Logo CineNowCineNow, votre quotidien hifi, vidéo, home-cinéma

Recevez nos actualités chaque semaine :

Le Home Cinéma ça ne marche pas : Partie 5

5 août 2005


Que faire pour que ça marche ?

Les enceintes acoustiques sont l'élément le plus déterminant pour la qualité globale du son. C'est aussi l'objet qui réunit les plus grandes polémiques, ignorances et obscurantismes. Je vous préviens, j'ai un avis très tranché sur ce sujet.

Le boulet de la Hi-Fi 2 (le retour)

Je suis incapable de dénombrer le nombre de constructeurs d'enceintes Hi-Fi , mais j'ai parfois le sentiment qu'ils sont plus nombreux que leurs clients. On dirait que concevoir des enceintes est un sport se jouant en "open".
La spécialisation des enceintes acoustiques dites "HiFi" vers la reproduction musicale domestique date environ des années 60. Auparavant, elles avaient à peu près toutes le même cahier des charges, à savoir la reproduction du son aussi fidèle que possible (c'était peut-être une bonne idée, non ?), avec des critères de puissance et de rendement variant selon l'application : On trouvait des enceintes puissantes à fort rendement en sonorisation, notamment pour les salles de cinéma, et des rendements et puissances moindres pour les applications de monitoring de studio ou domestiques.
La recherche de réalisme dans la reproduction sonore a amené le terme "Haute Fidélité", Hi-Fi en abrégé et en Anglais.
Par de mystérieux dérapages, j'ai le sentiment qu'aujourd'hui Hi-Fi ne signifie plus Haute Fidélité, mais plutôt appartenance à une secte...
Ais-je réussi à faire dresser les cheveux sur votre tête? Si oui, envoyez-moi un E.Mail, merci, çà me fera plaisir.

Revenons à nos moutons.
Les enceintes de Hi-Fi sont toutes conçues dans le but, très louable, de procurer le maximum d'agrément à l'écoute de musique enregistrée sur des supports grand public.
C'est là que les technologies divergent... Les enceintes professionnelles doivent reproduire le plus fidèlement possible des signaux soit non enregistrés (concerts "live"), soit enregistrés sur des supports professionnels (films, disques durs, bandes multipistes analogiques, puis numériques).

En quoi ces objectifs diffèrent-ils?
C'est très simple, revenons aux supports grand public : Ils sont conçus pour permettre à tous de consommer de la musique de façon simple, polyvalente et bon marché.
Donc, sur à peu près tous les systèmes de diffusion existant, constitués en très vaste majorité de walkmans (ou équivalents pour CD), de Ghetto Blasters, d'autoradios.
Dans quelques applications minoritaires, on trouvera des chaînes dites Hi-Fi intégrées, coûtant environ 300 Euros dans les grandes surfaces, et gentiment surnommées " Lo-Fi " Outre-Manche.

La vocation de ces enregistrements à être reproduits par des ensembles de haute fidélité performants est extrêmement minoritaire, voire carrément marginale.
Revenons dans l'atmosphère confinée des studios de production, au moment fatidique du mixage. Nous avons un ingénieur du son, un producteur artistique, et un producteur financier qui, outre leurs talents et vocations, ont un impératif économique vital : Leur bébé doit être dans tous les bacs, se vendre comme des petits pains.



Il n'est donc pas envisagé une seconde de le destiner exclusivement aux 0,01% d'allumés qui passent leurs week-ends à écouter l'effet du rodage des câbles secteur sur la qualité de l'écoute...
Jusque là où est l'incompatibilité? (Je vous entend vous indigner, si, si). Simplement, prenez une bande Master (ce qui sort de la console de mixage avant la gravure), et passez-la dans un Ghetto Blaster ou une chaîne Lo-Fi. Par moment, vous n'entendez pas grand chose, et par moment c'est très fort et c'est franchement de la distorsion. D'ailleurs, le Ghetto Blaster " blastera " très vite si vous ne réduisez pas le volume...
Le secret est dans la plage dynamique, qui est l'écart entre le niveau le plus élevé et le plus faible de l'enregistrement.
Brute de fonderie, la plage dynamique peut atteindre 60 dB sur des oeuvres musicales classiques.
Les bruits de la nature ou artificiels atteignent des valeurs de plages dynamiques encore très supérieures (> 100 dB), ce qui est d'une importance particulière quand on les enregistre pour les bandes-son de films... Une chaîne Lo-Fi peut procurer un niveau moyen intelligible avec une plage dynamique de l'ordre de 15 dB, tandis que le bruit de fond dans une voiture (non Diesel) la réduit à 10 dB environ.

