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Le Home Cinéma ça ne marche pas : Partie 2

2 août 2005


Que faire pour que ça marche?

INTRODUCTION
Cà y est, vous avez décidé de vous offrir votre rêve : un Home Cinéma.
Maintenant s’ouvre devant vous, l’autoroute qui vous mène droit à la déception…
La première chose que vous faites est d’acquérir un échantillonnage complet des revues spécialisées, pour faire connaissance avec le matériel existant, et le choisir en connaissance de cause. Tout faux ! Sortez vite de cette autoroute ! Là vous vous demandez : "mais, enfin, pourquoi ?".

OK, faisons un bout de chemin ensemble sur l’autoroute de la déception -Virtuellement, s’entend, ne sortez surtout pas votre chéquier- et vous comprendrez.
Premier choix doublement erroné : Le matériel. Il est certainement erroné quant aux composants eux-mêmes, mais la plus grave erreur consiste à choisir le matériel en premier. Nous y reviendrons.

Le meilleur matos
Plongé dans les bancs d’essais des revues spécialisées, vous comparez les vidéoprojecteurs, les enceintes acoustiques, les amplis, les caissons de basses, et surtout les prix respectifs.
Vous en tirez vite la conclusion qu’il vous faut absolument l’ampli Kikaïsui TXZZXQ-3218 WL, qui a obtenu une appréciation équivalente à celle de concurrents 5 à 10 fois plus onéreux.

Ensuite, de loin, le meilleur projecteur dans le budget que vous avez attribué à ce composant est l’Optophot VLP 800.
A moins que ce ne soit l’Horizon Superlite XLL 650, mais qui coûte quand même 120 Euros de plus que le budget que vous vous étiez fixé.
Pour les enceintes, c’est plus difficile : Vous n’avez pas eu le temps de tout lire, et vous avez déjà retenu 12 packs de prix (très voisins) mais sans le subwoofer. Pour ce dernier, votre choix c’est arrêté sur le Earthshake Superkick 2000-SW.

Bon, eh bien pour finaliser tout çà, vous allez tout simplement faire le tour des auditoriums pour y comparer les packs d’enceintes candidats. J’espère que vous n’habitez pas à 40 km de Vezoul...

Après quelques bonnes dizaines de minutes de transport, vous passez enfin la porte du premier auditorium, avec la liste des packs que vous souhaitez comparer. Le vendeur y jette un regard plein de compassion, et vous dit : "Oh, là, là, Mais mon pauvre Monsieur, vous n’y êtes pas du tout ! D’abord, quel est votre ampli ? Quelle est la taille de votre pièce ? Quelle musique écoutez-vous ? Quel est l’âge de votre petite sœur ?"
A ce stade, je dois dire qu’il a en partie raison, sur la première phrase. Les questions qui suivent, par contre, sont aussi pertinentes que la dernière. Vous me suivez ?

Un peu perplexe, vous l’accompagnez jusqu’à un auditorium où il se fait fort de vous montrer un pack d’enceintes Altus Transparency, qui est vraiment le must du moment, et pour un prix qui est vraiment une affaire... Bien que trois fois mieux que tous les trucs que vous avez sélectionnés d’après les revues, ce pack ne dépasse votre budget que de 10%, "mais on trouvera une solution, promet-il..."

Dans une petite pièce sombre encombrée de matos, trône un écran plasma 16/9 entouré d’un joli pack d’enceintes à l’élégante finition en placage sombre, soigneusement mis en valeur et démarqué du reste du matériel : Le pack Altus Transparency 3000 MKII.
Pour vous faire d’abord apprécier la qualité des enceintes, le vendeur vous fait subir cinq minutes de quatuor à cordes baroque, puis une pièce originale pour flûte des Andes et gong japonais, un trio de jazz avec une chanteuse manifestement alcolo à partir d’une prise de son historique de 1946 (en mono, évidemment), un extrait de la 9e symphonie de Beethoven (vous savez, l’hymne à la joie), et si la scène se passe dans le sud-ouest, vous aurez droit, pour finir, à un morceau de Francis Cabrel.

