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Le Home Cinéma ça ne marche pas : Partie 4

4 août 2005


Que faire pour que ça marche?

Le projecteur vidéo est l'élément qui a le plus de poids dans la qualité propre de l'image, mais souvent aussi dans le budget d'une installation. C'est aussi l'élément dont l'acquisition comporte le plus de risques.
Cela mérite réflexion, non?
Nous allons examiner ces projecteurs, mais aussi leur partenaire indispensable, qui mérite le surnom de "clé de voûte" d'un système: L'écran.

Les types de vidéoprojecteurs

Beaucoup d'articles ont déjà été écrits sur ce sujet hautement sensible, et vous, cher lecteur, êtes déjà certainement très bien documenté. Je vais donc m'abstenir d'une fastidieuse exploration des technologies, pour aller directement aux indications pratiques Les vidéoprojecteurs disponibles sur le marché appartiennent à quatre catégories principales qui présentent tous des avantages et des défauts.

Les tri-tubes

Sont les plus classiques des vidéoprojecteurs. Ils se sont popularisés dans les années 80 (du siècle dernier), grâce à Barco, qui leur a même donné un nom générique dans les milieux professionnels.
Tributaires d'un réglage complexe, ils projetaient souvent une image de mauvaise qualité due à l'incompétence de l'installateur (j'en ai entendu un se vanter d'installer et régler un tri-tubes en 20mn!). Par voie de conséquence, ils se sont fait une mauvaise image…de marque!
Depuis, les technologies se sont largement perfectionnées, et les installateurs de Home Cinéma capables de régler les tri-tubes se sont également perfectionnés. A tel point qu'aujourd'hui, les tri-tubes haut de gamme qui restent sur le marché (Barco, Vidikron, Crystal-View) sont capables de produire des images totalement irréprochables. Le sans-faute intégral! La qualité de l'argentique, avec de meilleurs noirs, et sans les défauts mécaniques de la pellicule!
Bref, le rêve (si votre écran est à la hauteur, évidemment).
Le Hic, c'est le budget… Typiquement, c'est deux à trois fois le budget typique d'un système Home Cinema moyen-haut-de gamme complet, installé. Ou le budget d'un gros 4 x 4.
Si l'argent, pour vous, n'est pas un problème, l'encombrement pourrait vous en poser un: le Crystal View CV-2 (45 000$) mesure 74 x 53 x 97 cm et pèse 66 kg.
Il y a encore pire…
Ces produits sont toujours installés par des professionnels, le réglage n'est donc pas de votre ressort. Sauf qu'il faut prévoir de le faire re-régler environ tous les 6 mois par ledit professionnel.
Le top de l'image est à ce prix.

Les LCD


Les projecteurs à une ou trois matrice(s) LCD abondent sur le marché de la projection professionnelle. C'est la solution la plus simple et la moins chère pour projeter une grande image. On trouve aujourd'hui des projecteurs d'une puissance raisonnable à environ 2 000 €.
Sauf que…
Avec ces projecteurs, les noirs (comme les autres couleurs) sont obtenus par des cristaux traversés par de la lumière. Donc, si la lumière passe, c'est que ce n'est pas noir. Élémentaire, mon cher W…
Le problème avec des noirs un peu gris, c'est que les scènes sombres des films ressemblent à des ombres chinoises: Au dessous d'un certain niveau de gris, tout ce qui est compris entre ce niveau et le noir est uniformément gris, formant une masse dont on ne distingue que le contour…
Dans cette gamme de prix, les fabricants se soucient avant tout du marché de la projection informatique portable, Les matrices sont donc le plus souvent au format 4/3, ce qui fait qu'au format 16/9, on utilise simplement moins de pixels. Les couleurs sont rarement justes (certaines déviations de colorimétrie permettent de tirer la luminosité vers le haut) et les bruits de ventilation importants.
Vous trouverez des LCD biens plus performants, avec des noirs presque noirs, des taux de contraste de l'ordre de 600:1, des matrices 16/9, des couleurs justes et un traitement des signaux vidéo de bonne facture.
Mais le prix est plutôt de l'ordre de 5 000 €. A ce prix, regardez également les DLP, qui ont aussi beaucoup progressé.
Les derniers développements dans le domaine LCD utilisent la réflexion de la lumière en complément de son passage à travers un cristal (LCos). Cette technologie promet de meilleurs niveaux de noirs, mais à un prix plus élévé. Et on est encore loin des performances du tri-tubes…