Alors, comment fait-on?

C'est très simple, il existe un outil magique qui s'appelle le Limiteur-compresseur. Cet appareil électronique réduit la dynamique du signal, et en limite l'amplitude maximum, suivant des paramètres réglables. L'utilisation de cet appareil est quasi-obligatoire pour passer de la bande Master à la gravure, sauf dans certains cas, lorsque la musique est à l'origine très peu dynamique (certaines musiques électroniques, par exemple).
A partir de cet état de fait, les concepteurs d'enceintes Hi-Fi haut de gamme, soucieux de l'agrément d'écoute, ont développé un concept dit " musicalité ", qui est rapidement devenu un critère de valorisation du matériel prédominant par rapport à l'antique concept de fidélité. Le but -louable- de tout concepteur de matériel est devenu de rendre l'écoute des supports à la dynamique ultra-compressée aussi agréable que possible. Ceci a amené des compromis techniques étonnants, comme une élévation du niveau des fréquences aiguës pour donner une illusion de pseudo dynamique.
On a ainsi créé un "son Hi-Fi" qui réjouit ses aficionados, et qui permet d'apprécier des oeuvres musicales enregistrées sur des supports grand public dans des conditions agréables.

Bien...
Maintenant, prenez une mini-console de mixage portable, ou tout pré ampli micro. Connectez un micro de chant en amont, un ampli de puissance en aval, et une enceinte Hi-Fi à ce dernier. Parlez dans le micro. Vous allez être surpris par le timbre de votre voix. C'est normal, pensez-vous, on n'entend jamais sa voix comme elle est, je suis toujours surpris quand je m'entends dans le répondeur, etc... (au fait, votre répondeur est Hi-Fi ?)
Dans ce cas, demandez à votre douce moitié de susurrer des mots d'amour habituels, comme "T'oublieras pas la vaisselle" ou encore "Tu ne crois tout de même pas que c'est moi qui vais sortir le chien?". Là, vous verrez que ce n'est pas vraiment sa voix... c'est sûrement à cause du câble secteur...
Refaite l'expérience dans un studio d'enregistrement, si vous pouvez. Comptez jusqu'à deux dans le micro (les vrais pros, apparemment, ne savent pas compter au-delà). Vous aurez la surprise d'entendre votre voix fort et clair, et de reconnaître exactement votre timbre.
Pour tester une enceinte, il ne faut pas plus longtemps que pour compter jusqu'à deux, et la grande majorité des enceintes grand public se vautrent lamentablement sur ce test.
Et alors, direz-vous ? Si elles reproduisent la musique de façon agréable? Oui, mais si on veut passer des bandes-son de cinéma, il vaut mieux bien reproduire la voix humaine, la dynamique des bruits, bref retourner à une notion de réalisme original. La " musicalité " n'a rien à voir avec le Home Cinéma. J'ai entendu dire plusieurs fois
"Qui peut le plus peut le moins". C'est vrai, mais la conclusion est à l'inverse de ce qu'entendent ceux qui le disent pour justifier l'utilisation d'enceintes Hi-Fi en Home Cinema : Si des enceintes sont bonnes pour une application Home-Cinema, il y a de fortes chances qu'elles soient très correctes en reproduction musicale. Par contre, des enceintes peuvent être très musicales, et totalement inadaptées à la diffusion des bandes-son de films. Si quelques essais ne vous en convainquent pas, alors prenez du papier de verre et frottez vos câbles secteur. Il paraît que çà en améliore le rodage...

