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L'art de la reproduction vidéo

13 août 2004


PART One : Etes vous sûr de la fidélité de votre image ?

Bien que l’image soit au cœur de "l’expérience home cinéma", plus de 99 % des installations audiovisuelles et téléviseurs dans le monde ne reproduisent pas celle-ci comme elle devrait l’être.

Oui, vous avez bien lu, et peut-être pensiez-vous jusqu’ici, à tort, que l’image délivrée par votre téléviseur ou vidéo projecteur était excellente et reproduisait fidèlement la source vidéo regardée. Mais rassurez vous, vous n’y êtes pour rien, car vous n’aviez aucun moyen de savoir ce qu’est véritablement une bonne image et vous n’avez probablement jamais eu l’occasion d’en voir une, que ce soit dans un magasin ou chez un particulier.

Quelles sont les causes de cette situation ? Elles sont en effet multiples, mais disons que le manque d’information, de la part de certains acteurs de ce marché en est la principale raison. Par exemple, saviez vous que le réglage intitulé "Luminosité" ne concerne en rien la partie lumineuse de l’image mais au contraire sa composante noire ?

Considérez que votre diffuseur d’image représente le dernier maillon d’une chaîne vidéo qui prend sa source sur le plateau de tournage d’un film ou d’une émission de télévision avec tout ce que cela suppose comme mise en œuvre, étalonnage, travail sur la lumière et les couleurs etc.
Pourtant, c’est sur ce dernier maillon, qui se doit de vous faire parvenir cette réalisation, pour ne pas dire cet "Art", que le moins d’attention a été portée en termes de justesse de reproduction.

Chacun d’entre vous a pu constater en se rendant dans un grand magasin que sur parfois près d’une centaine de téléviseurs présentés, pas un seul n’était réglé de façon identique à un autre. Ajoutez à cela le fait que ceux-ci diffusent une même image, la plupart du temps distribuée en analogique et que les réglages de contraste sont poussés presque au maximum pour compenser la présence de la lumière ambiante du magasin, et vous vous trouvez dans l’impossibilité de comparer quoi ce soit, en l’absence de toute référence.

Les constructeurs eux mêmes savent que leurs produits seront exposés dans ces conditions, et n’hésitent pas a définir leurs préréglages en fonction de celles-ci, au risque d’ailleurs d’en diminuer la durée de vie en ce qui concerne les écrans à tube cathodique.
Les modes d’emploi fournis avec ces équipements n’arrangent guère les choses, ceux-ci suggérant à l’utilisateur de régler l’image "à sa convenance" quand ils se donnent la peine d’indiquer quoi que ce soit.

Tout cela pour se demander comment obtenir une bonne image. Mais d’abord: qu’est ce qu’une bonne image ?

La télévision en couleurs telle que nous la connaissons à pris naissance dans les années cinquante et n’a que peu évolué jusqu'à très récemment avec l’arrivée de la réception numérique par câble et par satellite. Ses principes n’ont pas changé depuis, et ce malgré l’apparition de nouvelles technologies de reproduction vidéo : Ecrans cathodiques, plasma, LCD, DLP,D-ILA avec leurs diverses variantes de fonctionnement : rétro-projection, vidéo-projection et diffusion directe.

Tout diffuseur vidéo se base en premier lieu sur l’addition des trois couleurs primaires, le Rouge, le Vert et le Bleu (RVB) à partir desquelles toutes les couleurs visibles par l’œil humain sont reproduites. La vidéo, comme le cinéma est constituée par une succession d’images qui défilent à une fréquence suffisamment élevée pour que nous la percevions comme une seule et même image animée. Ces limitations de la vision humaine permettent à la vidéo de tromper celle-ci, et d’imiter ainsi la nature.

Les différents systèmes vidéo couleurs : SECAM pour la France, PAL pour le reste de l’Europe, et NTSC pour le Japon et les USA, répondent à un cahier des charges très précis en ce qui concerne la fréquence de balayage, la résolution, le contraste à employer, la balance des trois couleurs primaires RVB, etc.