Les DLP
Comme les LCD, les DLP utilisent des pixels fixe, alignés sur une matrice 4/3 ou 16/9. Cependant, ils fonctionnent par réflexion de la lumière sur des micro-miroirs mobiles, qui redirigent la lumière alternativement vers l'objectif, puis vers un absorbant noir.
L'intérêt est que, théoriquement, il est possible d'obtenir de vrais noirs: Si le pixel est totalement orienté vers l'absorbant noir, aucune lumière ne passe à travers.
Le problème est qu'elle passe… À côté!
En fait, la lumière "bave "un peu, ce qui fait que le niveau de contraste obtenu varie entre 400:1 pour les produits d'entrée de gamme et 2000 :1 (Quand même!) sur les modèles haut de gamme les plus récents.
On commence donc à avoir des noirs tout à fait acceptables, des dégradés de gris suffisamment riches, et de bonnes définitions (WXGA) pour des écrans jusqu'à 2.5m de base. Les niveaux de luminosité cartonnent autour de 2000 Lumens ANSI, mais les lunettes de soleil ne sont pas fournies avec l'appareil. Le défaut traditionnel des DLP à une seule matrice reste un dégradé arc-en-ciel des couleurs que certains perçoivent, d'autres pas lors des mouvements de la tête. Ce dégradé est perçu uniquement par ceux qui bénéficient (est-ce un bénéfice?) d'un temps de réponse rétinien supérieur à la moyenne. Ce n'est pas mon cas, je n'ai rien vu, on m'a juste raconté….
Donc, la parade technique à ce défaut a été trouvée: On utilise une roue de codage des trois couleurs à 6 segments au lieu de trois, et on la fait tourner deux fois plus vite. Élémentaire, mon cher…Rappelez-moi votre nom, déjà?
Le problème est donc résolu pour à peu près 95% des sujets, mais il en reste qui ont des rétines de course, encore sensibles au problème.
Pour eux, la réponse est dans le LCD haut de gamme ou, évidemment, le tri-tubes.
Les autres défauts classiques des DLP viennent essentiellement de la plus ou moins bonne facture du produit, et sont donc également dépendant du prix. On trouve des DLP acceptables pour de petites images à partir d'environ 3 400 €, et des produits très agréables à regarder à partir de 8 000 €.
Une exception se place au-dessus de la mêlée: Le Barco CineVersum, un DLP deux fois plus cher et trois fois mieux… A ce niveau, on peut hésiter entre son image et celle d'un tri-tubes de 8 pouces.

Les Di-LA


La technologie à amplification de lumière a ceci de particulier qu'elle appartient à une seule marque: JVC-Hughes.
Ces projecteurs haut de gamme ne donnent pas une image aussi belle que les meilleurs tri-tubes, mais offrent un bon contraste, et une définition supérieure à la plupart des matrices à pixels fixes (SXGA).
Un peu bruyants, au format 4/3, ils en sont pas exempts d'inconvénients. Cependant, ils produisent des images détaillées, contrastées et fluides qui ont leur place quelque part entre le DLP et le tri-tubes.

En résumé, si vous disposez de place, d'un très gros budget, et êtes maniaque de l'image, prenez un tri-tubes 9 pouces.
Si vous ne remplissez-pas l'une de ces conditions, regardez d'abord les DLP, et faites votre choix par comparaisons. Si les DLP vous posent problème, si vous avez un budget important, regardez les Di-LA. Si votre budget n'est pas à cette hauteur, orientez-vous vers les tri-LCD situés à environ 5000 €..
Fuyez les LCD d'entrée de gamme, c'est le meilleur moyen de vous offrir une grosse déception!