Le format numérique
Là, çà se corse! Les formats numériques 5.1 ou 6.1 permettent des enregistrements offrant des plages dynamiques allant jusqu'à 110 dB, en poussant les choses à l'extrême. En pratique, les ingénieurs du son limitent toujours les plages dynamiques à la différence entre un niveau maximum supportable pendant un court instant (120 dB, typiquement. Si le seuil de la douleur est 130 dB, 120 dB est quand même le seuil du franchement désagréable. Le prolonger plusieurs secondes peut d'ailleurs être dangereux pour l'audition), et le bruit de fond typique dans une salle de cinéma (30 dB environ). Ceci nous donne une dynamique de 90 dB, ce qui est quand même pas mal. Par rapport aux 60 dB maximum existant dans la musique live, on a 30 dB de plus, ce qui revient à une multiplication de la puissance par 1000.

Petite explication :


WL (niveau de puissance, exprimé en dB)= 10xlog (W/Wo)
Avec : Wo= puissance de référence, ou de comparaison
W = puissance mesurée
Comme : log 1000= 3, 10xlog 1000= 30 dB


Aïe !
çà voudrait dire qu'il faudrait, pour bien faire, multiplier la puissance par 1000 pour passer de la Hi-Fi au Home Cinema! Ce n'est tout de même pas
vrai !
Ben, si...
En pratique, il existe quand même des solutions pour ne pas utiliser des amplis de 50 000 watts, rassurez-vous : La réponse tient dans le rendement des enceintes acoustiques. Si d'une enceinte Hi-Fi ayant une sensibilité de 84 dB /1W @ 1m on passe à une enceinte faite pour le Home Cinema offrant 95 dB /1W @ 1m, on a déjà gagné 11 dB. Il ne reste plus qu'à multiplier la puissance par 79, et nous retrouvons nos 30 dB.
Notons que si l'enceinte Hi-Fi accepte 50 Watts, il faudra quand-même que celle de Home Cinema accepte 3950 Watts, et trouver un ampli qui les fournisse...
En fait, le raisonnement est spécieux, il vise juste à démontrer que la puissance et le rendement sont des caractéristiques très importantes pour des enceintes Home Cinema, alors qu 'en Hi-Fi on peut se contenter de peu.
Dans les faits, que faut-il?
Dans un environnement domestique, un modèle d'enceinte produisant 115 dB à la puissance maximum conviendra à presque toutes les applications. Si elle offre un rendement de, par exemple, 95 dB/1W @ 1m, il faudra une puissance de 100 W (10 log 100 = 20) en théorie. En pratique, les enceintes souffrent d'une perte de sensibilité à forte puissance, phénomène connu sous le nom de compression dynamique, qui peut facilement atteindre une perte de 6dB. Pour les compenser, il faudra donc une puissance admissible de 400 W.
Ceci ne concerne que les enceintes frontales : contrairement à ce que certains ont raconté (il s'en raconte, des choses, dans cette profession), les enceintes arrière n'ont ni besoin d'avoir la bande passante en graves, ni la puissance admissible ou le rendement des enceintes frontales, pour une raison bien précise : Quand les ingénieurs du son de cinéma mixent leur bande-son, ils utilisent comme monitoring un système de cinéma.
Or, dans aucune salle de cinéma les enceintes arrières ne sont les mêmes que les frontales : Elles sont plus petites, moins puissantes, et n'ont pas la même directivité.
Donc, sur les bandes-son du cinéma, on trouve des signaux surround beaucoup moins puissants que sur les trois canaux frontaux.

Le choix final

Avec ce seul critère de niveau sonore, on a déjà éliminé plus de 90% des enceintes Hi-Fi du marché. Fort heureusement, la plupart des enceintes à haut rendement procurent une bonne intelligibilité, et sont bien plus nombreuses à passer avec succès le test de la voix " live " que celles à faible rendement. Ce deuxième critère limite à nouveau le choix.
Quand il ne vous restera plus qu'à choisir entre une demi-douzaine d'enceintes, le budget et l'encombrement vous guideront immédiatement vers le modèle qu'il vous faut.
Dans ce dernier éliminatoire, faites participer activement votre épouse, petite amie ou co-locataire, sinon vous risquez d'en assumer les conséquences au delà de vos espérances...