Vous n’avez pas le temps d’exprimer votre perplexité que le vendeur décide de "passer au Home Cinema". Ouf enfin !
Donc, on envoie un DVD, cérémonie qui passe par la lecture obligatoire des avertissements légaux. Le vendeur en profite pour vous expliquer que ce que vous allez entendre est vraiment ce qui se fait de plus puissant, de plus saisissant, de plus impressionnant que vous n’ayez jamais entendu. Il cherche un passage, le trouve, et démarre...
Là, paraît à l’écran la plus innommable boucherie imaginable : des jets de sang, des membres arrachés, des gros plans à en faire vomir plus d'un.
Le son est insupportable, extrêmement fort, fait d’un mélange d’explosions et de distorsions, d’amplificateurs saturés de haut-parleurs criant grâce. La pénombre aidant, le vendeur ne remarque pas que vous prenez un teint un peu vert.
Finalement, il met fin à votre calvaire, et rallume en affichant un petit sourire satisfait, du genre "çà le fait, hein..." Atterré, vous prenez la tangente, en direction du prochain auditorium. Le problème, c’est que le scénario sera à peu près le même...

Le meilleur prix
Une autre démarche s’ensuit très souvent: Une fois établie la liste des composants de votre future installation de rêve, vous entreprenez de comparer les prix. Si les bancs d’essais des revues affichent souvent les tarifs recommandés par les marques, de nombreuses publicités revendiquent des prix "compressés, laminés, fracassés, insensés". S’ensuivent de longues listes, qu’il ne vous reste qu’à éplucher.
Vous allez alors découvrir que certains prix correspondent à un appareil qui porte presque la même référence que celui que vous avez sélectionné, à un chiffre ou une lettre près. Effectivement, ce prix est plus avantageux que celui indiqué par le banc d’essai. Alors, s’agit-il du même ? Renseignement pris, il s’agit de la génération antérieure, qui n’est plus fabriquée depuis trois semaines, de plus, celui qui est passé en banc d’essai n’est pas encore disponible...
Vous recherchez alors un exemplaire d’une revue qui a testé l’appareil en question, ce qui vous amène à découvrir, au détour d’une page, qu’il existe un appareil concurrent au même prix, mais bien plus performant, d’après le banc d’essai que vous n’aviez pas lu lors de votre précédente recherche. Pris d’un doute affreux, vous vous mettez en quête de tous les exemplaires de toutes les revues Home Cinéma de la dernière année. Vous épluchez également les forums Internet pour trouver des commentaires d’utilisateurs, et les revues étrangères On-line.

Les semaines passent... les yeux cernés et le teint livide, vous concluez que vous ne savez plus du tout où vous en êtes.
Quelques mois après, vous avez fini par aboutir à une "shopping list" qui va vous permettre de passer commande, via Internet ou par téléphone, et de vous faire livrer les précieux composants à domicile. Ceci va prendre quelque temps, car toutes les officines de vente par correspondance ne tiennent pas en permanence des stocks de tous les produits qu’ils ont en catalogue.
Si vous vouliez avoir votre installation "pour Noël", sachez d’avance que c’est raté : La fin de l’année est aussi la période des plus fréquentes ruptures de stock.

D.I.Y. (Do It Yourself)
Quelques temps après... Vous avez fini par recevoir tous les composants de votre installation, enfin ! Vous en profité pour vous libérer un week-end, pour procéder à l’installation. Vous retroussez les manches, et c’est parti...

Bon, comme la coutume l’exige, vous allez rencontrer la loi de Murphy, vous savez, celle qu’on surnomme aussi la "loi de l’emmerdement maximum".
Vous commencez par décider de l’emplacement des différents composants dans votre pièce, parfois au prix de délicates négociations avec votre douce moitié. Vous sortez de la cave tout l’outillage dont vous pensez avoir besoin, commencez à percer, placer des chevilles, poser des goulottes, puis... les choses ne se passent pas exactement comme prévu. Il faut improviser, contourner des obstacles, bref, rien d’insurmontable, en réalité, puisque l’installation prend beaucoup plus de temps que vous n'auriez imaginé.