Un autre problème mérite d'être soulevé: Certains fabricants de LCD et/ou de DLP, mettent sur le marché, pressés par les progrès de la concurrence (et leur service marketing), des produits dont la fiabilité n'est pas acquise.
Beaucoup de séries entières de vidéoprojecteurs sont tombées en panne dès les premiers mois d'utilisation.
La meilleure parade est de ne pas se précipiter sur la dernière nouveauté, mais d'attendre que le produit ait été quelques mois sur le marché, pour pouvoir obtenir des informations (merci, les forums).

Des caractéristiques apparemment secondaires, pourtant essentielles

Les deux caractéristiques systématiquement mises en avant par les fabricants de vidéoprojecteurs sont la luminosité et la résolution. Une résolution élevée reste utile pour les écrans de grande taille, mais aujourd'hui toutes les luminosités des petits produits à pixels fixes d'entrée de gamme dépassent très largement les besoins des utilisations en Home Cinema.
Beaucoup plus intéressante est l'aptitude du vidéoprojecteur à faire tenir l'image dans votre écran…

-4/3 ou 16/9?
Un écran sans bord noir avec une image qui déborde ou qui ne le remplit pas est largement plus néfaste (Beurk!) qu'une résolution au format inférieur à ce que vous trouvez chez un autre projecteur de même budget.


La première condition pour apprécier une image est d'avoir une image qui, dans le format qui importe le plus pour vous, colle exactement à la taille de l'écran.
Beaucoup d'utilisateurs privilégient le 4/3 à partir du raisonnement suivant:
-Si j'ai une image 4/3, elle tiendra dans l'écran,
-Si j'ai une image 16/9 ou 2.35, elle tiendra avec des bandes noires horizontales,
-Si j'ai un écran 16/9, l'image 4/3 va déborder en haut et en bas.

Ce raisonnement était tout à fait pertinent jusqu'à il y 3 ans environ, sauf pour ceux qui avaient la possibilité d'utiliser un tri-tubes: Les projecteurs à pixels fixes projetaient dans leur format natif, et tout format vidéo différent était simplement réduit par non-activation d'une partie des pixels, qui restaient noirs… enfin gris. Aujourd'hui, certains projecteurs bénéficient de différentes fonctions de réduction ou d'agrandissement d'image. Ceci permet de passer du 16/9 au 4/3 en gardant la hauteur constante, et non la largeur constante. On obtient donc une image 4/3 plus petite que l'image 16/9.
Pourquoi faire?
C'est très simple : à une exception près, il y a fort longtemps que les films ne sont plus en 4/3. Ce format ne concerne plus que ce qui est fait pour la télé et les ordinateurs. Or, vous souvenez-vous du surnom de la télé? "Le petit écran"
En fait, regardez de plus près la façon dont sont filmés les téléfilms, les JT, les jeux télévisés. Vous remarquerez que la façon de filmer privilégie systématiquement les gros plans, et ceci pour une raison bien précise:
L'essentiel, c'est-à-dire les acteurs, doit être visible sur un petit écran.
Rien à voir avec le cinéma, où une foule de détails sont visibles sur les côtés de l'image. Le problème, c'est que quand cette image est réduite au format télévision, elle est encore réduite en hauteur pour tenir dans la largeur de l'écran. Non seulement on ne voit plus du tous ces détails, mais on discerne tout juste l'essentiel.
Il est donc parfaitement logique que les images 4/3, qui sont faites pour êtres diffusés sur un écran plus petit que celles des autres formats, soient restituées plus petites.
Et non l'inverse!
Donc, si vous êtes un fondu de jeux vidéo sur consoles, le choix d'un écran 4/3 est justifié.
Par contre, si vous êtes amateur de cinéma, choisissez plutôt un écran 16/9, ou même 2.35, et vérifiez bien que votre projecteur dispose d'une fonction de réduction d'image qui permette de conserver la hauteur constante en changeant de format.

-Keystone
Un autre élément est à prendre en compte: Si la position de votre projecteur et celle de votre écran fait que vous devrez avoir recours à une correction de trapèze (keystone), sachez que l'image projetée n'aura plus le format initial. En effet, le projecteur projette une image respectant rigoureusement les formats 4/3, 16/9 ou celui du film original quand la correction de trapèze n'est pas activée.