Le "top" : la multi-amplification (to bi- or not to bi-, that is the question)


Sur les avantages de la multi-amplification, tout le monde est unanime : c'est mieux, mais c'est plus cher...
Le problème, c'est que bi-ou multi-amplification ne signifie pas du tout la même chose pour tous !
Il y a grosso modo deux façons d'approcher la bi-amplification :
-La première consiste, une fois les enceintes positionnées sur des pointes aussi acérées que les dents de leur fabricant, une fois les quadruple câbles de Perlimpinpin aussi gros que des tuyaux d'arrosage connectés en mode bi-câblage (ce qui suppose que le filtre passif est de type parallèle avec masses séparées. Exit, donc, les filtres séries qui donnent des résultats audibles nettement supérieurs), une fois qu'on a encore beaucoup d'argent et qu'on ne sait pas comment le dépenser, alors on double les amplis, on en utilise un pour les basses et l'autre pour les aiguës. Et voilà.
L'avantage, quand-même, est que l'ampli ne voit qu'une partie de l'énergie du signal. Il sera donc moins sollicité, et restera plus loin de sa puissance maximum, c'est à dire de son seuil de distorsion. On aurait pu obtenir le même résultat avec un ampli un peu (50%) plus puissant, ce qui eût coûté moins cher...
Ce qui est dommage avec cette approche typiquement audiophile, c'est qu'on consacre le budget de doublement des amplis à une amélioration subtile, alors qu'on passe à côté de quelque chose de bine plus fondamental : L'élimination du filtre passif, cause de toutes les nuisances dans la reproduction du son !
-La deuxième est l'approche classique de tous les professionnels du son : La bi- ou multi- amplification (suivant le nombre de voies) permet de supprimer la cause principale des pollutions sonores affectant le comportement des haut-parleurs : le filtre passif.
Il faut savoir que le filtre passif a cette horripilante habitude de mettre en série des composants réactifs, tels que selfs et condensateurs, avec les haut-parleurs. Le résultat est que les imperfections notoires de ces composants s'interposent avec des valeurs non-négligeables entre l'amplificateur et le haut-parleur. Ces imperfections sont des résistances, réactances, capacitances parasites ou voulues largement supérieures (de l'ordre de 100 à 10 000 fois supérieures) aux imperfections que l'on attribue aux câbles.
A ce propos, l'écoute comparative des câbles peut avoir un sens dans le cas évidemment favorable d'une multi-amplification avec filtrage actif. Si un filtre passif reste interposé entre l'amplificateur et le haut-parleur, l'influence du câble porte un joli nom en anglais : "Bullshit", ou la course 100 m départ arrêté où les concurrents se sont préalablement tiré une balle dans le pied !