Arrive la fin du week-end, et le premier appareil n’est pas encore déballé du carton. Le living-room ressemble à un chantier, et votre moitié, un peu moins douce, se montre comminatoire quand elle vous explique qu’il faut ranger tous les outils et remettre un peu d’ordre dans la pièce au moins jusqu’au prochain week-end.
Vous patientez une longue semaine avant de pouvoir reprendre vos chers travaux. Entre temps, vous allez vous procurer tous les câbles nécessaires au raccordement des différents appareils.
Là, la terre s’ouvre sous vos pieds : vous découvrez avec horreur que les nombreux standards audio et vidéo correspondent chacun à un type de câble différent. Il va falloir faire des choix de standards et de câbles en même temps, sans vraiment avoir compris les tenants et aboutissants.

Vous replongez dans la lecture de vos magazines, cette fois aux rubriques d’informations techniques, évitant sagement les bancs d’essais. Quand vous pensez avoir, à peu de choses près compris, c’est dimanche après-midi, et il vous est impossible d’aller acheter des câbles.
Tiens, concernant le déballage dans le salon, votre épouse vous souligne qu’elle a été extrêmement patiente... Jusque là !
Une semaine passe... Le samedi matin, vous courez chez le premier revendeur d’Audio/Vidéo ouvert avec votre liste de câbles. Le vendeur vous accueille avec un air sceptique : "Un câble YUV de 10 m, et un câble S-vidéo de 10m !? Mais mon pauvre Monsieur, je ne sais pas ce qui restera de votre signal vidéo après 10m ! Moi, ce genre de câble, je n’en vends pas au-delà de 3m".
Dans ce cas, soit ce vendeur ne connaît rien à la vidéo, soit il n’a que des câbles de 3m en stock et gère au mieux ses intérêts, ndlr.
Déstabilisé par l’aplomb de votre interlocuteur, vous remettez en question l’implantation physique de votre installation. Impossible de déplacer le projecteur, donc il faut rapprocher l’amplificateur et les sources (DVD, Décodeur satellite, le magnétoscope). Tout va donc devoir être au plus près du projecteur, c’est à dire au milieu du mur ou aucun meuble n’était prévu.
Vous refaites mentalement toute l’implantation, en urgence. Aimable, le vendeur cherche à vous aider. Il vous fait remarquer qu’avec la "nouvelle" implantation, la longueur des câbles allant de l’amplificateur aux enceintes principales sera bien trop longue, entraînant une résistance parasite excessive. Sauf si on utilise du câble Blue Golden Hawk MK 12, évidemment...
Le petit détail est que ce câble est vendu au prix de 140 Euros/m, et que la distance ampli/enceintes frontales (augmentée du fait de votre nouvelle implantation) implique 27 m de ce cher câble. En ajoutant le prix de tous les autres câbles, vous arrivez à un total dépassant 5000 Euros, ce qui explose totalement votre budget. Vous dites au vendeur que vous allez réfléchir, et quittez le lieu avec un nuage noir, pluvieux et orageux dans la tête.

Il va falloir maintenant vous renseigner sur les câbles, les standards audio analogiques, numériques, vidéo. Consolez-vous, sans le savoir, vous avez évité le pire ! En effet, le pire eût été d’écouter le vendeur incompétent, de dépenser une somme équivalent au tiers du budget de votre installation pour finir par placer un rack d’appareils audio vidéo à un endroit qui dérange franchement dans votre salon, et déclenchant ainsi un conflit familial sans précédent...


Quelques mois plus tard, votre système est installé, raccordé, et tous les appareils fonctionnent. Ouf ! Votre épouse est au bord de la crise de nerfs mais çà va aller mieux, et votre moral revient.
Les enceintes principales encadrent l’écran, un peu à l’écart des bords pour préserver l’angle d’écoute de 60°, l’enceinte centrale est sous l’écran, sur un support, les enceintes arrières respectivement sur une étagère de la bibliothèque et sur la table basse du téléphone, quant au subwoofer, il est derrière le canapé. Une niche à côté de la cheminée a reçu deux petites étagères pour recevoir les sources et l’ampli –vous avez d’ailleurs beaucoup galéré pour tout raccorder, l’arrière des appareils étant peu accessible- et finalement tout est branché.
Il reste juste à peaufiner quelques réglages, et vous aurez un Home Cinema fin prêt à fonctionner.
Le réglage du vidéoprojecteur semble aussi simple que celui d’un téléviseur, il s’agit d’un LCD . Vous poussez le niveau de contraste, pour avoir une image qui "claque" bien, vous poussez la netteté parce que vous n’aimez pas que ce soit flou, vous baissez la saturation parce que ce n’est jamais bon de saturer un appareil, vous zappez le Keystone parce que vous ne savez pas ce que c’est, puis vous commutez en 16/9. Voilà !