Cette correction se fait toujours par la réduction de l'image dans l'une seulement de ses dimensions, ce qui implique, évidemment, que les proportions soient modifiées d'autant.
Donc, si l'angle d'offset de votre projecteur à pixels fixes (ceci ne concerne pas les tri-tubes, avec lesquels on fait vraiment ce qu'on veut) fait que l'axe de projection ne passe pas par le centre de votre écran, il faut adapter la taille de celui-ci, ou au moins déplacer ou modifier les bords noirs verticaux pour "coller" exactement à la largeur de l'image.

-Réglages
Tous les vidéoprojecteurs offrent des possibilités de réglages. Certains sont limités à ceux qu'on trouve sur un téléviseur : Contraste, luminosité, saturation, teinte en NTSC, et "netteté"ou "sharpness", commutation 16/9-4/3. D'autres bénéficient de réglages plus avancés. Si c'est le cas, procurez-vous les DVD "Video Essentials", et vérifiez les réglages d'usine. En général, vous avez quelques réglages standard mémorisés, et un réglage "custom". Si les réglages d'usines ne passent pas tous les tests, essayez de les passer en "custom" avec vos propres réglages. En général, ceux-ci portent sur la colorimétrie, le gamma et éventuellement les niveaux de noirs par couleur.
C'est tout de même bien, dans ce cas, d'avoir recours à un professionnel…

-Bruit
Le niveau de bruit d'un vidéoprojecteur peut être gênant pendant les séquences les plus silencieuses. Pour l'évaluer, il n'est pas utile de regarder la documentation, qui affiche une mesure en décibels, sans jamais préciser la plage de fréquences. Un bruit de 30 dB en dessous de 200 Hz passera inaperçu dans la plupart des environnements domestiques. Le même niveau à 2 kHz sera carrément insupportable!
Il est donc difficile d'évaluer d'après une documentation si un projecteur va être perçu comme bruyant ou non.
Faites attention à une chose: un niveau de bruit est peu perceptible dans l'absolu, mais en relation avec un bruit de fond. On ne perçoit guère le bruit ambiant (ou alors c'est grave, il faut vite déménager); On perçoit en fait la différence de niveau entre un bruit particulier et le bruit ambiant. Souvent, les lieux de démonstration des vidéoprojecteurs sont bien plus bruyants que votre salon. Alors, faites très attention, ou essayez de vous faire démontrer un vidéoprojecteur dans un auditorium particulièrement calme.

-Halo gris
Eh oui, si votre choix se porte sur un projecteur à pixels fixes, vous aurez en prime, avec l'image, un halo de lumière autour. Gratuitement, de surcroît…
Le hic, c'est que vous vous en seriez bien passé.
Le problème maintenant est de s'en débarrasser.
La première chose à faire, c'est d'adopter un écran avec un bord noir, évidemment. Il y a de fortes chances cependant que le halo gris soit plus large que votre bord noir, et soit réfléchi par le mur du fond. Qu'à cela ne tienne, on peindra le mur du fond en noir.
Si le Home Cinéma est installé dans votre living room, je n'ose imaginer l'influence de cette décision sur les relations avec votre douce moitié (d'ailleurs, est-elle si douce?).
Pour éviter d'avoir recours à ce fatal pot de peinture, vous pouvez intégrer la (non) visibilité du halo gris dans vos critères de sélection du vidéoprojecteur. Au fait, tant que vous y êtes, regardez si le projecteur émet de la lumière uniquement par son objectif. S'il en émet également par une grille de ventilation, vous devrez prévoir quelques aménagements supplémentaires.

En résumé, le choix d'un vidéoprojecteur n'est pas vraiment simple…Nous allons voir que la meilleure approche n'est pas de commencer par celui-ci, mais plutôt de se laisser guider par son degré de compatibilité avec le reste.

Salle dédiée ou non?

