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Un Home Theater de A à Z GENERAL : Partie 1 Introduction

21 juillet 2004


Après une série d'articles pouvant créer des angoisses à des passionnés de Home Theater, j'ai décidé de positiver: En décrivant le processus d'installation d'un Home Theater de A à Z , j'espère pouvoir apporter une modeste contribution à la compréhension, pour certains lecteurs, de ce qu'implique une installation chez soi.
Comme la théorie est peu de chose sans la pratique, et comme la pratique est généralement hasardeuse sans théorie, j'ai choisi de traiter les deux de front, pas original, direz-vous...

En fait, je vais aborder les différents sujets en tandem, par série de deux articles:
-Un article théorique simple, facile à lire, traitant d'une façon globale une étape de l'installation d'un système chez soi.
-Un article pratique, qui décrit une installation réelle en train de se faire. Plus orienté “professionnel”, cet article pratique impliquera des descriptions détaillées, et illustrera par l'exemple le précédent.
Ces articles en tandem se succéderont dans l'ordre simplement chronologique de la conception et de la réalisation d'un système, jusqu'à ce qu'il fonctionne. Par chronologique, j'entends par exemple que les articles sur le choix d'une pièce viendront avant le choix d'un projecteur, puisque c'est normalement dans cet ordre que l'on procède.

Les articles “pro” seront consacrés à la création d'un auditorium de démonstration qui est en train de se construire en proche banlieue parisienne. L'idée est de concevoir une référence, une sorte de vitrine de “l'état de la technique”, avec une carte blanche intégrale, sauf en matière de budget.
C'est donc une opportunité unique de mettre en pratique des techniques avancées qui ne sont pas toujours applicables dans des installations de particuliers, et d'en profiter pour les décrire.

Par où commencer?

Le premier choix auquel on pense est naturellement le budget. C'est pourtant prématuré, et peut mener à de graves erreurs pour de simples raisons de définition: Un Home Theater n'est pas un simple ensemble d'appareils, comme peut l'être un chaîne stéréo...
La question est : Que met-on dans le budget?
Ceci nous amène à définir un cahier des charges, qui dépend de ce qu'on veut faire, ce qui touche au mode de vie... Rien de moins!

Le choix de la pièce

Voilà un choix qui va tout conditionner. La meilleure démarche est de procéder à un ensemble de questions et réponses suivant un ordre hiérarchique. En principe, à la fin du questionnaire, on connaît la réponse à la question: ”dans quelle pièce?”.

a) Salle dédiée ou pièce de vie?
Ce choix est de loin le plus important, puisqu'il détermine la façon dont vous utiliserez votre Home Theater. Dans une salle dédiée, vous aurez moins de contraintes environnementales, et vous pourrez obtenir -en principe- des performances optimales.
Mais, en pratique, vous utiliserez beaucoup moins votre système: Le simple fait d'avoir à changer de pièce pour passer du JT au film fait que finalement, vous continuerez à regarder souvent des films sur le téléviseur qui reste dans le salon.
Ce comportement est presque toujours insoupçonné avant l'installation, mais très généralisé après. De toute façon, c'est quand même une très grande satisfaction, lorsqu'on regarde un film sur son téléviseur, de savoir qu'on peut aussi aller le regarder sur grand écran dans la pièce à côté -”si je veux!”-.



Dans un salle dédiée, vous aurez le plus souvent une démarche conviviale, quoique plus formelle: vous déciderez en famille que l'activité du soir sera d'aller ensemble dans la salle Home Theater, ou même vous inviterez des amis à voir un film.
Installé dans votre salle à manger, le Home Theater vous permettra de glisser tranquillement de la chaise au canapé, un bon verre à la main, et de passer du téléviseur au grand écran d'une simple pression sur la télécommande. Dans ce cas, votre système a de fortes chances d'être utilisé tous les soirs.

b) Applications et implications
Si votre rejeton boutonneux est complètement accro des jeux vidéo, l'installation dans le living est une source de conflits évidente: S'il se met à “squatter” le système avec des jeux “trop top” en 5+1, vous aurez du mal à utiliser le living pour lire ou dîner en même temps. Je suis bien d'accord, il n'a pas a le faire, mais après, c'est à vous de gérer sa frustration...
Dans une salle dédiée, vous auriez une paix royale.
Si vous souhaitez utiliser des applications informatiques, faire du montage vidéo, écouter de la musique sur votre système, posez-vous la question: est-ce que je souhaite m'isoler dans une pièce spécifique pour ces activités?
Un système Home Theater va partiellement s'adapter, mais aussi partiellement modifier votre façon de consommer des images et du son.
Si vous n'envisagez pas à cette étape toutes les implications du choix entre pièce dédiée et pièce de vie, vous risquez d'avoir à “budgeter” (Oh, le joli mot!) deux systèmes...