Il faut ensuite configurer le processeur/amplificateur en fonction des enceintes. Le problème, c'est que le mode d’emploi étant écrit dans un charabia pseudo-français est franchement incompréhensible.
Retour aux magazines. Là, rien... pas une ligne sur les indications figurant au dos de votre ampli-préampli-processeur-tuner. Vous trouvez des commandes permettant de choisir une fréquence de coupure du subwoofer, une fonction "Cinema Re-Eq", un réglage de niveau "LFE-MIX", et évidemment une fonction "Speaker Setup" vous proposant des commutations "Off / Large / Small" pour chaque canal, une indication de distance des haut-parleurs indiquée en "ms" (distance par rapport à quoi, au fait ?).
D’autres fonctions compliquent un peu le tableau, avec une sélection de sources et une sélection de formats audio affectés à chacune des sources ; puis une sélection de modes dits "DSP" portant de jolis noms comme "Arena" " Jazz club" "Concert Hall" "Church", ce qui est évocateur puisque vous parlez anglais, mais ne vous indique pas lequel choisir....

Bon, le mieux c’est peut-être de mettre un DVD, et de voir ce qui se passe.

Quelques jours plus tard, vous avez enfin une image de proportion normale (vous avez découvert la fonction 16/9 dans le menu "Setup" du DVD), vous avez du son qui sort (pas toujours de toutes les enceintes, mais çà dépend aussi du DVD), et fier de vous, vous faites admirer à votre famille la première projection sur grand écran.

Il est bien possible qu’au fil des mois, vous recommenciez de plus en plus souvent à regarder la télé...

L’écran: comment le moins cher des composants (sauf quelques exceptions) est la clé du système.
L’écran, dans certaines installations, n’existe même pas : On projette l’image sur un mur blanc.
Parfois, des revendeurs offrent l’écran pour l’achat d’un vidéoprojecteur... D’ailleurs, on commence à trouver des écrans de taille respectable (2m, 2m40) dans certains hypermarchés à des prix canons.

Exemple l'écran éléctrique 4/3

Bien sûr, l’écran doit être enroulable. C’est évident. Autrefois, quand on projetait des diapositives ou quand votre grand’ père organisait une projection en 8mm, on sortait l’écran du placard, et on le déroulait. Pourquoi faire autrement?

Ensuite, il doit avoir du gain. Aujourd’hui, on sait faire des écrans avec du gain qui ne coûtent pas plus cher, alors pourquoi s’en priver ?
Pour la taille, on choisit en fonction de sa propre préférence (beaucoup trop grand, ou ridiculement petit), et pour le format on prend du 4/3 parce que la majorité des émissions de télévision sont en 4/3. On rigole intérieurement en pensant à ceux qui, certainement abusés par des vendeurs peu scrupuleux, dépensent plusieurs milliers d’Euros dans l’achat d’un écran.

Bien sûr, certains vous diront que c’est sur l’écran que se matérialise l’image, et donc que çà devrait être important. D’autres encore vous diront que les écrans bon-marché enroulables sont rarement plans et parfaitement rectangulaires. Il y en a même qui disent que la taille de l’écran influe sur le positionnement et le choix des enceintes.
Vous entendez même quelques aberrations du genre "les écrans doivent avoir une bordure noire" ou pire "on a un meilleur rendu avec des écrans gris, à gain inférieur à 1". Cà, vous êtes sûr, c’est vraiment n’importe quoi !
Mais le comble, c’est quand un ami vous a dit que le mieux, c’était un écran trans-sonore, et qu’il fallait placer les enceintes derrière, comme au Cinéma !
Pour rappel: Ce n’est pas un Cinéma que vous installez chez vous, c’est un Home Cinéma ! Çà n’a rien à voir. Heureusement, vous faites la sourde oreille à ces racontars sans intérêt, qui ne peuvent émaner que d’esprits jaloux cherchant à vous déstabiliser.

