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Le Home Cinéma ça ne marche pas : Partie 6

8 août 2005


Que faire pour que ça marche?

Par électronique et sources, on entend tout ce qui d’une part traite les signaux audio et vidéo, tels amplificateur, préamplificateur, décodeur, commutateur de sources, égaliseur le cas échéant, et d’autre part ce qui fournit les sources tels les lecteurs de DVD, les magnétoscopes (VHS, S-VHS, numériques), les décodeurs de satellite, terminaux de câbles, camescopes, bref tout ce qui peut fournir à la fois un signal audio et un signal vidéo. Cà finit par faire beaucoup de choses.

Considérations générales
Les électroniques comme les sources sont des éléments peu visibles dans un ensemble Home Cinema bien intégré, car elles sont souvent dissimulées. Dans certaines situations, ce sont des éléments dont on attend principalement qu’ils remplissent leurs fonctions respectives, soient compatibles entre eux, et ne tombent pas en panne. Une autre exigence - toute légitime - est qu’elles soient simples d’utilisation, et çà, ce n’est pas toujours gagné !
Dans d’autres cas, ces éléments sont mis en avant, et font l’objet de toutes les attentions. Il faut bien dire qu’ils sont les plus médiatisés par la presse spécialisée, notamment par les bancs d’essais.
Ceci est bien compréhensible: les appareils, livrés en cartons, offrent des performances individuelles peu dépendantes de leur environnement, et sont donc faciles à évaluer dans une procédure de mesure standardisée.
Demandez à un journaliste s’il préfère essayer un amplificateur ou un mécanisme de dissimulation d’un tri-tubes dans un faux-plafond... La réponse est à tout les coups pour la première option. Au delà de ces considérations basiques, l’essentiel est de donner sa juste importance à cet ensemble d’objets électroniques. Ceci revient à confronter les besoins et les budgets, qui varient d’un cas l’autre :
-Soit on veut ce qui se fait de mieux en audio, en vidéo, et votre budget doit suivre...
-Soit on veut quelque chose qui remplisse honnêtement la fonction globale Home Cinema, et on peut trouver sans grand mystère un niveau de qualité qui est fonction du budget, les variables se portant principalement sur la convivialité (certains grands constructeurs n’ont pas encore réussi à traduire ce mot en japonais), et sur la fiabilité (pour çà, les japonais ont l’idéogramme qui va bien).
-Soit on ne dispose pas d’un budget indécent, mais on ne veut pas sacrifier une caractéristique particulière, parce qu’on est audiophile ou vidéophile, ou encore parce qu’on fait du montage en S-VHS, ou toute autre raison.

Ampli-préampli-processeur-décodeur-tuner et toute cette sorte de choses...

J’adore ce mot, «receiver» : il rassemble tout ce qui prend, en français, à peu près trois lignes d’écriture.
La tâche de cet appareil est extrêmement vaste, puisqu’il doit rassembler les connections d’à peu-près tous les autres appareils d’une installation. Plus encore, il sert d’interface avec l’humain, puisqu’il comporte toutes les commandes d’usage courant.
Ce n’est rien de moins qu’un amplificateur à 5, 6 ou 7 canaux, un préamplificateur capable de commuter une dizaine de sources différentes selon 3 formats vidéo et 4 formats audio, de recevoir la bande FM, de configurer de différentes façons les enceintes et caissons de basses. Certains y ajoutent des fonctions multirooms et encore quelques perfectionnements.
L’engouement du public pour le Home Cinema a permis aux industriels d’investir massivement dans ce genre d’appareil, et d’en abaisser le coût de façon spectaculaire au cours de ces dernières années.Ceci semble avoir permis de mettre ces appareils sur le marché à des prix très abordables.
Pourtant, celà n’explique pas tout...

