sur un ordinateur ou une « setup box » et il est distribué dans toute la maison sur des terminaux via un réseau sans fil. Ces terminaux (audio et vidéo) étant aussi interconnectés par les mêmes moyens. Bon, un écran restera un écran, une enceinte une enceinte et un ampli délivrera toujours de la puissance. Mais les films, on risque fort de les télécharger (sales temps pour les vidéos club), la musique elle, sera en MP 3 et on l'achètera au morceau sur des sites. Difficile, d'imaginer une distribution filaire tel que nous la connaissons du récepteur aux divers terminaux. En plus, quand les liaisons auront disparu entre ces éléments, il semble naturel de penser qu'elles disparaîtront aussi entre les terminaux et leur périphériques.

ça vient.
Tranquillement, tout cela est en train de se mettre en place. Mais sous cette tranquillité apparente, des luttes de tians sont en train de se dérouler. Les opérateurs de télécommunications, les diffuseurs de programmes, les opérateurs câbles, les fournisseurs de contenus, les constructeurs de matériel (brun et informatique), tout le monde est en train d'essayer de trouver une place la plus confortable possible dans le paysage en train de se mettre en place. Quelquefois, des firmes ont d'ailleurs plusieurs casquettes, c'est ainsi le cas de Sony qui est à la fois fabriquant de matériel et fournisseur de contenu. On prête à des opérateurs télécoms, des tentations de productions de contenus… pari, qu'avait pris Jean Marie Messier avec Vivendi Universal… avec un peu d'avance et beaucoup d'arrogance. On connaît la gourmandise de Bill Gates pour les industries de loisirs et ses diverses acquisitions dans ce domaine. Rien n'est encore fixé, mais ce qui est certain, c'est que cette évolution semble inéluctable. D'ailleurs la grande distribution l'a bien compris. Depuis quelques temps déjà on assiste à un rapprochement « physique » dans les hypers des rayons audio/vidéo, informatiques, photos, téléphonies, ainsi que le soft.

Si il n'en reste qu'un
Ce sera le fil d'alimentation. Car si ces nouvelle tecnos, vont nous permettre de nous affranchir des liaisons, on n'a pas encore trouver le moyen de se passer d'énergie électrique ! d'aucuns diront que tout cela n'a pas d'importance puisqu'il restera toujours au moins un fil… Personnellement si je n'ai plus qu'un fil derrière mon ampli et que je peux distribuer de l'audio : vidéo à travers toute ma maison sans avoir à poser des prises, des câbles, percer des murs, j'en serais pour le moins heureux ! L'un des autres arguments développé, par ceux qui ne croient pas à cette évolution est que ce type de diffusion, à travers le net, des réseaux et employant le MPEG va favoriser le piratage. Je me souviens d'un débat tout aussi vain, à la sortie de la vidéo domestique et je suppose (j'étais trop jeune à l'époque) qu'il était le même à la sortie de la cassette audio ! Ce que l'on peut retirer de tout cela, c'est qu'une fois encore, notre métier va changer, qu'il va falloir se remettre en question, ce qui dans l'ensemble est plutôt tonique et va nous empêcher de nous encroûter.

Intel aussi
Le Géant des microprocesseurs, Intel a présenté à Cannes pendant le festival sa vision de l'audiovisuel de demain. Il est bien sûr centré sur son microprocesseur Centrino qui intègre le Wi-Fi. Intel soulignait entre autres que selon le cabinet d'études de marché IDC, les ventes de PC portables sont en très forte augmentation, surtout parmi le grand public. De plus en plus leurs utilisateurs souhaitent pouvoir visionner un film dans n'importe quelle pièce de la maison ou jouer en sans-fil à des jeux en réseau, etc… Toujours selon Intel, cet engouement croissant des particuliers pour le sans-fil, génère l'apparition de services et de contenus nouveaux. Toujours à cette occasion Intel, a présenté sa vision d'une maison totalement distribuée en audio vidéo via une « setup box » et Wi-Fi. Pour ce fabricant, le marché qui s'ouvre est énorme, et d'ores et déjà les quelques machines disponibles, le sont avec des processeurs Intel.

Par Jeff Queneau pour "Home Cinéma PRO"



© 1999-2018 SENTICOM

Contactez-nousFlux RSS