Le boulet de la Hi-Fi
Beaucoup de revendeurs Home Cinema étaient jusque récemment des revendeurs de Hi-Fi, et il en va de même pour de nombreux journalistes.
Les amateurs eux-mêmes sont souvent des passionnés de Hi-Fi qui ont évolué. Ne parlons pas des constructeurs ! Rares sont les marques de matériel audio pour le Home Cinema qui ne viennent pas de la Hi-Fi, et la plupart continuent cette activité.
La Haute Fidélité, après plus de quarante ans d’existence, a su installer ses habitudes, ses codes, son langage et créer un type de rapport entre les différents acteurs du marché. Les maîtres mots en Hi-Fi sont "musicalité" et "micro-informations". Traduction, pour le béotien : Ces termes résument en un art très abouti de rendre aussi plaisante et émotionnelle que possible l’écoute de CD audio, qui sont des produits avant d’être des supports de musique.

- La première règle pour un CD audio est d’être écoutable sur un "Ghetto Blaster", dans une voiture ou sur tout "music center" à 100 Euros vendu dans toutes les grandes surfaces. Ceci implique une impitoyable compression de la dynamique au moment du mixage final, avant la gravure.
- La deuxième règle est de servir de support à de la musique
- La contrainte est de ne comporter que deux canaux, pour des raisons "technico-historiques".
A partir de ce support, faire la différence avec les matériels de consommation de masse devient la raison d’être des ensembles de Haute Fidélité. On a fini par s’éloigner sensiblement du but initial de la stéréophonie de Haute Fidélité, qui était de s’approcher autant que possible de l’illusion auditive du concert.

Donc, sur un support 5.1 associant une image, il est évident que la musicalité est le critère essentiel pour reproduire une rafale de mitraillette... Pour l’entrée du train en gare, focalisez-vous sur les micro-informations. Et surtout, n’oubliez pas que les enceintes gauche et droite (dans lesquels aucun dialogue ne passe directement sauf effet très spécial et très exceptionnel) sont les principales !
Maintenant, essayez une approche audiophile sur le câblage et les pointes de découplage, pour un système Home Cinema en 7.1 avec 3 sources audio-vidéo, et 3 standards de signaux vidéo...
La partie comique est que la goulotte qui arrive au vidéoprojecteur risque d’être plus grosse que l’appareil. Moins drôle est l’addition, qui double facilement le coût de votre installation.
C’est bien pour çà que beaucoup de "Hifistes" purs et durs ( Du genre: "s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là...") méprisent ouvertement le Home Cinema. Leurs recettes magiques sont inapplicables, et çà, c’est pire que tout.

Mais après tout, comme écrivait un journaliste dont je n’ai pas noté le nom: "La meilleure solution pour commencer dans le Home Cinema est de partir de sa chaîne Hi-Fi et d’y ajouter... " Comme je suis d’un naturel bienveillant, j’ai même oublié le nom de la revue qui a publié çà.

Le projecteur, centre de toutes les attentions
Le projecteur vidéo a un rôle particulier dans la psychologie de l’amateur de Home Cinema : Il symbolise le saut à la fois qualitatif et quantitatif qui se fait quand on passe à la grande image. Souvent, sur les salons-expositions de Home Cinema, on trouve une grande proportion de public qui se renseigne sur les vidéoprojecteurs, déclarant : "je suis là pour l’image".
Dans l’esprit de beaucoup, l’image égale le vidéoprojecteur. Certaines notions comme la taille de l’image, la nature et la qualité de l’écran, sont absentes de leur réflexion. Il faut dire que les choses évoluent vite dans ce monde de la projection vidéo : Les performances crèvent des plafonds tous les jours, des machines pesant plus de 100 kg et coûtant 150 000 F il y a trois ans sont aujourd’hui dépassées par des joujoux tenant dans la poche vendus 4 000 Euros.