Même si un vidéoprojecteur est portable, il ne faut jamais simplement le poser sur une table basse au moment de l'utiliser. Pour donner satisfaction, il doit être fixé, et de préférence au plafond pour ne pas encombrer l'espace au sol. Cela dit le type de projecteur interagit avec son emplacement:
Un tri-tubes, lourd et encombrant, ne risque pas d'avoir été déplacé s'il est au sol. Pour éviter de shooter dedans, on le dissimule généralement sous une table basse.
Si le plafond le permet, (solidité, hauteur), c'est quand même la meilleure solution. Mais attention de ne pas se planter sur le positionnement! Dans une salle dédiée, un projecteur lourd et encombrant sera facilement acceptable. Dans un salon, c'est une autre histoire…
Cela dit, certains intégrateurs réussissent des prouesses. Il faut dans ce cas prévoir un budget supplémentaire pour les décorations-motorisations et divers agencements requis.
Donc, retour à l'article précédent, la pièce est le premier élément à choisir. De ce choix découle un choix d'implantations. De cette implantation découle étroitement le choix d'un projecteur, mais aussi d'un écran et d'un système de son.

Quel budget?

Aîe! Voilà la question qui fait mal.
Un projecteur vidéo se paie entre 3000 € et 60 000 € (cas extrrrême, avec quadrupleur de lignes Faroudja).
Il est idiot de casser sa tirelire pour se payer le vidéoprojecteur dont on rêve, celui qui vous fait craquer, et de rogner ensuite sur tous les autres postes, notamment sur celui de l'écran.
Finement, dans certaines promos, des revendeurs proposent des vidéoprojecteurs avec écran "offert". Autant dire que c'est un écran pas très cher… Prenez le meilleur vidéoprojecteur tri-tubes, le meilleur quadrupleur de lignes du moment, et faites un réglage soigné sur un simple mur blanc.
Vous obtiendrez une image bien moins satisfaisante que celle fournie par un projecteur à 7000 € projetant sur un écran à 2000 €, si les choix sont bons. En ce qui concerne le vidéoprojecteur, les performances requises vont dépendre étroitement de l'écran choisi, notamment de sa taille.
De ce niveau de performances va dépendre son budget. Alors, une bonne idée est de préserver la cohérence de l'ensemble de l'installation. A la louche, j'estime pour ma part qu'un vidéoprojecteur doit typiquement représenter 30% du budget totale des composants. Ceci ne comprend pas les budgets d'installation, et éventuellement d'intégration, qui sont totalement variables en fonction du lieu à aménager.
Dans des installations très haut de gamme, ce budget peut avoir une proportion plus importante pour les maniaques de l'image (jusqu'à 50%). Mais dans les installations à budgets plus courants (> 20 000 €), donner une place plus importante au projecteur viendrait à compromettre la qualité des autres composants, et à déséquilibrer l'homogénéité de l'ensemble.

Quel écran?

L'écran n'est généralement pas un composant très onéreux dans un système Home Cinema.
Pourtant, c'est la clé de voûte du système.
Le choix de l'écran va très simplement déterminer le fait que votre système marche ou non.
Un écran est déterminé par les critères suivants:
-Dimensions
-Fixe ou enroulable
-Perméabilité au son ou non
-Format
-Présence de bords noirs, et géométrie de ceux-ci
-Planéité (pour les enroulables)
-Gain

Examinons maintenant ces critères un par un, pour faire le bon choix.

-Dimensions
Un néophyte va invariablement vouloir un écran trop grand, ou au contraire trop petit. Le choix des dimensions d'un écran est lié essentiellement à trois critères:
a) Le recul disponible dans la pièce. Les conditions idéales pour regarder un film sont à une distance comprise entre 2 et 3 fois la largeur de l'écran. Ceci précise déjà pas mal les choses.
b) La place dont on dispose pour installer l'écran. Attention, un écran ne doit pas occuper la quasi-totalité d'un mur! Les bords de l'écran doivent être éloignés des murs latéraux d'au moins un mètre, sauf si on accepte de corriger les problèmes acoustiques qui en découlent par un traitement approprié.
c) Le budget de l'installation. Si le budget pour l'écran lui-même n'est qu'une petite partie de celui de l'installation, ses dimensions sont capitales pour le choix des autres composants: Plus un écran est grand, plus le projecteur doit offrir une définition élevée, un contraste élevé, et une forte puissance lumineuse. De même, plus l'image est grande, plus le niveau sonore doit être élevé et le système de son puissant.
On peut dire que les performances du projecteur et la puissance acoustique (attention! Puissance acoustique= Puissance électrique x Rendement des enceintes exprimées en %) doivent êtres proportionnels à la surface de l'écran. Donc, si vous voulez augmenter par un facteur de 1.5 la largeur de votre écran, attendez-vous à augmenter votre budget d'un facteur 2.25 (en admettant que les caractéristiques des appareils soient proportionnelles à leurs prix).