Revenons au concept du filtre actif : On filtre dans ce cas en amont, avec un filtre électronique qui sépare les fréquences dans le signal alimentant chaque amplificateur.
Le surcoût dû au filtre actif est réel, mais généralement moins important que le budget de doublement des amplificateurs. Les amplificateurs étant par ailleurs beaucoup moins sollicités tant en bande passante qu'en impédance (qui est dans ce cas celle des simples haut-parleurs, donc une charge " facile "), il est possible de se contenter de modèles moins onéreux que dans le cas de l'amplification large-bande.
Le résultat est généralement spectaculaire : la même enceinte en filtrage actif et en filtrage passif est méconnaissable (auditivement, s'entend. En la regardant, on la reconnaît tout de suite). Notons au passage que la vaste majorité des enceintes acoustiques des studios d'enregistrement sont filtrées en mode actif, souvent numérique.
Les filtres actifs sont des appareils fonctionnant au niveau ligne, c'est à dire comme des préamplificateurs. Ils sont soit analogiques, soit numériques, et soit réglables, soit verrouillés.
Les filtres actifs analogiques réglables doivent impérativement être pré-réglés par le constructeur des enceintes, l'utilisateur ne disposant pas des outils de mesure ni des connaissances acoustiques lui permettant simplement de comprendre les implications des réglages qu'il pourrait faire.
C'est pour cette raison que de tels filtres sont très peu utilisables pour des enceintes destinées au grand public : La tentation est trop forte pour l'utilisateur - ou même pour l'installateur - de bidouiller ses propres réglages, sans disposer des instruments de mesure nécessaires... Les filtres analogiques non-réglables, paramétrés en usine par le constructeur, constituent une des meilleures solutions lorsqu'ils sont de bonne qualité. Peu coûteux, ils intègrent les paramètres de l'enceinte et des composants individuels.
Les filtres numériques sont plus coûteux que les modèles analogiques. Cependant, ils offrent des performances exceptionnelles, et des possibilités de réglage de paramètres inaccessibles en analogique : lignes de retard, multiples égalisations paramétriques, choix des fonctions de filtrage...
De plus, ils comportent tous une fonction de verrouillage avec un mot de passe qui peut être défini et connu par le seul constructeur. Inégaux par leur qualité, certains filtres numériques représentent quand même ce qui se fait de mieux pour faire fonctionner une enceinte acoustique.

Tout çà pour dire : si vous avez un gros budget, vous pouvez obtenir de grosses satisfactions. Alors, ne vous laissez pas embarquer dans des dépenses procurant des résultats qui sont loin d'être flagrants.
D'une manière générale, les solutions en multi-amplification sont les lus onéreuses et de loin offrant les meilleurs résultats. Elles ne sont presque jamais techniquement issues de la Hi-fi.
Dans les solutions incorporant des filtres passifs (la majorité des produits "grand public") , les filtres dits "série" donnent en général de meilleurs résultats que les filtres " parallèle ", car ne mettant pas de composants passifs en série avec les haut-parleurs.
Cela dit, les très gros câbles ont quand même un atout majeur : il est particulièrement difficile de se pendre avec...

Le positionnement
Le positionnement des haut-parleurs (ou enceintes acoustiques, si vous préférez) obéît à des lois simples et très rigoureuses dans une installation Hi-Fi ou Lo-Fi : celle du technicien (enceintes éloignées d'au moins 1,5 m du mur le plus proche, rigoureusement équidistantes du point -oui, j'ai dit point- d'écoute), Ou celle de la maîtresse de maison (une enceinte sur l'étagère, entre deux rangées de bouquins, l'autre planquée derrière le canapé). Avec entre 5 et 7 enceintes large-bande, plus un subwoofer (ceux qui ne comprennent pas cet insupportable anglicisme sont priés d'adresser leur réclamation à Mr.Toubon, Allgood pour les intimes ; Désolé, depuis le temps où il fût ministre, aucun gouvernement n'a osé se ridiculiser à ce point), il est un peu plus nécessaire d'avoir un peu de rigueur dans le placement des enceintes !
Le but d'une installation Home Cinema est de reproduire les sensations du cinéma... at home, Non..?
Donc, comme au cinéma, on va disposer les trois enceintes principales par rapport à l'écran. Au cinéma, ces enceintes sont toutes placées avec les transducteurs d'aiguës à hauteur identique, sur la médiane horizontale de l'écran. L'enceinte centrale est au centre de l'écran, les gauche et droite à une distance du bord de l'écran égale au 1/6 de la base de l'écran.
Alors, comment fait-on pour ne pas saboter l'image avec les enceintes devant l'écran ? C'est très simple, on les place derrière l'écran. Oui, mais çà, c'est vraiment, vraiment, mais alors pas possible du tout !
-D'abord, un écran digne de ce nom ne laisse pas passer le son (sauf au cinéma, mais on parle de Home Cinéma, donc ce n'est pas le sujet).
-Ensuite, les écrans qui laissent passer le son dégradent l'image à cause de leurs insupportables trous.
-Enfin, si on met un écran devant les enceintes, elles vont perdre de leur "musicalité". C'est impensable !
Bon, à ce stade, il faut faire un choix : voulez-vous préserver avec un trip intégriste les exceptionnelles qualités de chacun des composants que vous avez choisi, ou souhaitez-vous avoir une salle de cinéma chez vous ? Il est temps de réaliser les deux approches divergent dans leur esprit, et que seule une vision globale de votre aspiration peut donner une orientation, et une solution.
Si vous choisissez d'avoir une solution qui fonctionne, la voie est toute tracée : Il n'y a qu'une position possible pour chaque enceinte :