A gauche 80 Kilos à droite 3 kilos...
La lecture des bancs d’essais dans la presse laisse également perplexe: Les progrès technologiques sont toujours accueillis avec enthousiasme par les essayeurs, et s’ils se retrouvent simultanément sur plusieurs machines, rien ne laisse entendre que l’une est un peu moins géniale que l’autre (à part le nombre de connecteurs disponibles).
Il est arrivé que deux projecteurs identiques, fabriqués par le même constructeur, mais vendus sous deux marques différentes soient essayés par le même journaliste dans le même numéro, sans que leur origine commune ne soit révélée !
Donc, pour reprendre la suite de l’article publié par le journaliste dont j’ai oublié le nom (voir paragraphe précédent), "La meilleure solution pour commencer dans le Home Cinema est de partir de sa chaîne Hi-Fi et d’y ajouter un vidéoprojecteur..."
On pourra envisager de passer au son multicanaux l’année prochaine, par exemple. Ou encore d’équiper son téléviseur d’un pack Home Cinema, et d’utiliser le projecteur avec la chaîne Hi-Fi (l’ennui, c’est de décâbler et recâbler le lecteur de DVD à chaque fois qu’on passe de l’un à l’autre).
Et si vous ne suivez pas ces conseils, vous avez gagné le droit de lire la suite...

Après tout, je ne suis pas plus bête qu’un autre !
Oui, çà c’est vrai. Après plusieurs semaines de vraies galères, après avoir explosé votre budget, sinistré pas mal de week-ends, frôlé le divorce, vous avez enfin un Home Cinéma, le vôtre, à vous, chez vous ! Bravo.
Vous passez des DVD avec un petit pincement au cœur, flottez dans les airs, commencez à percevoir ce qu’est le Nirvana (non, pas le groupe mais celui de la mythologie Hindoue). Puis, au fil des semaines, la vie reprend avec son train-train. Vous n’avez pas toujours le temps de brancher votre système, le soir. En plus ce n’est pas très pratique de débarrasser la table pendant les pubs dans l’obscurité ! Alors, vous regardez plus souvent la télé.
A propos de l’enceinte centrale, qui gêne le passage, votre épouse vous susurre avec énormément de diplomatie qu’on pourrait la ranger quand on n’utilise pas le Home Cinema, "on la remettra quand on regardera un film..."
Un collègue de travail, un jour, se met à parler avec enthousiasme de son système Home Cinema, vous parlez du vôtre. Curieux, vous acceptez son invitation à voir son système. Chez lui, vous ne voyez rien, sauf quelques appareils électroniques à demi dissimulés dans une sorte de bibliothèque et une télécommande de grande taille sur la table basse. Votre hôte tape deux petits coups sur la télécommande, et les lumières baissent tandis qu’un rideau se déplace, dévoilant un écran d’environ 2m au format 16/9.
Il va alors jusqu’à la bibliothèque, charge un DVD dans le lecteur, et touche à nouveau la télécommande.
Un vidéoprojecteur dissimulé dans une corniche du plafond se met en marche. Après les avertissements légaux de rigueur, le film commence. Et là, vous êtes vraiment "scotché". L’image est impeccable, nette, contrastée, fluide et parfaitement cadrée. Le son est puissant, enveloppant, précis, et parfaitement synchronisé avec l’image. Quand un acteur parle, le son semble réellement sortir de sa bouche. Mais, au fait, où sont les enceintes, on n’en voit aucune ?
Après cette brève démonstration, vous êtes vert. Vous avez réellement été plongé dans le spectacle pendant quelques minutes, et vous n’avez jamais éprouvé çà chez vous sur votre système.



Vous demandez -maintenant plus envieux que curieux- combien votre interlocuteur a dû débourser pour cette merveille. 18 000 Euros environ, répond-il. Là, c’est le coup de grâce : votre système vous en a coûté presque 20 000 ! En continuant la conversation, vous apprenez que son système a été installé en quelques jours par une société spécialisée dans l’audiovisuel professionnel, pendant que votre hôte était tranquillement en vacances...

CONCLUSION
Le Home Cinema, çà ne marche pas, sauf des fois. Il n’y a là rien de magique, il y a juste une somme de connaissances et un peu de bon sens à avoir pour le faire marcher. Si vous n’avez pas ces connaissances, ne faites pas l’économie de vous passer de ceux qui l’ont, faites preuve de bon sens.
Beaucoup plus complexe que la Hi-Fi à mettre en oeuvre, le Home Cinema souffre particulièrement de l’acharnement qu’ont beaucoup à lui appliquer les recettes propres à cette dernière.
Si on veut absolument importer des recettes venant d’une technologie voisine, pourquoi ne regarderait-on pas tout simplement du côté du cinéma ?

A suivre...

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