Prenons un amplificateur de puissance stéréo traditionnel de la haute fidélité, capable de fournir, disons 100 Watts par canal dans 8 Ohms. Ceci ne comprend pas le préamplificateur, je parle ici d’éléments séparés. On considère typiquement qu’il est raisonnable qu’un appareil de ce type se vende entre 1000 et 2000 Euros.
Un «receiver» fournissant une puissance équivalente sur 7 canaux et comportant toutes les fonctions énumérées précédemment ne dépasse pas, typiquement, 1000 Euros.
Cherchez l’erreur...
La réponse est facile à trouver : Connectez un préampli stéréo de qualité, suivi d’un ampli de qualité à vos enceintes, et écoutez un CD. Recommencez l’expérience avec un « receiver » commuté sur l’entrée CD analogique. La différence est confondante ( Si elle ne l’est pas, concentrez vous et essayez à nouveau).
D’ailleurs, si vous regardez tout simplement les performances annoncées par les constructeurs ou les bancs d’essais, vous découvrirez que les chiffres de rapport signal/bruit ou de distorsion de la plupart des « receivers » aux prix si alléchants se comparent à peine à ceux du bas de gamme de
la Hi-Fi d’il y a 40 ans.
Bien sûr j’entends déjà dire que les chiffres mesurés ne sont pas vraiment significatifs, que seule l’écoute peut déterminer la qualité d’un appareil, etc... Oui, c’est vrai quand les chiffres en question sont tous aussi excellents, mais quid quand ils ne sont pas très bons ?
En fait, tant l’écoute attentive de ces maillons que leurs performances mesurables révèlent les immenses concessions faites au coût de fabrication lors de leur conception. Il n’est pas (encore) véritablement possible de réaliser un produit destiné à la diffusion de masse, qui réunisse les performances du très haut de gamme, les prix du très bas de gamme, et l’intégralité des fonctions que l’on attend d’un « receiver », avec en prime une ergonomie conviviale et intuitive.
Si vous voulez le beurre, l’argent du beurre, et puis quoi encore... Il faudra attendre un peu. Faut-il pour autant jeter les «receivers» de prix abordables à la poubelle ?
Non, ce n’est pas du tout l’objet. De tels produits doivent s’acheter en connaissance de cause : Ils ne sont pas du tout destinés aux audiophiles, mais ils offrent des fonctions nécessaires dans un système pour un prix exceptionnellement abordable. En fait, ils permettent à certains d’acquérir un vrai Home Cinema au lieu de se contenter d’un téléviseur, et en ce sens le rapport plaisir/prix est optimum.
Il faut aussi garder présent à l’esprit, que la qualité du spectacle offert par le cinéma dépend beaucoup plus de sa crédibilité globale que des qualités individuelles du son et de l’image, n’en déplaise aux puristes. Cette crédibilité est avant tout affaire de cohérence, et c’est le manque de cohérence qui est à l’origine de la plupart des déceptions en Home Cinema (nous en reparlerons plus loin). Cela dit, l’amélioration du son comme de l’image sont toujours gratifiants. Simplement, il est préférable de ne pas les considérer comme une fin en soi.

Puisqu’on parle de qualité d’image, comment se comportent les «receivers», justement ?
Bien différemment d’un modèle à un autre. Mais il existe un moyen très simple de s’affranchir des éventuelles pertes de qualité : Il suffit de sélectionner deux ou trois sources préférées directement au projecteur, en faisant la liaison au standard le plus favorable disponible. Ensuite, vous reliez toutes les autres sources suivant le meilleur standard commun disponible au « receiver », et connectez la sortie «monitor» de celui-ci selon ce standard au projecteur.
Par exemple, connectez votre lecteur de DVD en YUV au projecteur, votre décodeur satellite en S-Video, toutes les autres sources en S-Video au « receiver » et celui-ci en S-video au projecteur. Ainsi, vous privilégiez la qualité vidéo de deux sources, les affranchissant de l’électronique du « receiver ».

Eléments séparés
Les électroniques en éléments séparés concernent typiquement le haut de gamme. Dans ce domaine, nous trouvons typiquement des préamplificateurs/sélecteurs/décodeurs/interfaces, couramment appelés « processeurs ». Ceux qui maîtrisent l’anglais technique sourient...

Les Processeurs : (Encore un mot à la traduction approximative!) En général, de tels appareils coûtent pour les moins chers environ 5 fois le prix de « receivers » offrant les mêmes fonctions, avec l’amplification multi-canaux en moins. Les plus onéreux sont vendus pour le prix d’une voiture neuve de moyenne gamme.

