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Acoustique et Décoration: Des frères ennemis? Part 3: Quelques considérations acoustiques

2 août 2006


Résumé des chapitres précédents:
Les architectes d'intérieur et les ingénieurs en acoustique ont parfois des difficultés à communiquer, car ils vivent dans des mondes différents. Si leur point commun, ici et maintenant, c'est vous, assurez vous au moins que tous deux communiquent correctement avec vous-même.
Et n'oubliez pas: Fuyez les intégristes!

Pour dialoguer avec un conseiller en acoustique, il faut néanmoins comprendre un minimum des contraintes liées à l'exercice de son savoir-faire, afin de rendre le débat constructif au lieu de le laisser dégénérer en affrontement.

1) La réverbération, et sa mesure dans le temps (RT60)
La réverbération est la somme totale de toutes les réflexions sur les parois occasionnées par une onde acoustique originale, dite directe.

Illustration de réflexions sur une paroi dure

Plus simplement, si nous sommes en champ libre (dans un champ, par exemple, c'est-à-dire un pré à vaches), et émettons une onde acoustique à une fréquence unique (là, il faut un générateur et un haut-parleur + ampli, sinon, la plupart des sons présentent une certaine complexité harmonique), cette onde part et ne revient plus.
On est dans une situation anéchoide.

Chambre anéchoide servant à simuler un espace totalement ouvert

Si maintenant on pose face à soi (toujours dans le pré avec des vaches) une surface réfléchissante (plaque de verre ou d'acier), on entendra le son revenir un peu atténué et un peu plus tard. C'est normal, il a fait l'aller-retour.
Bon, maintenant, si on se place dans une pièce normale avec plein de surfaces réfléchissantes (parois, meubles, éléments de décoration) un peu partout avec des formes complexes, et que l'on émet un son lui-même complexe (comme une note d'instrument de musique, ou une parole, par exemple), on va avoir une multitude d'ondes réfléchies qui vont nous revenir aux oreilles avec des retards, des niveaux sonores, des angles d'incidences et des fréquences aussi nombreux qu'il y a de surfaces pour les réflexions primaires.

Illustration de réflexions multiples

Maintenant toutes ces réflexions primaires vont à leur tour rebondir sur d'autres surfaces, plusieurs fois. Le résultat est que ces réflexions vont atteindre une telle densité qu'il sera impossible de les identifier individuellement.
L'ensemble de ces réflexions non-identifiables constitue ce qu'on appelle la réverbération, par opposition aux réflexions identifiables que l'on appelle soit réflexions discrètes, ou échos.

Réflexions multiples contribuant à former la réverbération

Maintenant, ce qu'il faut savoir, c'est que la réverbération se quantifie globalement d'après un critère appelé RT60 (comme "Reverberation Time 60 DeciBels").
C'est quoi? :  C'est le temps que met un son à s'atténuer de 60 dB après que sa source ait été coupée (C'est-à-dire suppression de l'onde directe).

On comprendra facilement que plus on est dans un environnement réverbérant (hall de gare, patinoire), plus le RT60 sera long (plusieurs secondes), et plus on est dans un intérieur "cosy", plus il sera court.
Il faut garder à l'esprit qu'un RT60 varie aussi en fonction de la fréquence: Il est souvent plus long aux fréquences basses qu'aux fréquences aiguës, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons.

Exemples de temps de réverbération courants en fonction de la fréquence

Bon, voilà pour la réverbération. Dans le prochain article, je vais évoquer l'utilisation géométrique des réflexions, puis l'absorption et la diffraction. Après (Ouf!) nous reviendrons à l'agencement, décoration et mobilier.

RENDEZ-VOUS AU N°4

Lire aussi:
Acoustique et Décoration : Des frère enemis? Part1
Acoustique et Décoration : Des frère enemis? Part2

Par Patrice Congard, responsable intégration de Anagram-Acoustics



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