Enceintes principales, ou " d'écran "
Les trois enceintes gauche, centre et droite doivent être placées derrière l'écran, équidistantes, avec les haut-parleurs d'aiguës à mi-hauteur de la surface de projection.



La seule latitude dont vous disposez est leur écartement : Si l'écran est immense, et occupe toute la largeur de la pièce, placez les enceintes gauche et droite au 1/6 de la largeur de l'écran à partir du bord. Si votre écran, par contre, fait 2m ou moins, vous pouvez, dans le cas d'une utilisation mixte (Hi-Fi et home Cinema), à l'extrême rigueur les placer à l'extérieur de l'écran, mais tout à fait au bord.
Il faut faire très attention à l'effet comique (désastreux dans une scène à suspens) du son sortant de l'écran alors que l'image y reste (ce qui est toujours le cas...).
L'enceinte la plus importante (elle reçoit 70% à 80% du message sonore, suivant les programmes, y compris des oeuvres musicales) est la centrale. Il faut impérativement la placer exactement au milieu, et pas ailleurs !
Un détail acoustique mérite que l'on s'y attache : Une enceinte fixée sur un mur va émettre une onde non-directive aux fréquences basses. Cette onde va se réfléchir sur le mur, et revenir décalée, donc hors phase à une certaine fréquence avec l'onde initiale. Il en résulte une irrégularité de réponse et un effet de brouillage de l'intelligibilité en bas-médium.
Pour éviter ce désagrément, il faut soit baffler les enceintes (voir aussi les solutions " In-Wall " quand c'est possible), soit amortir lourdement avec de l'absorbant les surfaces immédiatement autour de l'enceinte.
En pratique, le placement des enceintes d'écran derrière l'écran peut se faire sans inconvénient si l'on adopte un écran suffisamment transparent au son (voir les produits tissés, par exemple), et l'une des configurations suivantes :
-L'écran est fixe, tendu sur cadre, et masque les enceintes. S'il ne s'agit pas d'une pièce dédiée, on peut toujours faire coulisser un rideau (à deux pans, comme au cinéma) pour masquer l'écran lorsqu'il n'est pas utilisé.



-Les enceintes sont installées "In Wall", et leur grille de façade peut être peinte dans la couleur du mur (ici ce n'est pas le cas). Un écran fixe ou enroulable peut se dérouler devant les enceintes au moment de la projection. Dans cette configuartion l'écran est intégré au meuble.



-Les enceintes sont installées dans un meuble-bibliothèque de grande dimension. Elles sont placées au-dessus d'un téléviseur 4/3 destiné à regarder le JT de 20H ou les émissions de télévision. Un écran enroulable se déroule devant le téléviseur et les enceintes lorsque l'on souhaite regarder un film. Notez que cette solution, répandue aux USA, est très efficace, mais assez coûteuse.



-La seule position acceptable pour l'écran est devant une immense baie vitrée avec vue sur la mer (ou la montagne, ou la fenêtre de votre voisine sexy). Vous installez donc un écran enroulable qui remonte au plafond quand on ne l'utilise pas. Au fait, comment fait-on pour les enceintes ?



-Eh bien, on fait pareil : On prévoit un mécanisme qui les remonte au plafond quand on n'en a plus besoin.
Prévoyez quand même de choisir des enceintes offrant une disposition globalement horizontale. Des colonnes verticales compliquent sérieusement ce type de disposition...