Si on peut rester confondu devant une telle diversité de prix, elle reste très explicable : D’un côté, nous avons des appareils très intégrés répondant à la demande d’un marché de masse. Cette demande exige des prestations très complètes, mais un niveau de performances acceptable est considéré comme suffisant. Il est donc possible de produire de tels appareils aux performances limitées à un coût très bas, grâce à une production en très grandes quantités.
D’un autre côté, nous avons des exigences de performances nettement au-dessus de ce qu’attendent la majorité des consommateurs. Ces performances entraînent un surcoût qui limitera de toute façon les ventes à une minorité élitiste. Donc il n’est pas envisageable de produire massivement. Le surcoût technique est ainsi largement amplifié par des impératifs de production en petite série.

Pour reconstituer l’intégralité des fonctions nécessaires, il faudra adjoindre des amplificateurs de puissance au processeur. Là encore, il faut multiplier le coût d'amplificateurs de puissance classiques au pro-rata du nombre de canaux. Si votre système est multi-amplifé, rassurez vous, il existe sur le marché d'excellents (si, si, ils sont vraiment excellents) blocs monos à environ 15 000 €. Ne prenez surtout pas ça pour une suggestion!
Il existe, quand-même, des amplificateurs de puissance multicanaux de très bonne qualité (sans comparaison avec ce que l'on trouve dans les intégrés) à des prix largement plus abordables que çà. Par déontologie, je ne citerai pas de marque, mais j'avoue avoir été impressionné par un ampli numérique qui se décline en modulaire multicanaux, et donc configurable en fonction des besoins. Puisque nous parlons des amplis, évaluer leur qualité est complexe. Or, si certains discutent encore du son des câbles présentant des sections dignes des tuyaux d'arrosage, ou du sexe des anges, les différences importantes perçues d'un amplificateur à un autre (toutes conditions étant rigoureusement identiques par ailleurs) sont aujourd'hui admises par tous. Si rien ne vaut d'extensives, difficiles et coûteuses comparaisons (pour êtres valides, il faut que toutes les autres conditions soient identiques), il existe quand même des pistes de sélection:
a) Le rapport signal/bruit n'est pas un critère important en soi, sauf si on utilise des enceintes à filtres actifs, multi-amplifiées, avec des chambres de compression (offrant un rendement allant jusqu'à 115 dB/1W/1m, ce qui est courant avec de tels transducteurs), on entend très distinctement le bruit de fond d'un ampli un peu juste sur ce critère. Mais le rapport signal/bruit est surtout un excellent témoin du soin global apporté à la fabrication. Donc, plus il est élevé, plus il est probable que l'ampli soit de qualité (exception faite des amplis à tubes).

b) Un amplificateur est avant tout une boîte qui apporte du gain en multipliant la tension par un nombre fixe. Le meilleur ampli du monde serait un ampli qui ferait çà et ne ferait absolument rien d'autre (ce n’est pas gagné!). Or, les amplis sont donnés pour une puissance maximale, qui est en réalité une tension de sortie (en volts) qu'il ne peut dépasser.



Reprenons: si un ampli reçoit une tension d'entrée de 1 volt, si son gain est de 26 dB, cela veut dire que son gain est un coefficient de 20 (parce que 20 Log 20 = 26). Donc à la sortie, nous aurons 20 volts.
Si maintenant nous l'alimentons par 100 volts, croyez-vous qu'il va nous sortir 2000 volts? Eh bien, non!
Je sens que vous ne voyez pas encore où je veux en venir…La puissance que peut délivrer un ampli est égale à P=V2/Z, V étant la tension et Z l'impédance de l'enceinte.
Donc à priori, si je divise l'impédance de l'enceinte par 2, je multiplie la puissance par 2, puisque la tension est constante pour un signal d'entrée donné.
Jetons un œil distrait sur les docs techniques des amplis. Un ampli A annonce 2 x 100 W dans 8 Ohms, et 2 x 120 W dans 4 Ohms
Un ampli B annonce 2 x 100 W dans 8 Ohms, et 2 x 200 W dans 4 Ohms.
Bong sang, mais c'est bien sûr! Quand la charge varie, la tension délivrée par un ampli suspect n'est plus invariable (il s'agit de l'ampli A, évidemment).
Maintenant (attention, çà se complique encore…Respirez un grand coup), on sait que les enceintes, même de très bonne qualité, ont généralement une impédance qui varie beaucoup en fonction de la fréquence. De là à penser que le gain de l'ampli peut varier, au moins à proximité de la puissance maximum, en fonction des variations d'impédance des enceintes, il n'y a qu'un pas que je ne franch… Aïe, zut, trop tard, je l'ai franchi!
Bon alors on peut le dire, un gain qui varie en fonction de la fréquence s'appelle une courbe de réponse. Celle-ci est totalement indépendante de l'enceinte à bas niveau, mais en devient dépendante à proximité de la puissance maximum. Ceci n'est certainement pas la seule explication aux importantes différences d'équilibre tonal perçues d'un ampli à un autre, mais c'en est une.