-Fixe ou enroulable?
Un écran fixe est généralement moins coûteux qu'un écran enroulable. De plus, il offre une meilleure qualité et une meilleure fiabilité dans le temps, notamment au niveau de sa planéité.
Cependant, on ne peut le mettre partout: Dans une salle dédiée, il ne pose aucun problème, et c'est sans conteste le meilleur choix.




Dans un salon, soit on accepte de voir en permanence une grande surface blanche au milieu d'un mur, soit on réalise une intégration (meuble, masquage, rideaux).
Dans les autres cas, il faudra s'orienter vers un écran enroulable. De tels écrans ont l'avantage de disparaître dans leur carter quand on ne les utilise pas. Les mécanismes d'enroulement sont soit des ressorts axiaux qui se déglinguent vite, soit des moteurs qui sont tellement agréables…
Le surcoût d'un écran enroulable par rapport à un fixe est proportionnellement important quand on ne s'occupe que de l'écran, mais ramené au budget global de l'installation, c'est finalement assez peu pour que tout devienne possible…
Un inconvénient typique des écrans enroulables est que les bords "travaillent", se mettant en arc de cercle, ce qui a pour effet de donner une image non plane, plutôt en forme de selle de cheval.
A quel endroit faites-vous le réglage de focale du projecteur? Au centre ou sur les bords?
Certains fabricants prévoient des dispositifs de tension latérale, qui permettent d'assurer la planéité de l'écran. C'est évidemment une très bonne solution, mais le surcoût est important.

-Perméabilité au son
Là, on touche le critère essentiel de réussite d'une installation. Si un système Home Cinema met en œuvre un écran trans-sonore ou acoustiquement transparent (il y a une nuance), on ne peut être sûr qu'il marche, çà peut dépendre de bien d'autres facteurs,
Mais,
Si un système Home Cinema utilise un écran plein, non-perméable au son, on est certain qu'il ne fonctionnera pas correctement.
Comme ceci est le cas de 90% des installations, ce critère justifie le titre de cette série d'articles: "Le Home Cinema, çà ne marche pas" Raisonnons un peu: Aux débuts du cinéma, on savait faire du son. Mais comme on ne savait pas synchroniser le son avec l'image, on ne le faisait pas.
Vers les années 30, une innovation majeure allait bouleverser le cinéma: il devenait "parlant". Désormais, on savait donner l'illusion que les acteurs parlaient, ce qui fut un progrès fulgurant.
Techniquement, cela se résumait à utiliser la piste optique pour enregistrer le son, ce garantissait la même vitesse de défilement pour les supports du son et de l'image, à filmer un "clap" servant de balise à la synchronisation au début de chaque prise de vue, et à diffuser le son par une enceinte acoustique via la toile, l'enceinte étant placée derrière celle-ci exactement au centre.
Voilà!
Aujourd'hui, on le sait, tout çà est dépassé. Les techniques vidéo se sont développées, affinées, et ont poursuivi une évolution dans laquelle le son n'a pas sa place.
De son côté, la Haute Fidélité a également beaucoup progressé. D'une branche presque scientifique de l'électroacoustique, elle est devenue une quasi-religion très élitiste, qui ne se commet pas à accorder quelque considération à l'image. Alors, j'ai une idée pour faire un super système Home Cinéma qui contienne le meilleur du son et de l'image (un peu cher, évidemment):
-Faire une salle sombre, dédiée uniquement à l'image, avec le meilleur projecteur et le meilleur écran.
-A l'étage en dessous, on fait une deuxième pièce, dédiée uniquement au son, avec un traitement acoustique et le meilleur de la Hi-Fi dans un système 5+1.
-On pourrait placer les sources Audio/Vidéo sur une étagère à proximité de l'escalier qui relie les deux pièces.
Non?
Voilà un concept digne d'un péripataphysicien* (*pataphysicien qui s'ignore, qui est ignoré par ses pairs, ou les deux), sachant qu'un pataphysicien avéré eût poussé beaucoup plus loin le déconnage.
Ne décrochez pas, je reviens tout de suite au Home Cinema……