Subwoofer
Placer correctement un subwoofer demande quelques connaissances de base en acoustique.
En pratique, il y a deux positions possibles pour un subwoofer :
1-Sous l'enceinte centrale
2-Ailleurs
Si vous ou votre installateur ne connaissez pas très clairement la relation qui existe entre la phase, la longueur d'onde, et le décalage de temps, oubliez la solution n°2. Si l'un de vous maîtrise, vous pouvez l'envisager.
Le positionnement du subwoofer affecte son réglage. Pour pouvoir le faire, il faut disposer au minimum d'un générateur de fréquences réglable, mais de préférence d'un analyseur de type RTA ou MLSSA.



Si vous avez affaire à un installateur professionnel qui ne dispose d'aucun de ces outils de mesure, changez d'installateur!
Ce qu'il faut savoir, c'est que le placement d'un subwoofer, contrairement à ce qu'annoncent les documentations commerciales de certains produits, ne se fait pas n'importe où : Du positionnement du subwoofer dépend son couplage avec la pièce, et donc sa performance, d'une part. D'autre part, son couplage avec les enceintes d'écran dépend à la fois de sa position et de ses réglages de phase et/ou de retard temporel.
Quelle belle invention que le chariot à roulettes!

Surrounds et décoration
Les enceintes surround sont au minimum 2, souvent 4, parfois plus encore. Idéalement, il convient de les placer comme dans une salle de cinéma, c'est à dire autour de l'audience (d'où la dénomination "surround"), et en hauteur. Une astuce pour simuler avec seulement deux enceintes un nombre plus important a été inventé par Lucas films (encore eux !) : Les enceintes dipôle.
En fait, çà marche plutôt bien si elles sont placées en hauteur et légèrement en arrière de l'audience. On peut également utiliser des dipôles quand il y a 4 enceintes, ou même plus .

Certains ont prétendu et même écrit qu'il était nécessaire pour la cohérence de timbres que les enceintes arrière soient les mêmes que les enceintes d'écran. Heureusement pour les maîtresses de maison et décorateurs, ceci est encore un phantasme audiophile sectaire.
Dans un cinéma, les enceintes surround ne sont absolument pas du même type que les enceintes d'écran. D'ailleurs, c'est réellement à proscrire, puisque les caractéristiques de directivité recherchées sont différentes.
Pour tordre le cou à ces idées souvent propagées avant même d'être reçues, il suffit de prendre en compte deux faits totalement objectifs :
-L'oreille humaine ne perçoit pas avec le même timbre les sons provenant de l'arrière que ceux provenant de l'avant.
-Une pluralité d'enceintes diffusant le même signal (cas des surround au cinéma) ne peut en aucun cas reproduire le comportement d'une seule enceinte (cas des enceintes d'écran). Il est donc impossible de retrouver le même comportement sure les enceintes arrière que sur les enceintes d'écran, et ce n'est en aucun cas souhaitable. Ce qui est intéressant, par contre, c'est d'éviter sur les enceintes arrière des colorations particulières qui ne se trouveraient pas sur les enceintes d'écran. En raisonnant par l'absurde, si les enceintes d'écran comportent des défauts de coloration sérieux et perceptibles, il est préférable que l'on retrouve ces mêmes défauts sur les enceintes surround.
Moi, je préfère que les défauts soient minimum dans tous les cas, mais je suppose que ce genre de réflexion figure dans la liste des "crimepensée" décrite par George Orwell dans 1984.