c) Last, but not least, un ampli largement plus puissant que nécessaire s'affranchit des problèmes ci-dessus. De plus, un ampli qui écrête (c'est à dire qui limite sa tension de sortie) sonnera toujours plus mal qu'un ampli qui n'écrête pas. Donc, vive les puissances élevées, pourvu qu'elles n'existent pas que sur le papier glacé.

Donc, un bon critère de choix d'un amplificateur est sa linéarité de puissance par rapport à la fonction P=V2/Z, sa puissance totale disponible, et ces critères sont tous deux liés à la qualité de l'alimentation.

5 (ou 7) amplis ayant chacun leur alimentation individuelle ont, en général, plus de chances de bien s'en sortir qu'un receiver avec une seule alimentation pour le traitement du signal et tous les canaux d'amplification.

En résumé, les électroniques en éléments séparés donnent de meilleurs résultats, en général, que les éléments intégrés, mais coûtent aussi beaucoup plus cher. Faites attention, les exceptions ne sont jamais des miracles.

Les lecteurs de DVD
Voilà un élément intéressant! Une source qui fait du son et de la vidéo au top de la qualité disponible (enfin presque). Le plus simple, une fois n'est pas coutume, c'est le son. Un lecteur DVD est sensé tout d'abord lire des DVD (merci, je sais) et envoyer le signal sonore en numérique vers un décodeur inclus dans le "processeur" via une connexion par fibre optique ou coaxiale (si la longueur n'est pas excessive, préférez cette dernière).
Certains lecteurs comprennent des décodeurs intégrés et des sorties analogiques. À moins d'un tout petit budget qui vous interdit de vous offrir un décodeur/processeur ou un receiver, oubliez ces sorties.
Donc, pour le son, le lecteur se comporte comme un simple transport. Ses qualités vont essentiellement être mécaniques. Observez la qualité de fabrication, la précision des assemblages, le poids également. Et surtout, placez le sur un support mécaniquement stable.
Pour la vidéo, c'est plus compliqué:
-On trouve pléthore de marques et de modèles sur le marché.
-Les qualités et prix ne sont pas forcément reliés.
-De nouveaux modèles arrivent dans une même marque tous les 6 mois.
-Tous les bancs d'essais trouvent les produits génialement plus que parfaits.
-Les qualités d'image vont vraiment de très mauvaises à très bonnes.

Essayons d'y voir clair.
Tout d'abord, le meilleur format disponible actuellement pour véhiculer le signal est la sortie directe numérique.
Cette voie royale pour tirer le maximum des DLP (la majorité du marché) coûte un peu cher.
Plus standard, la sortie YUV (composantes) est la connectique à employer dans presque tous les cas. Éliminez sans état d'âme les lecteurs qui n'offrent pas cette sortie (idem pour les projecteurs). Si votre processeur (ou receiver) ne comporte pas d'entrées et de sorties YUV, connectez le projecteur en direct.
Choisissez de préférence un lecteur pouvant sortir en mode progressif, et si possible aussi bien en PAL qu'en NTSC, à condition évidemment que votre projecteur accepte le mode progressif. Enfin, typiquement (mais ce n'est pas une règle), les lecteurs offrant le plus grand nombre de réglages possibles témoignent du réel souci de qualité d'image qui a prévalu chez leurs concepteurs.