Un peu de bon sens ne faisant de mal à personne, redevenons sérieux. Pour une crédibilité du spectacle, il est indispensable que le son et l'image soient parfaitement synchronisés dans le temps et dans l'espace.
La synchronisation dans le temps se fait lors du mixage de la bande-son, qui est délibérément avancé de quelques millisecondes par rapport à l'image (en fait, c'est l'image qui est retardée, le calage étant relatif), pour que la distance moyenne écran-auditeur dans une salle de cinéma soit compensée. Un léger retard sur le signal sonore est appliqué sur les processeurs Home Cinéma de très haut de gamme, sachant que la distance écran-auditeur est moindre que dans les salles publiques.
Une inexactitude de cette synchronisation doit cependant être importante (plusieurs dizaines de millisecondes) pour être perceptible.
La synchronisation dans l'espace se fait naturellement au cinéma: Les dialogues sont intégralement mixés dans la voie centrale, et l'enceinte la diffusant est placée derrière l'écran, au centre. Ainsi, les dialogues émanent de l'emplacement où se trouvent le plus souvent les images des acteurs lorsqu'ils parlent. Simple et efficace…
Pour le Home Cinema, il suffit de faire pareil.
Pourquoi ne le fait-on que rarement?
a) Parce que les perforations d'un écran nuisent à la qualité de l'image. Ceci est vrai si on utilise les écrans de cinéma, faits pour êtres regardés à des distances de plus de 10m. Les écrans micro-perforés ou tissés ont éliminé ce genre de problèmes.
b) Parce que les écrans perforés nuisent à la qualité du son. C'est tout à fait vrai pour les écrans perforés, qui nécessitent un rattrapage laborieux à l'aide d'un égaliseur, et des ensembles enceintes/amplis procurant suffisamment de réserve d'énergie en aigu pour permettre ce genre d'égalisation sans distorsion excessive. Les écrans tissés apportent une solution radicale et efficace au problème: Ils se comportent acoustiquement à peu près comme une grille de façade d'enceinte acoustique.
c) Parce qu'au lieu de réfléchir, on fait comme les autres.

Les écrans perméables au son, même s'ils ne sont pas les plus performants, offrent toujours de meilleurs compromis que les écrans pleins: Il vaut mieux accepter tous les abominables défauts de certains écrans perforés que de subir la désynchronisation dans l'espace des images et du son.
La cohérence image/son est la clé de la satisfaction dans le spectacle produit par un système Home Cinéma, comme au cinéma d'ailleurs (mais là c'est tellement évident que personne n'en parle).

Mais aujourd'hui, on trouve pour des budgets très accessibles des écrans acoustiquement transparents en tissu, fixes ou enroulables motorisés. La quadrature du cercle est donc résolue… Ou presque!

Si on utilise un écran acoustiquement transparent enroulable, que l'on place une enceinte centrale ou les trois frontales derrière, cela marche fort bien. Mais lorsqu'on remonte l'écran, l'enceinte centrale doit-elle rester au milieu, devant la porte fenêtre qui donne sur le jardin?
Je vais de ce pas (non, de ce crayon) dessiner un plateau élévateur motorisé pour enceinte centrale. Non mais!

-Format
Les formats d'écrans sont typiquement 4/3 ou 16/9. Sur un écran enroulable standard, il est difficile d'envisager autre chose.
Sur un écran réalisé sur-mesure, il vous serait possible de corriger éventuellement les déviations de proportions provoquées par l'usage de la correction de trapèze, s'il y a lieu.
Pour des raisons que j'ai évoqué plus haut, je suis convaincu que les 16/9 est mieux adapté au Home Cinema, à l'exception des applications de jeux vidéo. Dans le cas d'installations fixes, il serait également possible d'utiliser un format plein-écran en 2.35 (Wow, quelle image!)
Il suffirait pour cela d'utiliser un projecteur calé sur sa plus grande taille d'image en 2.35, d'utiliser la réduction d'image pour conserver la même hauteur en 16/9 (on utilisera judicieusement des rideaux motorisés pour faire varier la position des bords noirs. Tiens, çà ne vous rappelle rien?), et pour les 4/3 on revient sur un bon vieux téléviseur.
Pensez-y…