Revenons à leur positionnement.
Les enceintes arrière sont en hauteur, sont, de préférence, nombreuses, et sont localisées près de surfaces réfléchissantes, souvent les angles ou coins. Il est d'ailleurs souhaitable de les placer ainsi, pour utiliser les réflexions multiples des parois situées à proximité pour simuler les champs sonores émis par les très nombreuses enceintes surround des salles de cinéma. Remarquez que nous avons ici des critères acoustiques désirables à l'opposé de ceux qui concernent les enceintes d'écran : Pour ces dernières, les réflexions proches sont à éviter, car nuisant à l'intelligibilité du message sonore. Un autre aspect est que ces proches réflexions, la présence d'angles ou de coins, va sérieusement modifier l'équilibre tonal de l'enceinte, qui va se charger considérablement en basses et bas-médium.
Il faut, pour résoudre ce problème, soit prévoir un égaliseur par canal de surround (cher !), soit choisir des enceintes ayant à l'origine une réponse "montante", c'est-à-dire faible en graves.
Eh bien, justement, çà tombe très bien : Les enceintes pauvres en graves sont souvent de petite tailles, et elles sont donc plus faciles à caser en hauteur dans votre salon.
Les préconisations de Dolby labs. suivant lesquelles les enceintes arrières pour les signaux 5.1 doivent avoir la même étendue en grave que les enceintes d'écran est ridicule : Si théoriquement il est possible que le même type de signaux graves soit affecté aux enceintes arrière, en pratique les mixages de films ne sont jamais comme çà : les ingénieurs du son de cinéma mixent sur des systèmes de diffusion en salle, et leurs monitors de surround sont de petite taille comparées à celles des enceintes d'écran.
Donc, en résumé, pour les surround, choisissez des enceintes petites (pourquoi pas "In Wall", c'est très discret), placez les en arrière et en hauteur, près des angles et coins, et configurez les signaux surround de votre proceseur en "small".

Le câblage
Si vous êtes passionné par les câbles de Perlimpinpin, ça ne fera probablement pas de dégradation audible du signal sonore. Ça ne fera de mal qu'à votre portefeuille...

N'allez pas non plus dans le sens contraire, ne prenez pas une bobine de scindex de 0,5 mm2 chez le quincaillier du coin. Une approche réaliste vient de l'expérience de l'audio : 80% des pannes viennent des connections. Donc, pour qu'un système fonctionne bien, il faut d'abord que les connections soient fiables (Merci, Mr. Ushiden, heureusement que les mini-DIN restent dans le domaine vidéo!).
Prenez donc de préférence des connecteurs fiables, offrant des contacts mécaniquement fermes. Attention, notamment, aux prises RCA-Cinch qui ne sont pas toutes exactement au même diamètre, et aux straps sur les borniers d'enceintes prévoyant le bi-cablâge. Pour les câbles eux-mêmes, il est toujours préférable que ceux alimentant les enceintes d'écrans soient courts (< 5m, ou alors de forte section, >4mm2), ce qui est beaucoup moins critique pour les enceintes surround.

Explication : les signaux reçus par les enceintes surround sont des effets ou des ambiances. Ils n'ont donc pas le même niveau de nécessité d'intelligibilité que les signaux destinés aux enceintes d'écran. Un facteur d'amortissement faible dégradant la réponse dynamique est pour cette raison acceptable en surround, mais insupportable pour les enceintes d'écran.

Pour pouvoir alimenter les enceintes d'écran avec des câbles courts, il faut que les amplificateurs de puissance soient près de ces enceintes, ce qui n'est pas toujours pratique dans votre aménagement, les amplis-processeurs-décodeurs-récepteurs (" receivers " en Anglais. J'adore cette langue) devant de préférence être situés près des sources, que vous souhaitez naturellement accessibles près de vous...
Une bonne solution est de séparer le "processeur" des amplificateurs de puissance, et si la distance entre les deux est importante (>3m), il est souhaitable que la liaison soit symétrique (3 conducteurs, connecteurs XLR ou Jack 3 points) pour éviter le parasitage des signaux à faible niveau.

Conclusion : Pour choisir, placer, configurer, régler des enceintes de Home Cinema, oubliez tout de suite tout ce qui a trait à la Hi-Fi. Soit vous connaissez les techniques de l'audio professionnel, soit utilisez les compétences de quelqu'un qui a une bonne expérience dans ce domaine.
Et si vous voulez vous offrir une franche rigolade, lisez les magazines spécialisés.

-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 1
-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 2
-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 3
-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 4
Lire aussi la news sur le SOUND SCREEN


© 1999 - 2018 SENTICOM

Contactez-nous

Flux RSS