Pour finir, ne zappez pas les tests comparatifs, ils sont beaucoup plus simples à mettre en œuvre que pour le son.
-Choisissez deux ou trois passages complexes que vous connaissez bien, avec typiquement:
-Une scène sombre en intérieur
-Une scène avec tes tuiles ou des feuillages
-Une scène avec de la neige
-Une scène avec du ciel bleu et quelques nuages
-Un visage en gros plan, avec un arrière plan net et complexe
-Des mouvements lents

Vous pouvez trouver plusieurs de ces éléments dans une même scène (pas tous, vous l'avez deviné), vous gagnerez du temps. On bénéficie d'une mémoire visuelle généralement supérieure à la mémoire auditive. Il est donc possible d'essayer plusieurs produits à plusieurs jours d'intervalle.
Maintenant, si votre temps est précieux, il sera plus judicieux de choisir un installateur digne de confiance pour l'ensemble de votre système, et de lui laisser la responsabilité du choix.

Les scalers, up-converters, quadrupleurs de lignes
Là, les choses évoluent très vite. Comme beaucoup de sources sont encore loin, du point de vue vidéo, de la TVHD, ces appareils ont encore de beaux jours devant eux. Il faut cependant toujours les mettre en comparaison avec les scalers internes dont la plupart des projecteurs et de lecteurs de DVD sont maintenant équipés, qui sont parfois loin d'être mauvais.
Je vais "botter en touche" sur le sujet: dans l'équipe CineNow!, Julien Berry me semble la personne la plus informée sur les derniers développements du traitement de l'image.

Les autres sources
Là il peut y en avoir beaucoup…
-L'aérien classique avec une antenne "rateau": beurk
-Le câble: pratique, correct sur certains programmes. Son stéréo ou Dolby Prologic au maximum.
-Le satellite: peut être bon sur certains programmes. Le problème reste le standard de définition (le S-VHS ou le RVB). Son stéréo ou Dolby Prologic au maximum.
-La console de jeux: je reviens dans quelques heures, ne m'attendez pas pour dîner. Au fait, quelqu'un peut m'apporter un sandwich?
-Le magnétoscope: pas bon du tout, mais encore nécessaire pour lire vos 2000 enregistrements, ou tout simplement visionner un truc génial que vous apporte un ami. Son stéréo ou Dolby Prologic maximum.
-Le magnétoscope S-VHS: pas mal, mais utile seulement si vous avez des soft, ou souhaitez faire du montage vidéo. Son stéréo ou Dolby Prologic au maximum
-Le magnétoscope D-VHS: çà, c'est génial. Avec sa capacité de stockage et d'enregistrement, vous pouvez obtenir une qualité TVHD et un son DTS 6.1 sans problème. En plus, il peut lire les vieux VHS. Par contre, les softs sont rares chez Carrefour ou Prisunic: Il faut les importer directement des US.
-La TVHD: elle existe, si, et en plusieurs formats. Mais pas en Europe, car nosinstances télévisuelles ont décidé de ne pas la démocratiser pour l'instant. Idem d'ailleurs pour le son 5.1 sur la TV numérique. Les Européens n'ont pas besoin de qualité d'image, et encore moins de qualité de son. Voilà! Passons maintenant à un sujet sérieux…

Bon, ne vous privez pas de télé pour autant. Ça vaut le coup d'avoir une brochette de sources raccordées à votre système, et les processeurs sont faits pour çà. Il faut juste se faire une raison: la meilleure qualité n'est pas disponible sur toutes les sources à la fois, et, prenons les choses comme elles viennent: Toutes ces possibilités et la qualité obtenue n'étaient pas disponibles il y a seulement quelques années. Alors, ne vous gâchez pas le plaisir par intégrisme du son ou de l'image.