-Présence de bords noirs
Non, je ne vais pas me lancer dans une Nième explication! Prenez uniquement des écrans à bords noirs, et puis c'est tout!
Vérifiez tout de même que les bords noirs sont rectilignes et parallèles, ce n'est pas toujours le cas!

-Planéité
Il est préférable que votre écran soit plat, çà tombe sous le sens. Un écran très légèrement concave, comme dans les très grandes salles de cinéma, peut avoir son intérêt. Mais il est uniquement possible de le réaliser en fixe, et nécessite impérativement l'emploi d'un projecteur tri-tubes. S'il s'agit d'un écran en PVC, même perforée, attention à l'influence acoustique d'un réflecteur concave! Mais dans tous les cas, un écran déformé est inacceptable.
Ceci ne concerne guère les écrans fixes, qui sont tendus sur un cadre rigide. Pour qu'ils soient déformés, il faut vraiment qu'ils soient de " très très " mauvaise facture. Les écrans enroulables, par contre, ont une furieuse tendance à se déformer en "selle de cheval", les bords latéraux s'arrondissant pour former des arcs de cercle perpendiculaires au plan général de l'écran.
Pire est l'effet inverse, les bords restant tendus, et le milieu de l'écran se mettant à pendre comme un ventre en mal d'abdominaux. Dans ce cas, arrêtez la bière… Le plus amusant dans tout çà, c'est que ces effets peuvent se produire avec le temps, et varier en fonction de la température et de l'humidité.
Donc, attention au produit.

-Gain
Il n'y a pas si longtemps, j'entendais dire partout dans la profession qu'il fallait que les écrans aient un léger gain, entre 1.2 et 1.5. Si j'objectais les éventuelles pertes de contraste et déviations de colorimétrie, on me répondait invariablement qu'il fallait quand même du gain, la preuve, c'est que les Américains utilisaient systématiquement des écrans avec du gain.
Mon âme impie sortait mortifiée de tels débats, incroyant que j'étais de ne pas vénérer Sainte Amérique!
Stewart Filmscreens vint heureusement à ma rescousse. Ils "inventèrent" l'écran gris, d'un gain inférieur à 1.
Voilà, maintenant les Américains ont dit qu'il ne fallait pas de gain, au contraire. Tout le monde dit comme eux (moi aussi, mais je l'avais dit il y a déjà quelque temps). Que serait-ce s'ils nous disaient d'aller faire la guerre?
Là, j'exagère, une telle chose est inconcevable.

Pour finir, un blanc mat de gain unitaire reste le meilleur choix avec un tri-tubes. Dans les autres cas (LCD, DLP, Di-LA) un gain très légèrement inférieur à 1 peut améliorer le contraste. Le fonctionnement en est directement inspiré de l'amélioration du rapport signal/bruit par réduction du gain des amplis de puissance dans les systèmes de sonorisation: Cette réduction de gain abaisse le niveau du signal et du bruit à la fois. Si l'on dispose d'assez de réserve de niveau sur le signal, on rattrape le niveau recherché en le poussant un peu, et le bruit a été abaissé.
Il en va de même avec le signal lumineux et le bruit lumineux (toute la lumière parasite). Ceci ne fonctionne évidemment qu'avec des projecteurs puissants, donc de préférence des mono-objectifs. D'ailleurs, ce sont ceux-là mêmes qui émettent le plus de lumière parasite.
Est-ce exprès?

Conclusion: Avant de vous précipiter sur le dernier vidéoprojecteur à la mode, prenez le temps de choisir un écran. Toute la réflexion que vous allez mettre dans ce choix vous guidera, par l'effet des interactions, à choisir tout naturellement votre vidéoprojecteur suivant de vrais critères d'utilisation. Si vous avez des doutes, consultez les professionnels...

-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 1
-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 2
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