c) Considérations budgétaires
Dans une salle dédiée, à priori vous disposez au départ de quatre murs, un sol et un plafond. Dans ces limites, tout est possible, et vous pourrez vous passer d'une intégration complexe et coûteuse. Soit.
Cependant, comme il n'y a rien, il faut tout créer, mobilier, décor, rangements. Si, de plus, vous avez opté pour une salle dédiée, c'est souvent pour obtenir des performances idéales. Ceci implique nécessairement une étude acoustique, et la mise en oeuvre des conclusions de cette étude.
Pourquoi, direz vous, plus que dans un living room?
Parce que dans un living room, l'environnement acoustique, qu'il soit bon ou mauvais, existe. Dans une pièce vide, tout est possible, mais il n'y a rien. Donc, puisqu'on crée un environnement, il vaut mieux le prévoir dès le début adapté à l'usage de la pièce.
Une autre considération intervient, avec plus ou moins d'importance selon la localisation de votre sweet home: Le prix du mètre carré.

Une pièce dédiée de 40 m2 dans le 8e arrondissement de Paris, ou dans le West End de Londres, peut faire que le prix du matériel installé n'a finalement que très peu d'importance... Réhabiliter une grange désaffectée attenante à votre ancienne ferme restaurée quelque part dans les Cévennes, par contre...
Installer son système dans une pièce de vie a également un surcoût: Le respect des contraintes de décoration peut amener à créer des éléments de décor, de dissimulation d'appareils, rendre l'installation et le câblage bien plus complexes...
Par ailleurs, le prix d'appareils intégrables offrant des performances égales à ceux qui ne s'intègrent pas sont souvent largement supérieurs. Comparez, par exemple, le prix d'un écran fixe à celui d'un écran enroulable, motorisé et tensionné latéralement...
Pensez aussi, dans ce cas, à la place prise au sol par certains appareils (enceintes acoustiques devant être placées ABSOLUMENT au minimum à 1m du mur le plus proche, suivant les recommandations du constructeur). Là encore, la place perdue se mesure en m², et s'évalue au prix de l'immobilier dans votre quartier.

d) Faisabilité, solutions pratiques
Deux exemples typiques me viennent à l'esprit, l'un concernant une salle dédiée, l'autre un living-room:
-Une sous pente longue et étroite en forme de L constitue l'espace inutilisé d'une maison. Qu'à cela ne tienne, on en fera un Home Theater!
Le petit problème, c'est qu'il s'agit par avance d'un catastrophe acoustique, pas tout à fait irrévocable, mais comment s'en sortir?
Les sous pentes agissent comme des réflecteurs d'ondes proches des enceintes, ce qui crée le type de réflexions les plus indésirables existant: Très proches en temps, variables avec la fréquence, et d'une direction différente dans deux plans.
La solution est un traitement acoustique soigneusement étudié, et assez complexe, qui ne résoudra pas le problème de la forme en L du fond de la pièce.

-Le seul emplacement possible pour l'écran dans le living est dans le placard à balais (dont on supprime la cloison), sous l'escalier. Oui, c'est vrai, l'écran peut y entrer, mais pour le regarder on sera toujours de biais. Et s'il faut mettre les enceintes à la cave, on les entendra moins bien...

Si on veut installer un système Home Theater chez soi, la seule approche satisfaisante est de prendre en compte les contraintes propres à un tel système, quitte à modifier l'agencement de son lieu de vie ou à choisir une autre pièce pour le recevoir.
Un Home Theater n'est pas un produit que l'on achète dans un rayon, mais un projet architectural. Pour l'aborder sans idée préconçue et sérieusement limitatrice, rien ne vaut le conseil d'un professionnel.

e) Budget (encore lui!)
Pour synthétiser ce qui est suggéré plus haut, le budget d'un Home Theater n'est pas du tout celui qu'on dépense en l'achat d'appareils. Il comprend nécessairement l'espace utilisé et/ou les aménagements nécessaires de cet espace.
Cette partie du budget n'est pas forcément douloureuse, puisqu'elle peut être déjà acquise (si vous avez déjà une pièce dont vous ne savez que faire. Vraiment?) Il faut tout de même la garder présente à l'esprit.
Un autre élément constitue la clé de la réussite: Le conseil professionnel. Peu coûteux en regard des satisfactions qu'il pourra vous apporter, il est essentiel dans deux domaines: L'acoustique et l'aménagement du lieu.
Enfin, quand tous ces éléments seront réunis, il vous restera à choisir ce qui va conditionner tout le reste: La taille de l'écran.
On peut dire que votre budget en équipement, si vous souhaitez un résultat cohérent, devrait être proportionnel à la surface de votre écran. Donc, avant de vouloir la plus grande image possible, pensez-y!

Le prochain article sera consacré à la conception de la pièce d'un Home Theater de référence, comme exemple.

Ensuite, je reviendrai plus en détail sur la faisabilité et l'optimisation des implantations de Home Theater.


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