-L'utilisation majoritaire
Soit vous avez un système Home Cinema, et vous l'améliorez, soit vous en êtes à votre première installation, soit encore vous aviez un système dans votre salon et vous aménagez une salle dédiée. Dans le premier cas, vous avez une assez bonne perception de votre façon d'utiliser l'installation. Dans les deux autres cas, il va falloir faire preuve de perspicacité. Car un critère important de la satisfaction que vous obtiendrez est parfois de faire des choix, et de privilégier une configuration par rapport aux autres.
Alternativement, vous pouvez choisir que tout sera au mieux des possibilités, mais c'est avec votre comptable qu'il faut continuer cette discussion…
Par exemple, si votre passion est d'écouter des DVD audio ou des SACD, la position optimum et le choix de vos enceintes ne devrait pas être les mêmes que pour une utilisation cinéma. Si vous optimisez les deux, vous doublez la partie diffusion de votre système. Voyons çà de plus près:
a) vous êtes audiophile
Vos dents ont du souvent grincer à la lecture de mes articles. Je vous présente mes plates excuses. Vous avez une collection de CD audio à 2 canaux, et une chaîne stéréo de qualité. Vous avez peur que le passage en 5.1 ou 6.1 avec des composants de diffusion identiques ne coûte inutilement cher. Vous avez tout à fait raison…
Si vous souhaitez la même qualité de diffusion sur de l'audio multicanaux, il vous faudra au moins 3 enceintes identiques, et un ampli à 3 canaux. La disposition de vos enceintes sera "en étoile". Les 3 enceintes avant devront être à même hauteur, l'enceinte centrale derrière un écran trans-sonore. Pour la stéréophonie à 2 canaux, gardez votre préampli classique, et faites installer une commutation en aval qui permet de raccorder un processeur pour passer au multicanaux. Pour le cinéma, enclenchez le mode THX du processeur, qui atténuera le rendu un peu trop aigü des bandes son cinéma, que vos enceintes haut de gamme reproduisent sans aucune atténuation.
b) Vous êtes passionné de télévision
Là, c'est simple: privilégiez l'écoute stéréophonique autour de l'écran, pour le son. Vous pouvez d'ailleurs ne pas y consacrer un gros budget, et vous contenter d'appoints pour les signaux spatialisés. Vous devrez par contre soigner les traitements d'images, parce que vous sources préférées sont loin d’êtres exempts de défauts. Il vous faudra des scalers performants, upconverters, quadrupleurs, réducteurs de bruits, etc… C'est souvent ce type de configuration qu'ont choisi de privilégier de nombreux revendeurs orientés vidéo.
c) Vous aimez le cinéma, et en avoir un chez soi, c'est …TOP!
Pas d'hésitation, votre source préférée sera le lecteur de DVD, éventuellement assisté d'un scaler vidéo. Votre écran sera grand, 16/9, 1.85 ou même 2.35, et acoustiquement transparent. Vos trois enceintes frontales seront derrière l'écran, à peu près à mi-hauteur, et seront plutôt du type sono professionnelle que Hi-Fi (contrairement aux idées reçues héritées d'il y a 30 ans au moins, le son des systèmes de sono est souvent excellent). Les enceintes arrières seront des dipôles au nombre de 4 ou plus, de petite taille et placées en hauteur.
N’oublions pas votre merveilleuse télécommande intégrée, qui permettra de faire le noir dans la pièce au simple toucher du doigt.

Pour ne rien vous cacher, c'est plutôt cette dernière approche que je préfère. Mais chacun sa tasse de thé. Dans tous ces cas de figure, vous aurez un système adapté à votre utilisation préférée, et c’est bien ca l’essentiel, non ?
Il faudra quand même pouvoir apprécier les autres utilisations, ne soyez donc pas égoïste et pensez à vos amis qui veulent voir Friends sur grand écran.

Vous pouvez ainsi donner une orientation majoritaire à la destination de votre installation, mais vous perdrez l’essentiel si vous ne respectez pas son homogénéité. C’est quoi, au fait, l’homogénéité?