Une bonne image vidéo, c’est une image qui respecte les normes du système couleur utilisé qu’il soit PAL, SECAM,NTSC ou bien HDTV pour les cinéphiles américains et canadiens. Les paramètres communs accessibles à l’utilisateur que sont la "luminosité", le "contraste", la "couleur", la "netteté" (pour le NTSC vient s’ajouter la "teinte") sont supposés n’avoir qu’un seul réglage chacun auquel on ne touche plus ensuite: celui qui va permettre au diffuseur d’afficher la meilleure dynamique pour les contrastes et la colorimétrie, tout en restant dans les limites du système couleur. Faute de quoi, certaines nuances de l’image risquent d’être laissées au vestiaire…

Dites vous que le système couleur PAL (ou NTSC, le SECAM étant voué à disparaître) est la "palette" dont disposent le vidéaste et le cinéaste (lorsqu’il effectue le télécinéma, opération qui consiste à transférer son œuvre d’un support film à un support vidéo), et gardez en tête que le but du home theater n’est pas seulement de reproduire les conditions d’une salle de cinéma dans votre domicile, mais aussi et avant tout de faire parvenir "l’intention" du réalisateur jusqu’à vous.

"Oui, mais sur quoi se baser pour effectuer ces réglages ?" me direz vous.

C’est à cela que servent les mires de test dont les techniciens font usage pour mettre "à la torturee les équipements vidéo. Grâce à ces mires les limites du PAL et du NTSC sont mises en évidence, et par voie de conséquence, celles aussi de votre diffuseur d’image. En principe, celles-ci sont générées par un équipement professionnel, mais il est possible d’en faire usage sous forme de DVD destinés au calibrage vidéo. Il en existe actuellement deux sur le marché et concernent le système NTSC : AVIA et Video Essentials.
Toutefois, ce dernier n’est plus disponible pour l’instant car une version actualisée est prévue pour le début de l’année 2003. Cette sortie s’accompagnera d’une version pour la HD et surtout d’une version destinée au PAL sous le nom de Digital Video Essentials. La façon de procéder à ces réglages est très bien expliquée dans ces DVD et sera traitée ici en détail dans de prochains articles.

Deux constats ressortiront à la suite de ces réglages, d’abord que ceux-ci sont assez éloignés des réglages d’usine (surtout en se qui concerne les téléviseurs cathodiques), ensuite que l’image calibrée est beaucoup moins lumineuse que ce à quoi on était habitué et on serait même tenté de vouloir augmenter le contraste. Ce que l’image perd en luminosité, elle le gagne en détails et en justesse en rapport au système couleur, mais aussi en durée de vie (toujours pour le cathodique, téléviseurs et vidéo-projecteurs tri-tubes, mais aussi écrans plasma). Il faut reconnaître que les diffuseurs d’image ne peuvent donner le meilleur d’eux mêmes que dans un environnement non ou faiblement éclairé, mais cela ne devrait poser qu’un problème mineur pour les puristes qui savent mieux que quiconque qu’une séance de home cinéma se fait dans le noir complet.

L’environnement visuel, qui est un élément non négligeable dans la perception du contraste et des couleurs, mérite aussi que nous y revenions ultérieurement.

Après toutes ces manipulations, nous voilà enfin presque arrivés au but !

Presque ? En effet, il reste un ultime réglage à effectuer pour parfaire cette mise aux normes. L’étalonnage de la température de couleur ou "échelle des gris" à 6500° Kelvin. Celui-ci nécessite l’utilisation d’un colorimètre ou analyseur de couleurs destiné à la vidéo par un technicien qualifié et garantit la balance des niveaux RVB sur toute la dynamique de l’image: du "presque noir" au blanc maximum (le noir en vidéo étant précisément l’absence de lumière. Aux Etats Unis principalement, certains revendeurs-installateurs et professionnels de la vidéo proposent d’intervenir sur des systèmes haut de gamme ou le rapport coût/valeur ajoutée est vraiment intéressant si on considère le budget déjà investit. Un peu à la manière d’une égalisation audio qui apporterai la "touche finale" à une chaîne Hi-Fi ou un home cinéma. Ce type de service dédié devrait se développer en Europe dans les prochains mois.

De jour en jour, les sources s’améliorent, le Laserdisc, remplacé par le DVD en passant par la réception numérique par satellite, puis Haute Définition pour les USA, même les sources purement informatiques veulent s’afficher en grand.

Coté hardware, les technologies se multiplient, s’améliorent, les images augmentent en taille et en performances tandis que les prix vont à la baisse.

Les distributeurs se donnent un mal fou pour produire des éditions DVD plus belles les unes que les autres avec des restaurations et des transferts télécinéma de qualité, en présence dans le meilleur des cas du réalisateur parfois même accompagné de son directeur de la photo.

Il serait dommage de ne pas accorder notre attention à reproduire parfaitement l’information vidéo telle qu’elle nous est transmise. Et si la demande se fait suffisamment sentir par tous les acteurs présent dans ce marché, nous verrons de plus en plus de produits tournés vers la fidélité de l’image.


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