L’homogénéité des systèmes: L’homogénéité peut s’exprimer dans différents domaines, mais son absence sera toujours perçue comme un résultat décevant ;
Tentons une définition par son contraire ; Un projecteur LCD d’entrée de gamme projetant une image de résolution SVGA sur un écran de 3 m de base, complété par un système de son très performant peut satisfaire un maniaque des décibels, mais pas celui qui cherche un beau spectacle.
A l’inverse, une tout « petit » son produit par un « pack 5.1 » destiné à compléter un téléviseur sur un écran de 3 m va sembler insupportable. Pour éviter ce travers, plusieurs critères sont à évaluer ;

L’homogénéité des formats : Inutile de prévoir, par exemple, un scaler qui va vous convertir toutes vos sources en Sxga si votre projecteur se limite au Svga. Inutile aussi de prévoir un décodage des formats DD-EX ou DTS-ES si vous ne disposez que de 5 enceintes…Mais çà, c’est juste du bon sens de base, vous y avez déjà pensé.

L’homogénéité du budget : La règle est simple : dans la préparation de vote budget, il faut penser à tout. Si vous oubliez ou négligez délibérément un poste, vous allez devoir amputer un ou plusieurs des autres postes, qui va (vont) cruellement se venger ; c’est tout l’équilibre de votre installation qui s’effondre !

Listons un peu ces postes : Sources, électroniques, projecteur, écran, câbles, enceintes, subwoofer, aménagements (au minimum, racks et étagères, au maximum, modification en profondeur de la pièce), conception, installation et si besoin est, consultations et traitement acoustique.
Un vilain défaut culturel semble assez répandu : «je ne suis pas plus bête qu’un autre, je peux le faire moi-même». Si vous voulez savoir ce que j’en pense, je vous propose la relecture de l’article 2 de cette série.
Par ailleurs, si votre installateur préféré vous offre, comme «geste commercial» de vous faire la conception et l’installation gratuitement, ne prenez pas cette proposition au sérieux ; soit il vous le fait payer ailleurs, soit elles vont être bâclées.

L’homogénéité du son et de l’image : Ca, c’est déjà plus technique. Pour illustrer un peu cette notion, prenons un très bon système audio, avec des enceintes puissantes, dynamiques, à haut rendement, et alimentées généreusement. Mettez votre téléviseur au milieu, dès que vous mettez en route, vous allez percevoir que quelque chose ne va pas. Le son peut être très bon, très fort, très clair, mais vous avez une furieuse envie de remettre le haut-parleur d’origine de votre télé…


Enceintes placées derrière un écran transonore



Prenez maintenant un grand écran. Placez un système de son de bonne qualité à faible niveau, mais de petite puissance. Vous allez avoir envie de pousser le niveau bien au-delà de ce que vous enceintes peuvent accepter, et si ce n’est pas la distorsion qui vous arrête, ce sera la petite fumée noire et l’odeur âcre qui émane des tweeters.
En fait, le constat est simple ; pour que le spectacle soit satisfaisant –je dirais même, échappe au ridicule- il faut que le niveau sonore soit proportionné à la taille de l’image. De même, la résolution du projecteur, sa puissance lumineuse, et globalement tout ce qui entre dans la notion de qualité de l’image doit être proportionnelle à la surface de l’écran pour une raison très simple ; plus l’écran est petit, moins on voit les défauts. Et inversement…
On peut ainsi dire que pour préserver l’homogénéité de votre installation, il faut établir un lien entre le budget et la surface de l’écran. Mais ce lien, en pratique, n’est pas une proportion linéaire. Il s’agit plutôt d’une fonction exponentielle…

De l’homogénéité à la cohérence : Condition nécessaire, mais non suffisante… Vous rappelez-vous cette définition du cours de maths, c'était en seconde je crois… L’homogénéité, en soi, ne coûte qu’un peu de bon sens et d’expérience et on peut à ce titre lui décerner la palme du rapport qualité/ prix.
Mais elle permet aussi la cohérence qui peut se trouver dans les deux chaînes, audio et vidéo, et surtout là où les deux domaines se réunissent enfin (ou jamais ?), l’écran. Pour qu’une chaîne soit cohérente, il faut que tous ses composants fonctionnent ensemble sans pertes en inutiles décodages, ré-encodages et décodages à nouveau. Les liaisons les plus directes sont à privilégier, en évitant si possible les conversions de standards.
Les liaisons doivent être de qualité, ce qui ne veut pas dire ésotériques. Simplement, les câbles doivent être correctement disposés, les connecteurs mécaniquement fermes et bien soudés. Les standards recommandés doivent être respectés (ce n’est pas parce qu’ils ont les mêmes connecteurs cinch que les câbles audio que vous pouvez utiliser ces derniers pour raccorder la liaison YUV: Les câbles vidéo ont la même impédance que les câbles audio numériques, pas que les câbles analogiques).
Enfin, last but not least, faites fonctionner le son et l’image ensemble.
Je sais, je me répète un peu sur ce sujet, mais si le son et l’image sont décalés soit dans le temps (problème de retard souvent dû à un traitement numérique, soit de l’image, soit du son), soit dans l’espace (enceintes en dehors de l’écran), çà ne va pas le faire…
Les professionnels du cinéma ont passé des années à mettre au point cette synchronisation, et dès que techniquement c’est devenu possible, personne n’est revenu en arrière.
Alors pourquoi certains s’empressent-ils de jeter aux orties tous ces résultats ?
Par simple négligence, ou pour faire l’économie d’un écran perméable au son ?
Deux postes sont à prendre en haute considération (après votre inspecteur des impôts, bien sûr), l’écran acoustiquement transparent dans tous les cas, et si çà s’avère nécessaire, une ligne de retard numérique audio ou vidéo suivant le signal qui est en retard par rapport à l'autre.

Pour rester cohérent d’un point de vue budgétaire, il ne faut en tout cas pas ajouter ces postes à la fin, mais les intégrer dès le début. Oui, évidemment, avec tout ce qui est listé plus haut, çà fait plus cher que la somme des composants que vous aviez prévu. Dans ce cas, reprenez tout depuis le début, sans hésiter à sacrifier l'appareil dont vous rêvez tant vanté dans le banc d'essai qui vous sert désormais de livre de chevet.
A cela, il faut idéalement ajouter des prestations liées à un savoir-faire que -à priori- vous n’avez pas :
-La conception globale du système vidéo
-La conception du système de son
-Une étude acoustique
Ces prestations sont pour certains difficiles à accepter, pour deux raisons:
D’une part, elles s’ajoutent au budget, et sont immatérielles (ou elles enlèvent au matériel une part de budget, ce qui revient au même).
D’autre part, elles ne flattent pas votre ego, qui vous suggère que vous êtes compétent au moins pour les deux premiers postes (après tout, si vous avez lu tous ces articles, c’est bien pour acquérir cette compétence, non ?).

A la première raison, je répondrai que, si vous avez un tout petit budget, vous n’avez pas d’autre choix que de vous passer de ce type de service. Par contre, si vous avez la moindre possibilité de les intégrer dans votre budget, n’hésitez surtout pas, le résultat s’en trouvera très sensiblement amélioré.
A la deuxième, je répondrai que c’est une approche erronée : ces compétences sont d’un niveau professionnel, et si vous n’avez pas choisi d’en faire votre profession, vous n’avez pas la disponibilité de temps pour les acquérir. Alors pourquoi lire des articles tels que celui-ci ? Pour bien choisir les prestataires qui feront votre installation, par exemple, ou encore pour avoir une base de dialogue avec eux. Ou même, peut-être pour se divertir, tout simplement…

Conclusion
Pour concevoir une installation Home Cinema satisfaisante, il faut commencer par poser les bonnes questions, dont la première est : «à quoi çà va servir?», et y apporter des solutions rationnelles, hors fantasme.
Ensuite, il ne faut jamais se départir d’une vision globale du système, même et surtout lorsqu’on entre dans le détail (câblage, intégration, télécommandes).
Enfin, il faut toujours avoir à l'esprit que le plaisir de regarder des films ou d'écouter de la musique dure toujours beaucoup plus longtemps que le plaisir d'acquérir un appareil, aussi beau soit-il.
Pour finir, il est prudent de faire confiance à des professionnels qui ne font que çà toute la journée, et dont la compétence est la seule source de revenus.

A lire aussi :

-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 1
-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 2
-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 3
-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 4
-Pourquoi le Home Cinema ça ne marche pas Partie 5



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